Une acquisition parmi d'autres

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Le nouveau propriétaire des installations de Viandes Laroche, Mario Côté : « C'était une opportunité à saisir. Nous y verrons plus clair une fois que nous aurons le rapport des ingénieurs, mais je pense que nous aurons du travail à offrir à tous les anciens. »

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<p>Luc Larochelle</p>
Luc Larochelle
La Tribune

(SHERBROOKE) CHRONIQUE / La famille Côté s'amène à Asbestos pour gérer l'abattoir que la famille Laroche n'arrivait plus à mener sur une base de rentabilité. On y transformera du canard plutôt que du boeuf.

Mario Côté, cet Estrien détenant l'un des plus gros portefeuilles agricoles au Québec, va débourser autour de 1 M$ pour mettre la main sur des actifs qui en valent six fois plus et prévoit injecter entre 4 et 5 M$ supplémentaires pour adapter les équipements.

En bout de la ligne, il va se retrouver avec une usine de transformation moderne et performante pour à peu près le tiers d'installations neuves.

« C'était une opportunité à saisir. Nous y verrons plus clair une fois que nous aurons le rapport des ingénieurs, mais je pense que nous aurons du travail à offrir à tous les anciens de Viandes Laroche », soutient le nouveau patron sans vouloir s'avancer davantage.

L'ancien propriétaire, Claude Laroche, offrait 400 000 $ de plus, mais sa proposition était assortie d'une série de conditions qui ont suscité des doutes chez les créanciers garantis.

Pour Mario Côté, une acquisition n'attend pas l'autre. À la fin de 2014, il a relancé les activités d'une usine de découpe de viande porcine de Rivière-du-Loup qui avait, elle aussi, été acculée à la faillite. Il a des intérêts dans d'autres abattoirs, souvent acquis dans la même conjoncture.

En même temps qu'il jonglait avec ce projet dans la MRC des Sources, M. Côté avait à décider avec son partenaire Bernard Paquette du site de reconstruction de leur meunerie incendiée en début d'année par une main criminelle à Ange-Gardien, une perte matérielle d'une vingtaine de millions.

L'homme d'affaires de Stoke a souvent de fois été taxé d'opportunisme du temps où il a multiplié les acquisitions de fermes porcines. Ces reproches lui ont toujours coulé sur le dos comme sur le dos d'un canard.

« Il y a eu beaucoup d'exagération. Moi, je vois à mes affaires. Un point, c'est tout », coupe-t-il court à la critique.

 « L'empire Côté »

Intégrateur associé à de nombreux éleveurs, propriétaire d'une centaine de fermes, « l'empire Côté » fournit 10 pour cent de la production porcine du Québec. Quatre des huit enfants du fondateur travaillent avec lui. Ses différentes entreprises embauchent 500 personnes.

« Comme je ne voulais pas aller plus loin dans le porc, nous avons pris le virage de la diversification et le canard s'avère un bon choix », lance celui qui garde un profil

effacé malgré ses succès en affaires.

Comment donc!

La production de l'entreprise Canards du Lac Brome dépassait à peine le million de têtes lorsque M. Côté en est devenu l'un des propriétaires il y a dix ans. La moitié était envoyée à l'étranger.

Les ventes annuelles atteignent maintenant 2,5 millions de canards, consommés à 80 pour cent sur le marché canadien.

« Nous avons démocratisé un mets qui n'était servi qu'aux rois et aux Chinois. Le canard de Pékin, élevé ici, est un produit réputé, exclusif. L'entreprise est centenaire et notre marque de commerce est reconnue partout. Le produit et sa notoriété nous assurent une bonne croissance », explique M. Côté.

On lâche le boeuf, le porc ou l'agneau et on se lance tous dans l'élevage de canards?

« Non. Pas à ce point. Parce que nous avions atteint notre capacité de production à Knowlton, une partie de la transformation devait être effectuée à forfait. Ce sont les activités que nous déplacerons vers Asbestos. Cette augmentation de la production répond à une demande accrue qui devrait se poursuivre », anticipe celui qui compte maintenant parmi ses actifs une douzaine de fermes d'élevage de canards.

La disparition définitive de Viandes Laroche aura des impacts négatifs dans la transformation et la distribution du boeuf ainsi que dans la mise en marché de certains autres produits de niche. La solution devra toutefois venir d'ailleurs, car, comme ce fut le cas avec l'amiante, la page se tourne pour la famille qui avait misé sur les bovins.

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