Les sacrifices de la consolidation

Le maire de Valcourt, Rénald Chênevert, croit que... (Spectre Média, René Marquis)

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Le maire de Valcourt, Rénald Chênevert, croit que le plan quinquennal de BRP chassera le sentiment d'insécurité qui s'était installé dans sa communauté depuis que l'assemblage des motomarines a été envoyé au Mexique. M. Chênevert assure que le budget municipal tiendra compte du gel salarial avec lequel plusieurs de ses concitoyens devront composer.

Spectre Média, René Marquis

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<p>Luc Larochelle</p>
Luc Larochelle
La Tribune

(SHERBROOKE) CHRONIQUE / Sans nécessairement redouter un choc aussi brutal que celui du printemps 2012, qui avait envoyé 450 salaires régionaux au Mexique, Valcourt vivait hantée par la crainte de perdre d'autres emplois manufacturiers.

La logique géographique suggère encore de construire les motoneiges ici puisque c'est un produit destiné aux marchés du nord. L'assemblage du Spyder était moins certain.

« Même si les signaux que nous avions de BRP étaient rassurants, un sentiment d'insécurité persistait chez beaucoup de travailleurs et dans la population. Là, la compagnie vient de dissiper les doutes. Elle envoie le message clair qu'elle compte rester à Valcourt. Notre avenir vient de s'asseoir de façon plus confortable », se réjouit le maire Rénald Chênevert.

La consolidation annoncée par BRP a cependant un prix : un gel de salaires qui durera entre trois et cinq ans pour 1600 travailleurs.

« Je ne suis pas insensible à cela et il ne faut surtout pas diminuer l'importance de ce sacrifice. Ça paraîtra dans l'économie locale, mais tous conviendront que la perte définitive de centaines d'autres d'emplois nous aurait fait bien plus mal. Bien humblement, je suis persuadé que les travailleurs seront capables de faire la part des choses », ajoute le maire de Valcourt.

Manne fiscale

Des investissements de 118 M$ annoncent une autre manne fiscale pour la Ville, dont 35 pour cent des revenus fonciers proviennent déjà de BRP.

« C'est un des bons côtés. Les élus veilleront toutefois à ce que les revenus supplémentaires soient utilisés pour compenser, en tenant compte de la réalité financière de nos contribuables travaillant chez BRP », assure M. Chênevert sans pour autant garantir un gel de taxes à ses contribuables.

Le conseil municipal de Valcourt tiendra sa réunion préparatoire lundi prochain en prévision de l'adoption du budget 2016, le lundi suivant.

Rénald Chênevert prend soin de décrire la portée régionale de ces retombées en rappelant que seulement 22 pour cent du personnel de BRP vit à Valcourt. Suggérez-vous alors au maire Bernard Sévigny d'aligner lui aussi ses hausses de taxes sur les revenus des navetteurs voyageant chaque jour entre Sherbrooke et Valcourt?

« J'ai lu qu'une hausse de taxes de 4,5 pour cent est dans l'air à Sherbrooke, ça ferait bien mon affaire qu'elle soit plutôt de 45 pour cent! », plaisante M. Chênevert.

« Une augmentation de seulement 1 pour cent de notre taux de rétention ferait une différence, notre ville bougerait plus. L'annonce de BRP va cependant nous aider, car l'avenir qu'elle vient de tracer incitera davantage de jeunes à venir s'établir à Valcourt. Les besoins de main-d'oeuvre vont changer, il y aura des débouchés pour les travailleurs scolarisés », poursuit le maire.

Le dernier investissement majeur de BRP à Valcourt remontait à 2007 alors que 15 M$ avaient été affectés à la construction du Centre de design et d'innovation Laurent Beaudoin qui est adjacent au siège social.

L'année précédente, la compagnie avait injecté une somme équivalente pour devenir partenaire de l'Université de Sherbrooke dans le Centre des technologies avancées, juxtaposé au campus.

Stabilité

L'innovation passe maintenant par de nouveaux procédés de conception, de fabrication et d'assemblage dans le berceau de Joseph-Armand Bombardier en comptant sur une main-d'oeuvre plus stable, décode-t-on à la lumière des explications fournies par BRP.

Est-ce que tous les risques de délocalisation d'emplois sont définitivement écartés?

Pas sûr. Si les ventes de Spyder avaient été exponentielles, au point d'exiger une production annuelle plutôt que saisonnière, la tentation aurait été forte d'aller vers des pays où la main-d'oeuvre est bon marché. Il n'est pas dit que ça ne sera pas le cas un jour.

La consolidation d'une entreprise commande parfois la consolidation de l'ensemble de ses produits. C'est une excellente nouvelle que tout cela se passe pour le moment dans notre cour.

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