Gardiens de la langue

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Avec Marie-Claude Bibeau à la Francophonie du côté d'Ottawa et Luc Fortin à la Protection et à la Promotion de la langue française au Québec, l'Estrie se retrouve avec deux ministres incarnant le propre de l'identité québécoise.

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<p>Luc Larochelle</p>
Luc Larochelle
La Tribune

(SHERBROOKE) CHRONIQUE / Il y a six mois, l'Estrie était sans représentation ministérielle ni provinciale ni fédérale. Dans le temps de le dire, nous voilà rendus avec le protecteur du français au Québec ainsi qu'avec une ministre incarnant la Francophonie du côté d'Ottawa!

En plus de la Culture et des Communications, Luc Fortin s'est vu confier par le premier ministre Couillard la Protection et la Promotion de la langue française. Rappelons que Marie Malavoy a occupé ces mêmes fonctions à Québec, en 1994, du temps qu'elle était députée provinciale de Sherbrooke.

Au fédéral, les Langues officielles ne relèvent pas de la ministre Marie-Claude Bibeau, mais plutôt de sa collègue Mélanie Joly. La région se retrouve tout de même avec un tandem ministériel dont la mission est de faire rayonner le propre de l'identité québécoise.

Bien que le temps ne soit pas nécessairement à l'orage, les ministres Fortin et Bibeau se retrouveraient vraisemblablement tous deux sur la ligne de feu si de nouveaux conflits linguistiques éclataient.

C'est quand même inusité, comme députée fédérale de Compton-Stanstead, Mme Bibeau représente notamment les citoyens de Lennoxville, qui vivent dans l'arrondissement bilingue de Sherbrooke subissant l'érosion de sa population anglophone. La même situation prévaut dans les cas d'autres municipalités estriennes bénéficiant de la clause d'exception de l'Office québécois de la langue française et qui sont rattachées à la circonscription de Mme Bibeau.

À titre de porte-étendards d'une ville qui, hors de Montréal, se targue d'être la seule à offrir l'éducation en français autant qu'en anglais de la maternelle jusqu'à l'université, il est cependant évident que les ministres Fortin et Bibeau éviteront de se marcher sur les pieds sur les questions linguistiques.

Luc Fortin n'entend d'ailleurs pas remettre le bilinguisme municipal en question.

« Ce n'est pas à l'agenda. Je me concentrerai sur le projet de règlement qui portera sur l'affichage des marques de commerce. Ça viendra très rapidement. À titre d'adjoint parlementaire de la ministre Hélène David, à qui je viens de succéder, j'ai participé aux consultations. J'étais cependant loin de me douter que c'est moi qui aurais à piloter ce règlement.

« Les enjeux linguistiques sont délicats et peuvent devenir explosifs. J'en suis parfaitement conscient et je veux être bien préparé. La pile des dossiers que j'ai parcourus cette semaine était dix fois plus épaisse que celle que j'avais dans mon ancien ministère » commente le ministre.

Le député de Sherbrooke peut se compter chanceux d'arriver en poste à ce ministère au moment où Statistique Canada amorce son blitz quinquennal de recensement plutôt qu'à la veille de la publication des résultats. Les statistiques fraîches sur la langue soulèvent toujours des polémiques.

« Ces chiffres donneront nécessairement lieu à toutes sortes d'interprétations », convient-il.

Comme première mission ministérielle, Luc Fortin était tombé sur une bonne chaise à la fin du mois de janvier. Un ministre délégué au Sport et au Loisir a le beau rôle d'aller livrer des chèques et de participer à l'inauguration d'infrastructures attendues dans les communautés. Ce que M. Fortin a d'ailleurs fait en début de semaine à l'école secondaire du Triolet pour confirmer le financement de la nouvelle surface synthétique.

Cela se produit aussi pour la Culture, mais le cheminement des dossiers est habituellement plus long et plus compliqué. Au fait, il est assez particulier que tombe entre les mains du ministre Fortin la demande de financement de la nouvelle salle de 8,4 M$ devant servir à promouvoir la danse et le théâtre auprès des jeunes, un projet divisant le conseil municipal de Sherbrooke.

Outre le président du comité de la culture, Pierre Tardif, le beau-père du ministre Fortin, Jean-François Rouleau et deux autres élus municipaux ont également exprimé leur dissidence. Le conseiller Rouleau a notamment refusé de souscrire à la participation financière de la Ville

(40 pour cent), estimant que le plan d'affaires est déficient et que ces besoins peuvent être comblés autrement.

Sans évidemment être lié à cette position de Jean-François Rouleau, le ministre Fortin alimentera la suspicion s'il accueille la demande avec plus de réserves que d'enthousiasme, considérant qu'elle a déjà fait l'objet d'un accord de principe.

« Les promoteurs et la mairie connaissent les éléments manquants. Ces informations leur avaient été communiquées verbalement et par écrit avant que j'hérite de ce ministère », se limite-t-il à dire pour le moment.

Regardez bien les choses aller. Luc Fortin pourrait tout de même être le premier à devoir s'exécuter... comme jeune ministre-danseur!

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