Mythes et réalités

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Bien que plusieurs conventions collectives soient à négocier, dont celle des cols bleus, les prévisions budgétaires de la Ville pour l'an prochain annoncent un ralentissement de la croissance de la masse salariale.

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<p>Luc Larochelle</p>
Luc Larochelle
La Tribune

(SHERBROOKE) CHRONIQUE / Devant la hausse de taxes de 4,77 pour cent décrétée lundi soir, plusieurs Sherbrookois craignent que le conseil municipal ait perdu les pédales. Cette perception est exagérée. Les résultats de certains efforts de rationalisation à la Ville sont réels, à commencer par le ralentissement de la croissance des salaires attribuable à la réduction du nombre d'employés.

Bien que les conventions collectives restent à négocier, la Ville provisionnera les sommes nécessaires pour verser en 2016 aux policiers, pompiers, cols bleus, cols blancs et membres de son personnel-cadre une augmentation salariale de 2 pour cent identique à celle consentie l'été dernier aux travailleurs d'Hydro-Sherbrooke. L'ajout d'un point de pourcentage pour la progression dans les échelles salariales devrait théoriquement nous donner dans le budget une croissance de 3,0 pour cent de la rémunération, principal poste des dépenses municipales.

Selon les prévisions budgétaires, la rémunération et les charges sociales coûteront 122 M$ l'an prochain à Sherbrooke, une hausse de 2 millions et demi par rapport aux déboursés de 120 M$ projetés pour l'année qui s'achève. La progression réelle ne sera donc que de 2,1 pour cent du fait qu'il y a eu réduction d'effectifs.

L'administration Sévigny associe l'abolition de 42 postes au plan d'optimisation lancé en début d'année. Considérant les embauches effectuées pour combler d'autres besoins, le gain net est plutôt de 25 postes. On comptait 1300 employés permanents à la Ville à la fin de 2014. Leur nombre est passé à 1275 en cours d'année.

Évaluer la santé d'une ville sur une seule année peut livrer un portrait erroné et l'exercice financier 2013 est une bonne façon de l'illustrer. Alors que la hausse de taxes avait été limitée cette année-là à 1,93 pour cent, la rémunération avait bondi de 5 pour cent.

La réalité financière masquée par une année électorale finit toujours par nous rattraper!

Il y a donc quelque chose de rassurant à voir que les hausses de taxes de cette année sont deux fois supérieures à la croissance de la rémunération. Pas besoin d'aller lire votre horoscope, ça annonce un répit pour 2017 qui, comme par hasard, sera une autre année électorale...

***

« Si nous voulons que nos citoyens, particulièrement nos jeunes, puissent travailler à Sherbrooke, gagner leur vie ici, avoir un environnement stimulant leur offrant un potentiel d'avancement, nous devons jouer notre rôle d'acteur-clé dans le développement économique » a énoncé le maire Bernard Sévigny avant de ventiler les principaux projets d'un budget d'immobilisations de 79 M$.

Injecter 22 M$ au cours d'une année dans Hydro-Sherbrooke, c'est du développement de réseau plus que du développement économique. Surtout que ce levier ne retrouvera sa pleine rentabilité que dans une dizaine d'années.

En soustrayant la part de 24 M$ qui sera payée par des tiers (les autres gouvernements), ça laisse 57 M$ d'investissements municipaux pour 2016. C'est 12 millions de moins qu'en 2015 qui, il faut cependant le préciser, avait été une année exceptionnellement riche en immobilisations avec des projets s'élevant à 87 M$.

Le plafond de l'endettement a obligé les élus municipaux à lever le pied et cette pression financière ne sera pas que passagère.

Une certaine effervescence des précédentes années sera toutefois prolongée puisque les projets annoncés n'ont pas tous été réalisés. Pour n'en nommer qu'un, le maire Sévigny avait confirmé dans le discours du budget 2015 qu'une somme de 7,23 M$ serait consacrée au déplacement du garage municipal vers le parc industriel régional. La Ville n'en est toujours une année plus tard qu'à l'étape de la planification, en préparation des travaux de construction qui ne débuteront que dans un an pour préparer le déménagement à la fin de 2017.

De la même façon, les grands chambardements annoncés dans le secteur des Grandes-Fourches, au centre-ville, se concrétiseront à partir d'enveloppes budgétaires allouées sur plusieurs années.

Le conseil municipal, qui avait autorisé l'an dernier 2,9 M$ à des fins de planification et d'acquisition de terrains pour déplacer l'axe de la rue des Grandes-Fourches, récidive en accordant une autre tranche de 3,8 M en 2016. C'est là que se prépare la plus grande métamorphose que les Sherbrookois verront au cours de la prochaine décennie.

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