Une carte d'affaires dans « l'industrie » de la santé

La valeur taxable de la propriété détenue par... (Spectre Média, Jessica Garneau)

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La valeur taxable de la propriété détenue par Immex a augmenté de 30 pour cent  (de 6,6 à 8,6 M $), une majoration reflétant la transaction conclue avec BRP. Les rentrées fiscales de la Ville (142 347 $ en 2015) pourraient facilement être décuplées en changeant les usages permis, tant pour l'occupation de l'usine désaffectée que pour la construction de nouveaux bâtiments.

Spectre Média, Jessica Garneau

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<p>Luc Larochelle</p>
Luc Larochelle
La Tribune

(SHERBROOKE) Chronique / Ça fait plus de dix ans que les Québécois entendent parler des supercliniques. Voilà qu'un projet concret est sur les rails à Sherbrooke.

La Tribune a révélé samedi la démarche conjointe impliquant différents groupes de professionnels de la santé sous la coordination de la société Immex qui, après avoir orchestré la transformation de l'ancien hôtel Le Baron, nourrit de grandes ambitions pour la vaste propriété de la rue King Ouest qu'elle a acquise l'an dernier de la compagnie BRP.

Des investissements essentiellement privés qui pourraient totaliser une centaine de millions de dollars sont à l'étude sur ce site ayant longtemps été une carte d'affaires à l'entrée ouest de Sherbrooke, à l'époque où Lowney's y fabriquait ses populaires tablettes de chocolat.

Cette fois, une superclinique deviendrait le point d'ancrage d'un complexe d'envergure. La démarche concertée traduit une fois de plus l'esprit de collégialité au sein des acteurs du réseau estrien de la santé.

Le mode de rémunération partagée des médecins pratiquant dans nos hôpitaux universitaires et qui sont associés à la faculté de médecine est particulier. L'Institut de pharmacologie et le Centre de recherche clinique Étienne-Lebel ont vu le jour avec une approche intégrée et en misant sur la complémentarité des compétences. Voilà pourquoi d'ailleurs Sherbrooke a été identifiée dès le départ par les autorités provinciales comme lieu d'implantation d'au moins une superclinique, un modèle d'organisation visant à accroître les services sans nécessairement faire exploser les coûts défrayés par le régime public.

Sans prétendre que l'approbation du gouvernement Couillard est déjà acquise en vue de l'ouverture d'une superclinique à Sherbrooke, les pourparlers engagés à ce jour sont prometteurs, comprend-on à la lumière des propos tenus par le député provincial Luc Fortin.

Ce sont plutôt les élus municipaux de Sherbrooke qui détiendraient la clé de voûte. Ces derniers auront à déterminer si c'est la meilleure façon d'exploiter dans le futur ces terrains ayant toujours eu une vocation industrielle. Rappelons que la Ville s'était empressée d'acquérir la Lowney's lorsque la production de chocolat a cessé, en 1991, ce qui lui avait permis d'accueillir quelques mois plus tard à Sherbrooke une centaine d'employés de l'une des divisions de BRP.

On croyait l'affaire classée après l'annonce du départ de BRP quand le manufacturier Dettson a voulu y déménager son usine de fabrication d'appareils de chauffage. Ce projet a avorté.

Se pointerait demain matin une autre entreprise de transformation à la recherche d'un site de prestige que ce serait sans doute le premier choix des dirigeants municipaux. Mais laisse-t-on passer une semblable opportunité pour attendre, sachant que le  prolongement du boulevard de Portland vient d'ouvrir l'accès à d'autres terrains du parc industriel régional ?

Dans le nouveau rôle de la Ville, la valeur taxable de la propriété détenue par Immex a augmenté de 30 pour cent  (de 6,6 à 8,6 M $), une majoration reflétant la transaction conclue avec BRP. Les rentrées fiscales de la Ville (142 347 $ en 2015) pourraient facilement être décuplées en changeant les usages permis, tant pour l'occupation de l'usine désaffectée que pour la construction de nouveaux bâtiments.

Une superclinique pour une superclinique, il n'y aura rien de spécifique là-dedans puisque le gouvernement Couillard en prévoit une cinquantaine à travers la province. En poussant cependant l'innovation plus loin dans la conception, en plus d'être générateur de développement urbain, un plan d'ensemble pourrait renforcer le positionnement économique de Sherbrooke dans l'industrie de la santé, en complément du parc scientifique voisin du CHUS de Fleurimont davantage orienté vers la recherche.

L'économie est en mutation profonde et sans accepter toutes les demandes les yeux fermés, les élus municipaux se doivent d'avoir un regard élargi sur ce qu'est devenue « l'industrie».

Dès qu'on leur soumettra les détails de ce projet, une fois que Costco aura précisé ses attentes en vue d'une relocalisation sur le plateau Saint-Joseph (qui pourrait représenter un investissement d'une soixantaine de millions), les membres du conseil municipal de Sherbrooke plancheront sur d'importants dossiers à caractère économique pour 2016.

En passant, dans les deux cas, c'est le même promoteur qui est en lien avec les requérants. Avez-vous idée qui cherchera à mettre la main sur l'actuel magasin Costco si cette chaîne monte sur le plateau ?  

Ça semble effectivement écrit dans le ciel...

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