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La Ville de Magog parvient graduellement à s'affranchir... (Spectre Média, Julien Chamberland)

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La Ville de Magog parvient graduellement à s'affranchir des bénéfices générés par son réseau d'électricité. Dans le budget adopté la semaine dernière, les élus ont retranché un autre million à la portion des profits d'Hydro-Magog consacrée au financement des opérations municipales, sans avoir à se tourner vers leurs citoyens pour compenser cette perte de revenus.

Spectre Média, Julien Chamberland

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<p>Luc Larochelle</p>
Luc Larochelle
La Tribune

(SHERBROOKE) Mine de rien, les Magogois sont pratiquement à mi-chemin de leur objectif. Avant longtemps, leur réseau municipal d'électricité servira d'outil de développement plutôt que de turbine fiscale.

Dans le budget adopté la semaine dernière, les élus de Magog ont retranché un autre million à la portion des profits d'Hydro-Magog consacrée au financement des opérations municipales et ce, sans avoir à se tourner vers leurs citoyens pour compenser cette perte de revenus.

Tout le contraire du scénario qui se dessine dans la capitale régionale alors que l'administration Sévigny invoquera vraisemblablement la baisse des profits d'Hydro-Sherbrooke pour justifier une augmentation de taxes salée pour 2016.

À compter de l'an prochain, la part des profits d'Hydro-Magog qui servira à payer comptant des dépenses en immobilisations (2,8 M$) dépassera celle qui sera consacrée à payer l'épicerie (2,5 M$).

« La cible de départ était de réduire la ponction de 500 000 $ par année. C'est tout un tour de force d'avoir progressé aussi rapidement. L'exercice n'est pas facile, mais nous voulons poursuivre dans cette voie puisque d'ici quelques années, nous disposerons de 5 M$ pour financer des projets. En réduisant nos emprunts, nous agirons sur la dette », explique Anne Couturier, directrice des finances à Magog.

L'objectif de réduire la dépendance de la Ville aux profits d'Hydro-Magog est inscrit dans la politique de gestion de la dette adoptée à l'automne 2013. Le conseil municipal semble déterminé à s'y conformer.

Les Magogois n'auront pas à payer par la bande le million dont leurs élus se privent pour rendre les services municipaux puisque les revenus de taxation de la Ville n'augmenteront que de 536 000 $ l'an prochain et les deux tiers de cette somme proviendront de « nouvelles constructions ou des rénovations », spécifiait-on dans les documents budgétaires.

Rappelons que la hausse de taxe moyenne en 2016 à Magog sera de 0,9 pour cent. Le nouveau rôle d'évaluation fera en sorte que 48 pour cent des Magogois paieront moins cher de taxes que cette année.

Pendant ce temps à Sherbrooke, la moitié de la hausse de taxes qui devrait atteindre 4,5 % servira à couvrir les pertes de revenus liées à la contribution d'Hydro-Sherbrooke. Celle-ci diminuera de 3 millions.

Les investissements de 32 M$ dans un nouveau poste de distribution pour adapter la capacité du réseau à la demande croissante causeront les deux tiers de cette baisse de rendement. L'augmentation des coûts d'approvisionnement grugera un autre million dans les profits d'Hydro-Sherbrooke.

Rentabilité différente

Il importe de préciser que la rentabilité des réseaux d'électricités de Magog et Coaticook n'est pas affectée de la même façon qu'à Sherbrooke puisque ceux-ci payaient déjà l'énergie achetée d'Hydro-Québec en fonction de la quantité livrée à un seul poste d'alimentation.

De son côté, Hydro-Sherbrooke avait auparavant des contrats d'approvisionnement distincts pour chacun de ses trois postes de distribution et procédait à des transferts de charges pour éviter des pénalités coûteuses en période de forte demande. La Régie de l'énergie a mis fin à cette gestion créative, qui était profitable à Sherbrooke mais qu'Hydro-Québec jugeait préjudiciable.

Par ailleurs, la saturation du réseau d'Hydro-Magog ne serait pas un enjeu à court terme comme c'est le cas présentement à Sherbrooke. Par contre, ce même problème se posera d'ici quelques années à Coaticook.

Les élus coaticookois auront éventuellement à prendre des décisions qui pourraient se répercuter durant un certain temps sur la profitabilité de leur réseau rapportant bon an mal an à la Ville des bénéfices de l'ordre de 1,8 M$.

Si Magog parvient graduellement à s'affranchir des profits de son réseau d'électricité, comment se fait-il que l'administration sherbrookoise soit incapable d'amorcer le virage que Bernard Sévigny prônait pourtant avant de devenir maire?

Même si l'information demeure parcellaire à Sherbrooke dans l'attente de la présentation du budget, le 21 décembre, un élément saute aux yeux : alors que le maire Sévigny se dit coincé par une augmentation de 3 pour cent de la masse salariale, la rémunération n'augmentera que de 1,2 pour cent l'an prochain à Magog.

La Ville de Magog et ses employés se sont entendus l'automne dernier sur un contrat de travail valide jusqu'à la fin de 2019, qui réglait à la fois la question salariale ainsi que le financement des caisses de retraite. Comme on le sait, ses enjeux cruciaux sont toujours suspens à Sherbrooke.

À bien des égards, la mairesse Vicky May Hamm et son équipe obtiennent des résultats à faire rougir leurs voisins.

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