L'anniversaire sans chandelles

Les élus sherbrookois approuvent mécaniquement les règlements d'emprunt... (Archives, La Tribune)

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Les élus sherbrookois approuvent mécaniquement les règlements d'emprunt sur les caisses de retraite sans exprimer la moindre impatience face à la lenteur du processus devant permettre de régler les déficits passés.

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<p>Luc Larochelle</p>
Luc Larochelle
La Tribune

(SHERBROOKE) CHRONIQUE / Le conseil municipal de Sherbrooke a engagé lundi soir en cinq petites minutes pratiquement le quart des 10 millions de dollars que la Ville percevra en taxes supplémentaires cette année.

Les élus ont entériné mécaniquement un règlement d'emprunt de 2 405 640 $ pour financer la somme que la Ville doit verser cette année pour payer les cotisations d'équilibre minimales du régime de retraite de ses employés, versées en sus des contributions régulières.

Une formalité.

Un autre exemple par contre de la superposition des couches de dettes contractées depuis une dizaine d'années pour renflouer les caisses déficitaires. Cette somme représente la tranche annuelle devant être payée pour effacer le manque à gagner de 22 M$ mesuré à la fin de 2006. Date du dernier paiement pour cet emprunt : le 30 novembre 2021.

En additionnant les montants payables en cours d'année pour rembourser le capital et les intérêts sur les emprunts empilés les uns sur les autres, vous arrivez aux déboursés de 11,5 M$ inscrits au budget d'opération de la Ville 2016 pour remettre les caisses à flots.

Rien que ça.

Encore l'an prochain et pour au moins les cinq prochaines années, entente ou pas avec les syndicats, les déboursés annuels des Sherbrookois se maintiendront autour de 10 M $.

Aussi pire que ça.

Comme moi, vous auriez tapé du pied, lundi, dans la salle d'audience du palais de justice où la Ville et les syndicats ont débattu la journée durant devant le juge Thomas Tôth de la Cour supérieure du Québec sur les caisses de retraite... juste pour déterminer s'ils sont dans le bon forum pour débattre!

Aussi désolant que ça.

Le juge Tôth a pris la cause en délibéré. Le jour où il communiquera sa décision, celle-ci n'établira qu'une chose : si le différend entre les parties est une cause civile (position de la Ville) ou s'il relève plutôt d'un arbitre en relations de travail (prétention du syndicat).

On n'aura pas avancé plus que ça.

En vertu de la loi provinciale votée à l'Assemblée nationale en décembre 2014, les négociations entre la Ville et les syndicats pour se partager les déficits passés devraient pourtant être engagées depuis belle lurette. En principe, le délai d'un an pour parvenir à une entente de gré à gré expirait lundi de cette semaine.

La date anniversaire est passée sous le radar sans que le maire Bernard Sévigny ou le président du comité exécutif, Serge Paquin, en souffle un mot devant la salle qui était remplie de contribuables, lundi soir. Sans qu'un seul conseiller municipal ne soulève la question, ne serait-ce qu'avec la curiosité d'être informé sur ce qui s'était passé durant la journée au tribunal.

Y' avait rien à fêter. Y' a pas eu de gâteau d'anniversaire et on s'éclaire encore à la chandelle sur l'enjeu budgétaire majeur que sont les caisses de retraite.

Qu'ils appartiennent ou pas à l'équipe politique du maire, les élus sherbrookois voient les millions passer sans questionner, sans manifester la moindre impatience face à la lenteur du processus, du moins publiquement. Ils semblent conditionnés à attendre.

Ça prendra le temps que ça prendra.

Quatre conseillers municipaux, dont le président du comité de la culture, Pierre Tardif, se sont opposés en début de semaine à ce que la Ville renouvelle sa garantie de financement estimée à 3,4 M$ pour la construction d'une salle de diffusion pour le théâtre et la danse. Financée sur 20 ans, cette contribution municipale représenterait autour de 350 000 $ par année.

J'ai demandé au conseiller Tardif quel serait selon lui le premier choix des Sherbrookois : verser 2,4 M$ pendant 15 ans pour regarnir les caisses de retraite ou injecter 350 000 $ pendant 20 ans pour se doter d'une nouvelle vitrine culturelle.

« Les fonds de pension, on n'a pas le choix, c'est une obligation légale tandis que l'autre dossier, on peut envisager d'autres options », m'a-t-il répondu.

Combien alors a pu nous coûter la culture de l'inertie dans le dossier des caisses de retraite ?

« Honnêtement, je n'en ai aucune idée. J'admets cependant que nous aurions eu avantage à négocier avec les syndicats avant aujourd'hui ».

La question était franchement embêtante. Honnêtement, je n'aurais pas su quoi répondre moi non plus.

Le parallèle visait seulement à vous rappeler que le conseiller Tardif présidait le comité de retraite à la Ville avant d'atterrir à la culture.

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