Un bras dans l'engrenage

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Plusieurs Sherbrookois ont avalé leur petit-déjeuner de travers mardi matin en apprenant que leur compte de taxes augmentera de 4,5 %.

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<p>Luc Larochelle</p>
Luc Larochelle
La Tribune

(SHERBROOKE) CHRONIQUE / Le maire Bernard Sévigny ne commentera pas avant le dépôt du budget, le 21 décembre, la primeur que je vous ai servie avec café et baguel, mardi matin, à propos de la hausse de taxes qui situera autour de 4,5 pour cent.

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À peu de choses près, la courbe des taxes se superpose à celles de salaires depuis que Bernard Sévigny est maire de Sherbrooke.

Infographie La Tribune

Comme il avait été prévenu que j'allais ébruiter les intentions du conseil municipal, M. Sévigny n'a pas sursauté en lisant son journal. Plusieurs Sherbrookois, par contre, ont avalé leur petit-déjeuner de travers.

« Comment les élus peuvent-ils seulement envisager nous refiler une pareille augmentation », s'est élevé un lecteur n'ayant pas caché son mécontentement.

On y verra plus clair lorsque toutes les informations budgétaires nous seront communiquées, mais j'attire votre attention sur l'une des justifications que le maire Sévigny a évoquées après l'atelier de travail de la dernière fin de semaine.

« Mathématiquement, il était impossible d'aller sous l'IPC. Par exemple, la masse salariale, qui représente 45 pour cent du budget de fonctionnement de la Ville, augmentera de 3 pour cent », a-t-il fait valoir.

À peu de choses près, la courbe des taxes se superpose à celles de salaires depuis que Bernard Sévigny est maire de Sherbrooke (voir tableau). Ce dernier a le souci de freiner cette croissance, mais ce n'est toujours qu'un voeu.

M. Sévigny annonce une augmentation de 3 pour cent de la masse salariale au cours de la prochaine année alors que les policiers, les pompiers, les cols blancs et les cols bleus sont toujours à négocier les termes d'un nouveau contrat de travail. Il y aura un an à la fin du mois de décembre que leurs conventions sont échues.

« Les propos du maire ne correspondent pas aux propositions salariales nous ayant été soumises. Par contre, nous ne sommes pas dupes, nous savons que les employés d'Hydro-Sherbrooke ont obtenu une augmentation salariale de 2 pour cent pour 2015 », commente le président du syndicat des pompiers et pompières de Sherbrooke, Simon Gilbert.

La Ville a effectivemement accordé en juin dernier au personnel de son réseau d'électricité un contrat de cinq ans (2014-2018) prévoyant des hausses salariales de 2 pour cent par année. C'est évidemment la cible minimale visée par les autres employés municipaux.

À moins qu'elle ne réussisse à casser le principe de parité traditionnellement appliqué à Sherbrooke, aux cadres comme aux syndiqués, la Ville est en théorie commise jusqu'à la fin de 2018. Les élus municipaux ont déjà un bras dans l'engrenage et notre portefeuille suit.

Le « coffre à outils » promis par le ministre Pierre Moreau afin de rééquilibrer le rapport de forces n'est toujours pas à la disposition des élus municipaux. Ce coffre ne comprendra pas non plus de passe-partout pour rouvrir les conventions collectives qui auront été dûment signées.

La Loi favorisant la santé financière et la pérennité des régimes de retraite à prestations déterminées du secteur municipal est en vigueur, mais elle n'a pas encore allongé les bras des élus pour récupérer les sommes colossales injectées pour effacer les déficits actuariels.

Les négociations sur les caisses de retraite ne sont même pas encore commencées entre la Ville de Sherbrooke et ses employés. Ne prenez d'ailleurs pas pour acquis que les syndiqués y laisseront leur chemise, car ils s'estiment armés pour aller débattre devant un arbitre... que c'est l'employeur qui doit les rembourser!

Ces enjeux dont on parle depuis plusieurs années continuent à peser lourd dans les finances municipales et les chiffres qui seront dévoilés dans quelques semaines viendront démontrer qu'il n'y a absolument rien de réglé.

C'est sommaire comme analyse, mais reprenez l'indicateur de la croissance des salaires (2 pour cent en 2016) et ajoutez-y les 2 pour cent que la Ville doit venir chercher dans nos poches pour pallier à la baisse de la contribution d'Hydro-Sherbrooke (autour de 3 M$). Du coup, vous saisirez pourquoi la hausse de taxes s'annonce aussi salée.

M. Sévigny met sans doute toute son énergie à préparer l'exercice de persuasion auquel il devra bientôt se livrer. Il a besoin d'être en forme, le maire, car il ne sera pas aisé de nous convaincre qu'il ne pouvait en être autrement...

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