Panne de profits à Hydro-Sherbrooke

Avec la nécessité de construire un quatrième poste... (Imacom, René Marquis)

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Avec la nécessité de construire un quatrième poste de distribution, Hydro-Sherbrooke doit investir 32,5 millions $ pour éviter la saturation de son réseau,  ce qui occasionnera d'autres pertes de revenus importantes pour la Ville, qui est déjà confrontée à l'érosion des profits provenant de la vente d'électricité.

Imacom, René Marquis

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(SHERBROOKE) Ça augure mal à court et moyen terme pour les Sherbrookois, leur poule aux oeufs d'or va battre de l'aile au cours des prochaines années.

L'investissement de 32,5 M$ nécessaire pour éviter la saturation du réseau d'Hydro-Sherbrooke occasionnera d'autres pertes de revenus importantes pour la Ville, qui est déjà confrontée à l'érosion des profits provenant de la vente d'électricité.

Dépendamment des choix que les élus feront pour financer le 4e poste de distribution, dont la construction a été annoncée récemment, la Ville se verra privée chaque année et sur une longue période d'une contribution qui variera entre 1,4 M$ et 2,1 M$ provenant d'Hydro-Sherbrooke.

Cette somme s'ajoutera aux 7 M$ que la Ville perdra annuellement en bénéfices à compter de 2019 parce que ses coûts d'approvisionnement auprès d'Hydro-Québec ont été ajustés à la hausse par la Régie de l'énergie du Québec.

« Avouons, ce n'est pas une très bonne période pour notre réseau d'électricité et, au départ, l'investissement requis pour en assurer la croissance nous a fait écarquiller les yeux », commente le président du comité exécutif, Serge Paquin, qui confirme ces chiffres.

La Ville prévoit financer en totalité la somme qu'elle doit consacrer au développement de son réseau. Si elle choisit une période d'amortissement de 20 ans, les frais de financement annuels d'Hydro-Sherbrooke augmenteront de 2,1 M$. Ses profits baisseront d'autant.

Un financement sur 40 ans réduirait le paiement à 1,4 M$, mais ferait grimper la facture totale du projet à 56 M$ au lieu des 42 M$ qui seraient déboursés sur 20 ans.

« Le dilemme est de savoir si la Ville peut se priver dans son budget des 700 000 $ représentant l'écart entre les deux. Aucune décision n'a encore été prise. Comme les déboursés pour le nouveau poste sont à venir, les effets ne sont pas immédiats. Ils apparaîtront à compter de 2018 », explique le conseiller Paquin.

Cela coïncidera avec la fin de la période d'étalement de la nouvelle grille de tarification fixant le prix de l'électricité achetée d'Hydro-Québec, puis redistribuée aux abonnés d'Hydro-Sherbrooke. Rappelons que cette nouvelle base d'affaires grugera le tiers des profits du réseau municipal.

Hydro-Sherbrooke était à la croisée des chemins. Sans nouveau poste de distribution, il n'y avait plus de croissance possible.

« Même qu'à compter de 2018, il aurait fallu céder 4000 abonnés à Hydro-Québec qui, nous sachant aux prises avec ce problème de saturation, n'aurait pas voulu nous offrir la moindre compensation. Or, la perte de 4000 abonnés aurait automatiquement fait chuter nos profits de 1 M$ chaque année », étaye le directeur général d'Hydro-Sherbrooke, Christian Laprise.Ce plafonnement aurait été perpétuel.

« Chaque fois qu'il y aurait eu croissance de la demande au centre-ville, dans le parc industriel ou ailleurs sur notre réseau, il aurait fallu délester vers Hydro-Québec l'équivalent de ces nouvelles charges », poursuit M. Laprise.

Pas d'audace

« Avec cette approche, on n'aurait sûrement pas gagné le prix de l'audace! Nous l'avons d'ailleurs vite écartée. Il y a eu d'autres moments charnières dans le développement d'Hydro-Sherbrooke, qui a un long historique de réussite et de rentabilité. De la même façon, d'autres récolteront ce que nous semons aujourd'hui », fait valoir Serge Paquin.

Le développement des véhicules électriques, l'installation de piscines, de spas et de climatiseurs sont autant de facteurs poussant la consommation d'électricité à la hausse. Combinée à l'augmentation des tarifs aux abonnés, cette demande accrue compense partiellement les pertes municipales.

Par exemple, si la Régie de l'énergie accorde la hausse tarifaire de 1,9 pour cent qu'Hydro-Québec réclame pour le 1er avril 2016, Hydro-Sherbrooke verra ses profits grimper de 1 M$ alors que le nouveau mode de facturation ne lui coûtera que 700 000 $ durant cet exercice financier.

Les effets de la décision de la Régie de l'énergie reposent sur des calculs complexes et ne sont pas linéaires. Cette année, Sherbrooke perd 2 M$.

La contribution d'Hydro-

Sherbrooke aux activités municipales annoncée au budget 2015 était de 24 M$, soit sensiblement le même montant que l'an dernier. Le manque à gagner est pourtant réel quand on le mesure en proportion du budget municipal.

L'équation est simple pour mesurer les effets de tout cela dans le temps : la part des revenus provenant de notre consommation d'électricité, la Ville n'a pas besoin de nous la facturer en taxes municipales. Or, plus cette part va diminuer, plus nos taxes devront compenser.

La panne de profits qui n'est que temporaire est celle causée par la construction du nouveau poste de distribution. Elle durera une bonne dizaine d'années, jusqu'à ce que les courbes des déboursés et des revenus supplémentaires se croisent. Alors, cet investissement commencera à générer un rendement positif.

Conseil d'ami donc : si vous songez à devenir maire de Sherbrooke, laissez passer quelques élections...

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