L'effet de masse

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Malgré la grogne, le chef du service de l'évaluation, Richard Gagné, ainsi que le directeur du services des finances, François Poulette, restent d'avis que le nouveau rôle de la Ville de Sherbrooke est un juste reflet du marché et qu'il assure une répartition équitable de la taxation municipale.

Spectre, Marie-Lou Béland

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<p>Luc Larochelle</p>
Luc Larochelle
La Tribune

(SHERBROOKE) CHRONIQUE / L'onde de choc provoquée par l'envoi des comptes de taxes s'est propagée jusqu'à l'hôtel de ville de Sherbrooke avec des représentations de citoyens. Plusieurs conseillers municipaux ont également rapporté l'incompréhension et le mécontentement de propriétaires de leur district.

CHRONIQUE / L'onde de choc provoquée par l'envoi... (Infographie La Tribune, Marie-Ève Girard) - image 1.0

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Infographie La Tribune, Marie-Ève Girard

Le directeur du service des finances, François Poulette, ainsi que le chef de la division de l'évaluation, Richard Gagné, ont réexpliqué l'ensemble du processus de révision du rôle d'évaluation utilisé pour calculer les taxes municipales de cette année et qui s'appliquera également en 2017 et 2018.

Malgré la grogne, MM. Poulette et Gagné restent d'avis que ce rôle reflète avec justesse l'évolution sur trois ans du marché immobilier et qu'il est une référence fiable pour répartir équitablement le fardeau fiscal entre les 50 692 propriétaires d'immeubles de toutes catégories sur le territoire de Sherbrooke.

Que ce soit ici ou ailleurs, l'ajustement des valeurs foncières provoque toujours des déplacements fiscaux entre les citoyens d'une même ville et les voisins d'un même quartier. Cette année, les effets de ce nouveau rôle sont amplifiés par une hausse de taxes substantielle décrétée par l'administration Sévigny.

Dans la médiane, 49 pour cent des propriétaires subissant une augmentation de leur compte de taxes se situant entre 0 et 10 pour cent verseront 4 767 000 $ de plus dans les coffres de la Ville. Leur effort est proportionnel à leur nombre puisqu'ils généreront 53 pour cent des nouveaux revenus de taxation.

Quand on se réfère au tableau produit à partir des projections financières de la Ville, on comprend vite ce qui est source de colère : le quart des contribuables doit payer 76 pour cent des nouveaux revenus.

De ces 12 132 contribuables plus durement frappés, 9840 sont propriétaires de résidences unifamiliales. De plus, 94 pour cent des 1950 propriétaires de terrains vagues desservis écopent aussi. Ensemble, ces deux groupes héritent d'une facture supplémentaire avoisinant les 7 M$.

La Ville n'encaissera pas la totalité de cet argent puisque 13 912 propriétaires (27 pour cent) se partageront cette année des crédits de taxes s'élevant à 2 630 000 $.

« Ce ne sont pas nos règles à nous, ce sont celles qui s'appliquent dans toutes les villes du Québec. Elles mesurent l'effet de masse selon les fluctuations du marché », a répété le chef de la division de l'évaluation.

Les conseillères Nicole Bergeron et Hélène Dauphinais ont soulevé les interrogations de citoyens surpris de voir la Ville réduire à la baisse la valeur de leur propriété.

« Du temps que j'étais analyste à la Société d'hypothèques et de logement, je n'ai pas le souvenir d'avoir vu cela dans le marché de Sherbrooke », a soulevé avec étonnement Mme Dauphinais.

Les précédents rôles reflétaient des marchés en surchauffe. En 2009, par exemple, la valeur moyenne des maisons avait bondi de 17 pour cent à Sherbrooke. Trois ans plus tôt, la hausse avait été de 33 pour cent.

« Avec des courbes aussi élevées, rares étaient effectivement les cas de décroissance des valeurs. L'effet global d'un nouveau rôle était cependant le même sur la répartition des charges : les propriétaires qui se retrouvaient au-dessus des moyennes subissaient des hausses de taxes tandis que d'autres voyaient leur facture baisser », répond à ce sujet Richard Gagné.

Rappelons que cette année, la hausse moyenne des valeurs des propriétés unifamiliales se situe à 6 pour cent à Sherbrooke. Il ne faut donc pas se surprendre qu'il y ait des reculs à certains endroits.

L'effet de masse de l'évaluation municipale va tantôt se mouler aux traits de notre société vieillissante, à l'effet de masse de la démographie. Les signes en sont de plus en plus perceptibles sur le marché de l'emploi et il en sera de même sur le marché immobilier.

Comparez les habitations qui se libèrent à Sherbrooke à celles qui sont en construction. Les vendeurs ne sont plus acheteurs des mêmes produits.

Ce n'est pas seulement cette année qu'on verra la valeur des résidences pour personnes âgées progresser plus vite que la moyenne des propriétés sherbrookoises...

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