Avec ou sans la famille Laroche?

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Il y aura du bruit et des gens dans la rue encore dimanche, à Asbestos, pour exprimer la préoccupation du milieu face au risque d'une perte définitive de la centaine d'emplois chez Viandes Laroche.

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<p>Luc Larochelle</p>
Luc Larochelle
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(Sherbrooke) Chronique / Il y aura du bruit et des gens dans la rue encore dimanche, à Asbestos, pour exprimer la préoccupation du milieu face au risque d'une perte définitive de la centaine d'emplois chez Viandes Laroche.

Les pourparlers en vue d'une relance, eux, sont menés de façon beaucoup plus discrète. C'est le propre des discussions d'affaires. D'autant que nous sommes encore dans une zone grise.

On ne sait toujours pas si l'un des créanciers déclenchera la procédure de mise en faillite ou si les propriétaires se placeront sous la protection de la Loi sur les arrangements avec les créanciers des compagnies pour s'en soustraire, du moins momentanément.

Le Centre financier aux entreprises Desjardins est le principal bailleur de fonds de la compagnie ayant cessé d'opérer après avoir perdu une caution d'Investissement Québec pour augmenter sa marge de crédit.

« Nous n'avons entrepris aucune démarche auprès d'éventuels acheteurs pour déposséder la famille Laroche de son usine. De nouveaux acteurs ont manifesté leur intérêt ainsi que leur désir de former des alliances et nous sommes en mode écoute. Notre souci est le même que celui de tous les Estriens : relancer les opérations et sauver les emplois », affirme François Hamel, directeur principal en qualité du risque chez Desjardins-Entreprises Estrie.

Il ne serait toutefois pas de l'intention de ces investisseurs de s'associer à la famille Laroche. En plus du président Claude, sa fille Marie-Pierre (ressources humaines) et ses fils Vincent (opérations) et Francis (ventes et achats) pourraient donc se retrouver sur la touche.

« C'est une information de nature privée qu'il vous faudrait vérifier auprès des intéressés et qui ne relève absolument pas de nous », répond à ce sujet M. Hamel.

« De fait, il se peut que nous soyons exclus. Nous comprenons que Desjardins ne peut imposer quoi que ce soit aux gens qui seraient prêts à acheter nos installations. Voilà pourquoi, de notre côté, nous évaluons différentes options», réagit Claude Laroche.

En se plaçant sous le parapluie de la loi, la famille Laroche bloquerait toute transaction avec un tiers le temps de pouvoir formuler une proposition de règlement pour effacer ses dettes. Encore faut-il qu'elle puisse trouver des liquidités pour rassurer ses créanciers privilégiés et offrir une compensation minimale à ses créanciers non-garantis.

« J'attends des réponses de nos conseillers légaux et, possiblement, d'autres actionnaires», se limite à dire M. Laroche.

Selon François Hamel, Desjardins se plierait de bonne grâce à pareille tentative de sauvetage.

« C'est une procédure légale accessible à tous et nous ne rejetons pas le scénario d'une relance avec les membres de la famille Laroche. Nous savons qu'ils ont persévéré, qu'ils ont investi leur âme et leur coeur dans l'entreprise. La continuité est toujours notre premier choix. Arrive cependant le moment où il faut travailler sur de nouvelles bases et c'est là où nous en sommes avec Viandes Laroche », expose M. Hamel.

Impossible pour le moment de comparer le passif de l'entreprise à ses actifs. Claude Laroche refuse de dévoiler ces informations. Il serait inapproprié que Desjardins aille à l'encontre de cette volonté.

Le portrait financier deviendra toutefois public si la compagnie Les Viandes Laroche dépose elle-même son bilan ou est acculée à la faillite.

Que la relance passe par une restructuration orchestrée par la famille Laroche ou par une acquisition par des investisseurs externes, le temps est un facteur.

« La concurrence est vive dans tous les domaines, y compris dans l'industrie de la viande. Ce n'est jamais facilitant de se retrouver à l'écart du marché. Nous avons aussi la préoccupation d'éviter une détérioration des équipements », dit François Hamel.

Ce dernier précise que le démantèlement de l'usine et la vente des équipements en pièces détachées est la solution de dernier recours.

« Elle ne serait avantageuse ni pour nous ni pour la région. Nous savons qu'il y a de nos membres parmi les travailleurs des Viandes Laroche. À tous points de vue nos intérêts sont convergents », ajoute M. Hamel.

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