Noyés dans la confusion

Les présidents des quatre commissions scolaires de l'Estrie n'entendent pas... (Archives, La Presse)

Agrandir

Archives, La Presse

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
<p>Luc Larochelle</p>
Luc Larochelle
La Tribune

(SHERBROOKE) Les présidents des quatre commissions scolaires de l'Estrie n'entendent pas laisser le ministre de l'Éducation, François Blais, leur faire la peau sans offrir de résistance. S'ils ont à mourir, ce sera après avoir combattu dans la dignité!

Gilles Normand (Commission scolaire de la Région-de-Sherbrooke), Jean-Philippe Bachand (des Sommets), Yves Gilbert (des Hauts-Cantons) et Michael Murray (Eastern Townships) mettent carrément au défi les députés libéraux de l'Estrie, parmi lesquels se trouve un ancien ministre de l'Éducation, Pierre Reid, d'accepter de débattre avec eux sur la place publique des meilleures décisions à prendre pour favoriser l'apprentissage scolaire.

« Les députés régionaux n'avaient pas été très réceptifs en septembre à nos arguments contre la fusion des commissions scolaires. À les entendre, c'était la meilleure solution. Leur gouvernement a fini par admettre le contraire. S'ils sont pour suivre la ligne de parti une fois de plus, qu'ils viennent débattre. Ils sont des représentants du peuple, mais nous le sommes aussi », somme Yves Gilbert.

Les conseils des commissaires de tout le Québec seront dissous dans la quinzaine qui suivra l'adoption du projet de loi déposé vendredi par le ministre Blais, si les dispositions à cet effet ne sont pas revues.

Québec veut remplacer les instances régionales par des structures locales au sein desquelles les parents seraient mieux représentés. Les conseils d'établissement disposeraient de pouvoirs accrus, dont celui de mettre un directeur d'école à la porte au terme de son mandat à durée déterminée si son rendement était jugé inadéquat.

« On omet cependant de nous dire que le ministre s'attribue des pouvoirs accrus », prévient Jean-Philippe Bachand en traçant un parallèle avec le modèle de la santé sur lequel le ministre Gaétan Barrette règne en monarque.

En mode analyse

Les présidents sont déjà aux barricades tandis que les hauts gestionnaires des commissions scolaires sont encore en mode analyse. Les impacts organisationnels sont loin d'être tous connus.

Il est par ailleurs incongru d'entendre ces présidents s'afficher comme répondants de la taxe scolaire alors qu'ils ont si souvent porté le chapeau de commissionnaires en acceptant de nous refiler les hausses appréciables décrétées par Québec.

« Ces dernières années, le gouvernement nous a carrément largués en nous imposant des compressions et en se délestant sur notre dos avec l'abolition de la péréquation. Nous n'étions pas d'accord, mais nous n'avions pas vraiment le choix », se défend Gilles Normand.

À mon souvenir, pas un seul président de commission scolaire ne s'est engagé dans une campagne électorale avec l'intention ferme et avouée de dénoncer l'inacceptable, en se disant prêt à quitter ses fonctions s'il devait être contraint par le gouvernement provincial à prendre des décisions allant à l'encontre de ses valeurs et de ses convictions.

Si la dissension avait été exprimée plus vivement et plus souvent, les commissaires scolaires ne seraient pas perçus comme de simples exécutants à qui l'on peut facilement tirer le tapis sous les pieds, comme s'apprête à le faire le ministre Blais.

« On essaie effectivement de nous noyer dans la confusion. Les règles ne sont pas claires, on ne sait pas où l'on s'en va. Certains éléments sont plus précis, mais nous incitent quand même à nous questionner sur la suite des choses », déplore M. Normand.

« Où est l'urgence? » soulève quant à lui Michael Murray de la Commission scolaire Eastern Township en faisant valoir que les indicateurs ne sont pas si mauvais.

De fait, la réorganisation du système scolaire québécois ne devrait pas se limiter qu'à la durée d'une commission parlementaire. L'urgence ne peut se justifier par des impératifs budgétaires, comme c'est le cas pour la santé.

J'accroche à l'idée : des commissaires en débat face aux parlementaires souhaitant les faire disparaître, wow! Ça raviverait la démocratie scolaire.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer