Réduire la confusion

Les améliorations que la Ville de Sherbrooke jugent... (Archives, La Tribune)

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Les améliorations que la Ville de Sherbrooke jugent pertinentes afin d'accroître la sécurité des piétons, elle ne peut les imposer au ministère des Transports qui gère notamment les feux de circulation à l'intersection de la rue King et du boulevard Saint-François où une jeune maman, Déliska Bergeron, a été happée mortellement en juin 2014 en marchant à côté de son vélo.

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<p>Luc Larochelle</p>
Luc Larochelle
La Tribune

(SHERBROOKE) CHRONIQUE / Les élus sherbrookois avaient pris l'engagement de revoir en profondeur les mesures de protection des piétons suite à l'accident qui a coûté à vie à une jeune maman, Déliska Bergeron, en juin 2014, à l'intersection de la rue King et du boulevard Saint-François. Pour le bout qu'ils contrôlent, ils sont en voie de tenir promesse.

Les améliorations que la Ville mettra de l'avant rejoignent l'objectif de réduire le risque de confusion mis en cause par le coroner Gilles Saindon au terme de son enquête sur la tragédie ayant coûté la vie à Mme Bergeron.

Jugeant le codage par des flèches vertes insuffisant, le coroner avait suggéré aux autorités de considérer l'interruption complète de la circulation aux intersections achalandées durant la priorité pour piétons. La Ville ne va pas jusque-là, mais elle a ciblé une première série de 11 intersections où elle rendra les choses nettement plus claires.

À ces endroits, les véhicules auront le feu rouge le temps de permettre aux piétons de s'engager sur la chaussée. En leur accordant une longueur d'avance et du fait qu'ils seront en mouvement, les piétons seront ainsi plus visibles dans un champ de vision élargi pour les conducteurs en attente. Le décalage variera entre cinq et dix secondes, selon les intersections. Bien que ça ne soit pas la protection complète souhaitée par le coroner, c'est assurément un pas dans la bonne direction.

La Ville nous annonce son approche améliorée à quatre intersections de la rue King (Dépôt, Wellington, Alexandre et Camirand). Le message est toutefois contradictoire puisque les autorités municipales ne peuvent d'aucune façon engager le ministère des Transports du Québec (MTQ) dans le même sens. Or, la voirie provinciale gère huit feux de circulation sur ce segment de la rue King, notamment aux intersections Belvédère, Grandes-Fourches et boulevard Saint-François, qui sont parmi les plus achalandées.

C'est dire qu'il reviendra au MTQ de décider si une protection additionnelle doit être assurée aux piétons et aux cyclistes qui croisent la rue King en empruntant les voies qui leur sont réservées le long du boulevard et de la rivière Saint-François, sur le lieu de l'accident fatal.

« Nous avons eu le souci de répondre aux préoccupations de nos citoyens. Dans un monde idéal, la Ville devrait être responsable de l'ensemble de son réseau. Pour cela, il faudrait qu'on nous transfert les budgets qui viennent avec » commente le conseil municipal Marc Denault, qui préside le comité de la sécurité publique.

Le pacte fiscal convenu au cours de la dernière année entre le gouvernement Couillard et les représentants municipaux ayant une durée de vie de trois ans, ce n'est pas demain la veille que la gestion des feux de circulation se retrouvera à l'agenda politique de la province.

« Je n'avais pas jusqu'à maintenant trouvé la force et le courage d'écrire au ministre des Transports. Toutefois, s'il faut que je le fasse pour faire avancer les choses, je vais m'atteler à la tâche » réagit Karine Cliche, qui a failli, elle aussi, mourir écrasée sous les roues du poids lourd à l'extrémité est du pont Aylmer.

« À la lumière de ce que j'ai vécu, j'aurais préféré que la Ville empêche tout mouvement de circulation durant le passage des piétons. Ça peut créer un faux sentiment de sécurité aux endroits qui ne seront pas protégés. Je conviens cependant que les changements que Sherbrooke mettra de l'avant auraient peut-être pu sauver la vie de Déliska en nous sortant de l'angle mort du camionneur », poursuit Mme Cliche

De fait, il ne faut pas croire que l'administration municipale vient de trouver une solution miracle éliminant les risques à chacune des 144 intersections de la ville. Une cinquantaine d'entre elles n'offriront toujours qu'une protection partielle. Autre exemple de disparité, des améliorations sont prévues à court terme dans le pourtour de la Place Belvédère sauf qu'elles ne toucheront pas l'intersection névralgique Galt-Belvédère.

Les risques de confusion diminueront, mais pas à la même vitesse partout.

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