Des extras pour la SPA

Bien que tous conviennent de la nécessité de... (Spectre, André Vuillemin)

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Bien que tous conviennent de la nécessité de moderniser et d'agrandir les locaux de la SPA de l'Estrie, le projet d'un nouveau refuge de 6 M $ annoncé pour 2016 n'est toujours pas attaché.

Spectre, André Vuillemin

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<p>Luc Larochelle</p>
Luc Larochelle
La Tribune

(SHERBROOKE) CHRONIQUE / Les chats ont beau être habiles à lire dans nos pensées, il leur arrive de se méprendre bêtement. C'est arrivé la semaine dernière à notre agile Cléo quand j'ai ouvert la lettre nous informant que c'était le moment de renouveler sa licence.

J'ai lancé banalement : le nouveau refuge de la Société protectrice des animaux (SPA) de l'Estrie, n'est-ce pas pour cette année?

Ma blonde n'a même pas porté attention à la question. Mais Cléo, elle, a sorti les griffes. Ses yeux verts sont devenus suspicieux. Son pelage noir de panthère s'est dressé. Elle a courbé le dos comme pour répondre à une agression.

C'est pas mêlant, j'aurais écouté en même temps la pièce Belzébuth des Colocs que ma chatte aurait imité le matou du regretté Dédé Fortin et foutu le camp en ignorant l'alerte de froid extrême d'Environnement Canada.

Voir si je songerais un instant à mettre Cléo à la porte!

C'est elle, la vraie maîtresse de la maison. Nous sommes dépendants affectifs, nous nous soumettons à tous ses caprices. S'il est une chose, ça nous sécurisera quand la fourrière de la SPA n'aura plus la superficie d'un vestiaire de gymnase. Des fois que notre féline adorée viendrait qu'à perdre la boule et ne retrouverait plus son chemin aux premières lueurs du matin...

J'avais l'impression que, à quelques semaines du Noël 2014, les élus sherbrookois avaient offert à nos petits animaux le cadeau qui pavait la voie au nouveau refuge de 6 M$ dont rêve depuis longtemps l'équipe de la SPA de l'Estrie.

Ce soir-là, le conseil municipal avait ouvert les goussets en cautionnant un prêt de 3,6 M$. La Ville s'était engagée à une participation directe de 600 000 $ (étalée sur 10 ans) pour financer le projet et avait annoncé une majoration substantielle de sa contribution de base.

Cette allocation annuelle a été haussée de 23 pour cent en 2015, elle grimpe d'un autre 19 pour cent cette année et bondira d'un autre 16 pour cent l'an prochain. Outre l'aide aux immobilisations, le soutien municipal aux opérations sera ainsi passé de 339 000 $ à 579 000 $ en quatre ans.

II appert que cet effort des Sherbrookois ne sera pas suffisant pour que le nouveau refuge voie le jour. La Ville devra, en plus, assumer les coûts de raccordement aux services municipaux.

« C'est ce qui se dessine. Ces coûts varient selon les sites à l'étude. Nous reviendrons devant le conseil pour soumettre la proposition finale une fois que les pourparlers seront terminés », confirme le président du comité exécutif, Serge Paquin, qui refuse de donner un ordre de grandeur de ce que pourrait être cet effort additionnel.

La direction de la SPA ne veut pas faire le point sur le dossier, estimant qu'il serait mal avisé d'exposer sur la place publique la teneur de négociations toujours actives.

La SPA a évalué son projet à 6 M$ dès 2010, la première fois qu'elle a interpellé les élus sherbrookois de qui elle n'attendait alors qu'une résolution d'appui dans l'espoir d'obtenir le gros de son financement de Québec, par le programme des infrastructures.

Ce scénario ayant dû être écarté, la Ville a ensuite été sollicitée pour 3,2 M$. Ces attentes ont vite été rejetées.

Les estimations de coûts ont été maintenues à 6 millions quatre ans plus tard avec un plan qui prévoyait notamment « une campagne majeure de financement dans le milieu en 2015 ». Celle-ci n'a pas encore eu lieu.

On peut décoder des propos du conseiller Paquin que l'acquisition du terrain n'est pas encore finalisée. Ai-je besoin, avec la tendance maintes fois décrite ces dernières semaines du nouveau rôle d'évaluation à Sherbrooke, d'élaborer longtemps sur l'inflation qu'a pu connaître depuis cinq ans un terrain accessible et stratégique comme celui que recherche la SPA afin de s'établir sur du long terme?

« Je ne connais pas le détail du plan de match des promoteurs. Toutefois, il n'est pas irréaliste de tout de même penser à une mise en chantier cette année en vue d'un déménagement l'an prochain. Il faut trouver une solution sans quoi c'est la Ville qui prendra charge du service et ce n'est pas vraiment pas ce que nous souhaitons », rappelle le conseiller Paquin.

Ma belle Cléo, si j'étais toi, je ne tiendrais vraiment rien pour acquis. J'y penserais à deux fois avant de fuguer.

Tu verrais qu'on dort à l'étroit en sapristi dans les locaux du boulevard Queen-Victoria. T'es pas mal plus confortable allongée devant le poêle à bois ou sur mon ventre dodu.

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