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Le maire Robert Roy convient qu'en refusant, il y a cinq ans, de se joindre au GMF du Haut-Saint-François, le quatuor de médecins de la Clinique d'East Angus s'est placé en situation de vulnérabilité quant au recrutement d'effectifs.

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<p>Luc Larochelle</p>
Luc Larochelle
La Tribune

CHRONIQUE / Le maire d'East Angus, Robert Roy, se débat comme un diable dans l'eau bénite pour empêcher la fermeture, en juin, de la clinique médicale desservant sa population. Pour cela, il doit attirer chez lui de nouveaux médecins de famille.

e ne veux pas péter sa balloune, mais les probabilités ne sont nécessairement pas de son bord.

Selon les statistiques que vient de dévoiler le Collège des médecins du Québec, la province compte 125 médecins de famille de plus qu'il y a un an. Le gain pour l'ensemble de l'Estrie est de seulement quatre personnes.

« Ouais, disons que ça assomme un peu », a spontanément réagi M. Roy quand je lui ai communiqué ces chiffres.

C'est effectivement bien peu de ressources supplémentaires pour donner satisfaction aux 33 000 Estriens qui attendent d'être pris en charge par un omnipraticien. La pénurie est-elle pire à East Angus qu'ailleurs?

Le maire Roy n'est pas dépourvu d'arguments pour plaider sa cause puisque le territoire du Haut-Saint-François est celui où l'on comptait la plus faible proportion de citoyens (68 pour cent) ayant un médecin de famille. C'est sept points sous la moyenne régionale.

Sauf qu'en même temps, avec ses 20 médecins répartis sur quatre sites, le GMF du Haut-Saint-François est relativement bien pourvu en effectifs. Deux de ces sites sont situés dans la ville voisine de Cookshire-Eaton, qui se trouve à une distance de 8,7 km (ou 8 minutes) de l'hôtel de ville d'East-Angus.

Objectivement parlant, quand on fait le tour des autres MRC périphériques, et même à Sherbrooke, on se rend compte que de nombreux Estriens sont contraints à de plus longs déplacements pour une consultation avec leur médecin répondant.

Sans que ce soit une condamnation du maire Roy à jouer les seconds violons, les fusions municipales ont fait de Cookshire-Eaton (5171 habitants) une ville plus populeuse qu'East-Angus (3741).

« C'est vrai, mais notre territoire est plus dense. De toute façon, je ne veux surtout pas en faire une guerre de clocher. Je demande seulement à ce que le souci du passé pèse à nouveau dans la balance », fait valoir le maire d'East Angus.

Ce dernier rappelle que le CLSC du Haut-Saint-François a été implanté à Cookshire afin d'assurer une répartition plus équitable des médecins, tenant compte du fait qu'une clinique existait déjà à East-Angus.

Le maire Roy est par ailleurs forcé d'admettre qu'en refusant, il y a cinq ans, de se joindre au GMF du Haut-Saint-François, le quatuor de médecins de la Clinique d'East-Angus s'est placé en situation de vulnérabilité quant au recrutement d'effectifs.

« Je suis trop vieux pour mentir, je n'essaierai pas de nier cela. Ce n'est cependant pas une raison pour nous laisser sur la touche. Si le maintien d'effectifs médicaux dans notre ville doit passer par une adhésion au GMF qu'on nous le dise. Actuellement, on ne me fournit même pas d'explications », déplore-t-il.

Chose certaine, le maire Roy devra nager à contrecourant puisque la tendance est au regroupement plus qu'à l'éparpillement. Les GMF ont été créés pour réunir une masse critique de médecins et de professionnels afin d'assurer une rotation des effectifs sur des heures d'ouverture prolongées.

Rappelons que les priorités de recrutement du Plan régional des effectifs médicaux (PREM) chiffrent les attentes pour toute l'Estrie à 17 nouveaux omnipraticiens au cours de l'année 2016.

Est-ce vraiment réaliste d'en espérer deux à East Angus?

« Si l'on n'essaie pas, on ne le saura pas. Il y a toutes sortes d'aménagements possibles pour faciliter le travail de celles et ceux qui voudront venir », maintient Robert Roy.

M. Roy a le mérite d'essayer. C'est toutefois loin d'être certain qu'il va réussir.

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