La question à quatre millions

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Les syndicats et la Ville de Sherbrooke manifestent le même désir de se retrouver devant un arbitre le plus tôt possible pour régler leurs différends sur les caisses de retraite.

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<p>Luc Larochelle</p>
Luc Larochelle
La Tribune

(SHERBROOKE) CHRONIQUE / On est encore loin d'une entente, à des kilomètres d'une poignée de main, mais au moins la Ville de Sherbrooke et les syndicats des employés municipaux manifestent le désir de se retrouver devant un arbitre le plus rapidement possible pour régler leurs différends sur les caisses de retraite.

« Nous avons contacté le ministère du Travail et nous avons échangé avec les représentants syndicaux. La volonté commune est de s'entendre sur la désignation d'un arbitre, préférablement avant la fin du mois de février. Il faut se trouver un corridor de négociation », rapporte le directeur des ressources humaines de la Ville, Alain Duval.

Le permanent syndical des cols bleus, Michel Murray, sursaute :

« Un corridor de négociation? Ça fait trois ans qu'on ouvre la porte à l'employeur. On obtient pour seule réponse que le déficit n'est pas négociable. Qu'on nous propose un arbitre expérimenté et nous irons débattre », rétorque M. Murray.

Si l'étude actuarielle du 31 décembre 2013 devient le point de référence, tel que le souhaite l'administration municipale, le déficit à partager sera de 37 M$. La Ville devra alors assumer la totalité du déficit de 18 M$ imputable aux anciens salariés alors que l'employeur et les cotisants actuels deviendront répondants à 50 pour cent de l'autre tranche de 19 M$.

Ce scénario fixerait donc la part des syndiqués à 9,5 M$, une somme que la Ville ne récupérerait pas en argent mais par des concessions dans la couverture du régime.

La prétention syndicale est toutefois que la participation des pompiers à la caisse commune rend tout le groupe de cotisants admissible à une négociation basée sur le déficit estimé au 31 décembre 2014, qui se chiffrerait à 20,6 M$, ce qui ramènerait la part des syndiqués à 5 150 000 $.

La désignation d'un arbitre ayant des disponibilités à court terme permettrait de trancher assez rapidement la question à quatre millions.

« Dans un cas comme dans l'autre, il faudra échafauder des solutions et celles-ci seront possibles sans charcuter les droits de nos employés », croit M. Duval à titre de négociateur patronal.

Les syndicats piaffent de leur côté d'impatience d'exposer à un arbitre la valeur des concessions négociées dans le passé qui seraient chiffrables et sans lesquelles le déficit des caisses de retraite aurait été encore plus élevé. Même si la Ville a réussi à faire reconnaître auprès du législateur provincial les cotisations de 46 M$ qu'elle a versées de manière anticipée, le syndicaliste Murray prétend qu'un arbitre en arrivera à la conclusion que « c'est la Ville qui doit rembourser ses salariés ».

Ce serait bien le restant!

*****

On a beau avoir dirigé sa ville durant 30 ans, il y a quelque chose d'assez grotesque à prendre ses jambes à son cou avec des indemnités s'élevant à 146 000 $ alors qu'on vient de se voir signifier des accusations criminelles pour des attouchements sur un mineur.

C'est le boni de départ qu'a pourtant réclamé le maire démissionnaire de Montréal-Nord, Gilles Deguire, qui avait droit à une allocation de transition établie à 118 000 $ alors que son allocation de départ atteignait près de 28 000 $.

Selon le maire de Sherbrooke, Bernard Sévigny, le plus gros des deux montants devrait être conditionnel à un acquittement de M. Deguire.

« Dans la réforme salariale que nous proposons au gouvernement provincial, seuls des motifs de santé permettraient de toucher d'office une allocation de transition pour une démission en cours de mandat. La présomption d'innocence existerait lors d'un départ prématuré lié à une cause criminelle, mais le versement de la prime serait lié à la décision du tribunal. Un verdict de culpabilité la ferait disparaître. Par contre, l'allocation de départ, elle, demeurerait », précise le maire Sévigny, qui a présidé un comité sur la rémunération des élus à titre de vice-président de l'Union des municipalités du Québec.

Ça presse de passer un p'tit coup de balai dans ces incongruités municipales comme cela a été fait à Ottawa ainsi qu'à Québec.

M. Sévigny ne se compromet par ailleurs pas en ce qui a trait à la disparition des allocations non imposables représentant le tiers du salaire des élus municipaux.

« Il y a très peu de variantes dans la rémunération des parlementaires fédéraux et provinciaux. Les disparités sont beaucoup plus grandes entre les villes, d'où la difficulté d'établir un salaire brut équitable pour tous les élus », nuance-t-il.

Un tableau publié en fin de semaine par La Tribune faisait ressortir des écarts entre les salaires des maires de l'Estrie.

De l'avis de l'ex-maire d'Asbestos, André Bachand, la totalité de la rémunération des élus municipaux devrait néanmoins être ajustée en conséquence de revenus entièrement imposables, par souci d'équité et de transparence.

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