Mamie retrouve sa dignité

Françoise Colombani a reçu l'appel qu'elle n'espérait plus... (Spectre Média, René Marquis)

Agrandir

Françoise Colombani a reçu l'appel qu'elle n'espérait plus d'un agent de l'immigration, qui l'a informée qu'un Certificat de sélection du Québec lui serait délivré. Les autorités provinciales n'ont pas justifié cette révision soudaine et tardive du statut de Mme Colombani qui s'apprêtait à quitter définitivement Sherbrooke après y avoir passé 16 ans.

Spectre Média, René Marquis

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
<p>Luc Larochelle</p>
Luc Larochelle
La Tribune

(SHERBROOKE) CHRONIQUE / C'est un mystère de la vie. Un rebondissement ne s'expliquant que par le mutisme des autorités qui viennent de corriger un affront.

Le gouvernement provincial a fini par trouver une petite place à Françoise Colombani. Le Québec ne la considère plus comme une candidate à l'immigration ayant un « plan d'intégration superficiel ».

Mme Colombani a eu la surprise de recevoir un appel d'un agent du ministère de l'Immigration, de la Diversité et de l'Inclusion au cours de la matinée de mercredi.

« Il m'a dit qu'un Certificat de sélection du Québec me serait émis au cours de la journée. Je suis restée bouche bée. J'ai cru pendant un moment qu'il s'agissait d'une blague. Je ne prends rien pour acquis, il me faut maintenant obtenir l'assentiment du gouvernement fédéral, mais tout redevient soudainement possible pour moi au Québec », jubile-t-elle.

La Tribune a raconté plus tôt cette semaine le parcours de cette Française de 58  ans, établie à Sherbrooke depuis 16 ans, qui avait essuyé un refus, en 2014, à sa demande pour s'établir en permanence au Québec du fait qu'elle avait été très peu active sur le marché du travail durant toutes ces années.

L'agent chargé du dossier avait notamment relevé dans son analyse « que c'était son époux vivant à l'étranger qui subvient toujours à ses besoins ». Une évaluation que Mme Colombani avait jugée dévalorisante et vexante.

« J'avais contesté cette évaluation et, après audition, j'avais été informée que la décision était définitive. Qu'elle ne serait pas révisée. L'ironie, c'est que cette certification provinciale me reconnaîtra maintenant à titre de travailleuse qualifiée », glisse au passage la détentrice de diplômes d'études supérieures.

Sans nouvelles des autorités provinciales depuis 18 mois, Mme Colombani avait décidé de ne plus solliciter de renouvellement de permis de séjour comme touriste ou comme étudiante. Elle s'était résignée à rentrer en France pour essayer de s'y refaire une vie après presque 30 ans d'exil.

« Mes billets d'avion étant achetés, je partirai en fin de semaine comme prévu. Je ne partirai toutefois pas dans le même esprit. Je rendrai visite aux membres de ma famille, en France, avant de revenir parmi les miens, ici. Je suis libérée d'un poids énorme. Je vis une forme de résurrection intérieure. J'ai déjà hâte de revenir », confie-t-elle.

« Ma mère a lancé notre conversation téléphonique en me demandant si je croyais au miracle. Je n'ai pas pensé un instant qu'elle faisait référence à ça, qu'elle venait d'avoir cette heureuse nouvelle. Nous ne vivrons pas l'éclatement familial que nous redoutions tous », se réjouit sa fille Audrey Vasseur, citoyenne reçue au Québec et dont les deux jeunes enfants sont les trésors de « Mamie Franssou ».

Le ministère de l'Immigration, de la Diversité et de l'Inclusion refuse de dévoiler les facteurs l'ayant amené à reconsidérer la demande de Mme Colombani.

« C'est la responsabilité de tous les candidats à l'immigration d'informer le ministère des particularités de leur dossier. Le ministère peut, exceptionnellement, réviser un dossier pour le regarder en tenant compte d'autres facteurs qui permettent des exceptions à la grille de sélection des travailleurs qualifiés », se limite à dire sa porte-parole, Karine Baribeau.

Mme Colombani ne s'arrête plus à la justification des décisions du passé, elle a le regard tourné vers l'avenir.

« Comme le dossier de ma fille Camille était tributaire du mien, je m'attends à ce qu'elle reçoive elle aussi une réponse positive. Nous l'espérons, du moins ».

Deux miracles la même semaine, les joueurs du Canadien de Montréal prient tous les soirs pour que cela leur arrive...

Partager

À lire aussi

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer