Les culottes et les bretelles

Enclavé par les terres agricoles, l'arrondissement de Brompton... (Archives, La Tribune)

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Enclavé par les terres agricoles, l'arrondissement de Brompton n'a pratiquement plus d'autre choix que d'avancer vers l'autoroute 55 pour accroître sa population, en veillant toutefois à ce que cette marche vers le futur ne soit pas en rupture avec le passé.

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<p>Luc Larochelle</p>
Luc Larochelle
La Tribune

(SHERBROOKE) CHRONIQUE / De prime abord, c'est un simple projet de quartier. Semblable à ceux que les élus et les fonctionnaires municipaux traitent à longueur d'année un peu partout à Sherbrooke.

Celui-là a toutefois des ressemblances avec le plateau Saint-Joseph, en miniature bien sûr, à l'échelle du microcosme qu'est l'arrondissement de Brompton, la plus petite composante de la ville unifiée.

Certaines réticences municipales ont été exprimées à l'automne 2014 face à l'arrivée d'un comptoir Tim Hortons pour remplacer une ancienne station-service de la rue Laval, de crainte que celui-ci devienne facteur d'effritement du noyau urbain de l'ancienne ville de Bromptonville. Les élus ont finalement convenu d'un développement à petite dose.

Quinze mois plus tard, le comptoir à café se fait toujours attendre et la gorgée est un peu plus corsée. Le groupe Laroche propose un projet d'ensemble qui, en plus d'espaces commerciaux, prévoit 180 unités d'habitation.

Quasiment la naissance d'une paroisse, dont une partie empiéterait sur la forêt des Frères du Sacré-Coeur et qui sortirait du périmètre d'urbanisation. Dans une seconde phase de développement, convenons-en, mais en s'éloignant du « village » et en se rapprochant toujours un peu plus de l'autoroute 55. Le même facteur de polarisation que le plateau Saint-Joseph.

Il n'est évidemment pas question d'accueillir de grandes surfaces à côté d'un comptoir à café. Les commerces seraient à la dimension de la communauté. Se pose toutefois le risque que cette marche vers le futur vienne en rupture avec le passé avec une offre supérieure aux besoins, qui risquerait d'étouffer les petits commerces déjà malmenés par la concurrence des géants. La Ville doit veiller à ne pas compromettre l'investissement de 50 000 $ inscrit au budget des immobilisations de 2016, devant servir à renforcer le noyau urbain.

Les élus doivent porter culottes et bretelles, car l'arrondissement de Brompton a de moins en moins d'options pour assurer la croissance de sa population. La Ville a échoué, il y a cinq ans, devant la Commission de protection du territoire agricole du Québec, à qui elle a demandé d'exclure 22 hectares de la zone agricole permanente.

Une réponse positive aurait permis l'aménagement d'un bassin de rétention afin de prévenir de nouvelles inondations dans la cellule résidentielle bordant le parc industriel Gene-H.-Kruger, puis d'ajouter quelques rues à ce quartier. Niet, a répondu la CPTAQ.

Les intentions formulées par le Groupe Laroche couvriraient une superficie de 24 hectares du côté nord de la rue Laval, jusqu'aux limites de l'École secondaire de Bromptonville (ESB). La communauté religieuse a cédé ses installations scolaires à une corporation autonome, mais a conservé la partie arrière de ses bâtiments ainsi que les terrains adjacents. Rappelons d'autre part que la direction de l'ESB et la Ville de Sherbrooke ont convenu d'une entente pour convertir en cours d'année une partie du complexe en centre communautaire.

Les promoteurs souhaitant mener leur projet à terme ne manqueront sûrement de soulever que ce mariage d'intérêt est une excellente raison d'accepter la conversion d'un terrain institutionnel en zone résidentielle pour amener de nouvelles familles aux portes de ce futur pavillon municipal. En cela, ils n'auraient pas tort.

Une pareille densification du territoire ne se ferait pas non plus dans un secteur éloigné des écoles. Deux institutions primaires se trouvent à proximité et les enfants grandiraient pratiquement dans la cour de l'école secondaire. La clientèle de cette dernière risquerait cependant de perdre l'accès pour certaines activités pédagogiques à un milieu naturel rare et envié.

Comme pour Costco, qui reluque des terrains du plateau Saint-Joseph ne se trouvant pas en totalité à l'intérieur du périmètre d'urbanisation, il pourrait y avoir là aussi accroc au schéma d'aménagement. Dans un cas comme dans l'autre, l'obstacle n'est pas incontournable, mais la récurrence peut toutefois venir qu'à chatouiller d'autres promoteurs qui s'estimeront brimés.

Les propriétaires de terrains inexploités risquent d'avoir la mèche plus courte avec les hausses de taxes substantielles qui les frapperont sous peu puisque la valeur moyenne des lots vacants a bondi de 47 pour cent dans le nouveau rôle qui servira de base fiscale au cours des trois prochaines années à Sherbrooke.

À côté de ça, l'augmentation générale de taxes de 4,77 pour cent aura quasiment l'air d'une grâce des élus...

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