Opération charme

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Le premier ministre Philippe Couillard a complété sa visite en Estrie en assistant, lundi soir, à une fête organisée pour souligner les 35 ans de vie politique de Pierre Paradis.

La Voix de l'est, Janick Marois

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<p>Luc Larochelle</p>
Luc Larochelle
La Tribune

(SHERBROOKE) Même après avoir été chahuté par des manifestants, Philippe Couillard affichait l'enthousiasme d'un premier ministre en campagne électorale.

« Il n'y a pas d'austérité. Les dépenses de programmes ont augmenté de 1,5 pour cent encore cette année. C'est peu, mais c'est quand même une augmentation. Seulement deux provinces canadiennes ont fait mieux », a insisté le premier ministre sur la tribune de la Chambre de commerce de Sherbrooke.

Vrai. Sauf que dans les faits, les commissions scolaires disposent de moins d'argent pour fonctionner et le réseau estrien de la santé doit sabrer cette année 30 millions dans ses dépenses de fonctionnement.

« Nos services ont connu des rythmes de croissance qu'on ne peut plus maintenir avec l'économie mondiale. Tout le monde se réajuste. Dans d'autres provinces, c'est encore plus sérieux que ce que nous faisons et l'on n'entend pas le même genre de critiques », argumente M. Couillard en entrevue.

Selon le premier ministre, il y a encore place au dialogue avec les employés de l'État. Si le gouvernement devait recourir à une loi spéciale, ça ne sera vraisemblablement pas avant les fêtes.

« Ça ne peut pas s'étirer indéfiniment. Je ne pense pas qu'on peut aller très loin dans l'année 2016 sans que cette question soit résolue. Ça nous donne tout de même du temps pour travailler, d'autant que les autres provinces canadiennes ont réglé les conventions avec des paramètres qui s'approchent beaucoup de ceux que nous avons mis sur la table », cible-t-il.

En attendant de retrouver la paix sociale, le gouvernement Couillard maintient le cap sur la solidarité internationale. Sans compromis sur la sécurité, il est possible d'ouvrir nos portes aux 3600 réfugiés que la province s'est engagée à accueillir, réitère avec conviction le premier ministre Couillard.

« Il faut se le répéter, nous sommes chanceux d'être au Québec et vous, vétérans, savez quels sacrifices ont été nécessaires afin de pouvoir jouir encore aujourd'hui de notre liberté », a-t-il livré comme marque de reconnaissance aux anciens militaires réunis à la Légion canadienne de Richmond.

Impliquée depuis 20 ans auprès des vétérans de sa communauté, Marjorie Lancaster a, par la même occasion, eu droit à une décoration de l'Assemblée nationale.

L'opération charme a été brève, mais réussie.

On ne tardera par ailleurs pas à savoir s'il y a de l'eau dans le gaz en région. Le bureau du ministre Pierre Arcand doit autoriser mardi la publication de l'avis sommaire qu'il a commandé à la Régie de l'énergie du Québec sur le prix de vente de carburant dans la région métropolitaine de Sherbrooke. À suivre.

***

Le premier ministre Couillard était accompagné de tous les membres de son caucus régional à la Chambre de commerce. Tous, sauf un : le ministre de l'Estrie, Pierre Paradis.

« J'avais d'autres occupations et une série d'appels à retourner en prévision du rassemblement de ce soir », s'est-il justifié quand je l'ai croisé en fin de journée au Château Bromont.

Une fête, à laquelle le premier ministre Couillard ainsi que plusieurs membres de son cabinet ont assisté, avait été organisée pour célébrer le 35e anniversaire de vie politique de M. Paradis.

L'humoriste Cathy Gauthier a déridé l'assistance en se payant la tête de son beau-père et en tournant certaines blagues en autodérision.

« Quand j'ai demandé au ministre Barrette s'il connaissait mon beau-père, il a paru surpris. C'est normal qu'on ne veuille pas associer une vache folle au ministre de l'Agriculture », a lancé celle dont le conjoint, François, est le fils de M. Paradis.

Même s'ils se sont souvent affrontés lors de débats parlementaires, les deux doyens de l'Assemblée nationale étaient réunis pour l'occasion. Le péquiste François Gendron est l'un de ceux qui ont rendu hommage au ministre Paradis.

« Pierre aura été responsable de l'Agriculture, tout comme moi. Nous avons occupé les mêmes fonctions parlementaires au sein de nos partis respectifs. Nos parcours se ressemblent. À la différence que mon chef ne m'a pas accordé un congé de maladie prolongé de neuf ans comme Jean Charest l'a fait avec lui » a badiné à son tour l'ex-ministre Gendron.

Tous entendaient à rire, à commencer par le jubilaire, pour qui la région touristique et la région administrative de l'Estrie semblent correspondre aux mêmes délimitations territoriales.

Comme on ne voit Pierre Paradis que très rarement sur le territoire estrien, accordons-lui alors le titre de « ministre des Cantons-de-l'Est ». On se sentira moins abandonnés.

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