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L'édifice de la FTQ vidé de ses occupants par mesure préventive

Les organisations liées à la FTQ qui occupaient l'immeuble de la rue Rand ont... (Imacom, Jessica Garneau)

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<p>Luc Larochelle</p>
Luc Larochelle
La Tribune

(SHERBROOKE) Les organisations syndicales liées à la FTQ qui sont propriétaires et qui occupaient l'immeuble de bureaux du 790 de la rue Rand ont changé d'adresse jusqu'à ce que des travaux de renforcement aient été réalisés pour corriger des « problèmes structuraux majeurs » à leur bâtiment.

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Bien que celui-ci ne présenterait pas de risque d'effondrement, la décision de déplacer les troupes a toutefois été prise de manière préventive.

« Le problème est sérieux et nous le traitons comme tel. Nous ne voulions pas que notre personnel soit exposé à des anomalies qui persistent dans un bâtiment n'ayant que six ans », justifie le permanent régional de la FTQ, Ricky Lewis.

L'immeuble érigé dans l'ancienne zone industrielle bordant le lac des Nations vibre au passage du train. Les travaux d'excavation entrepris l'été dernier sur le terrain voisin, en préparation d'une reconstruction en face de la Place Belvédère, auraient amplifié les secousses.

Les problèmes structuraux sont apparents et ont été relevés dès la construction en 2009. Selon la prétention de l'entrepreneur général, Gératek, le concepteur des plans, Martin Blouin, auraient dès lors constaté « certaines déflexions plus importantes que normales, lesquelles avaient entraîné certains problèmes architecturaux, n'entraînant pas d'après lui aucune faiblesse structurale ».

M. Blouin a plus tard été visé par une poursuite civile intentée par Gératek, qui décrivait « un comportement anormal de certaines composantes du bâtiment en ce que de nouvelles fissurations sont apparues et des fissures existantes sont devenues plus importantes ».

Sans entrer dans tous les détails techniques, les armatures seraient insuffisantes. Le mouvement des dalles structurales aurait provoqué « la fissuration des vitres thermos et de la brique, des problèmes d'infiltration d'eau par les allèges des fenêtres ainsi que de fortes dénivellations des planchers », décrit la poursuite de Gératek.

«J'ai admis certaines erreurs de conception, mais je ne suis pas responsable de tout.»


Martin Blouin a cessé d'exercer la profession d'ingénieur au début de 2013. Son entreprise a été mise en faillite. Lui aussi, personnellement. La poursuite est toujours pendante contre la compagnie qui l'assurait à cette époque.

« J'ai admis certaines erreurs de conception, mais je ne suis pas responsable de tout. Les corrections tentées ont été suggérées par d'autres », s'est limité hier à dire M. Blouin.

La compagnie Gératek prétend avoir investi à ce jour près d'un demi-million de dollars pour renforcer la structure.

« Nous avons agi depuis le début de manière responsable et les lectures prises avec des instruments de surveillance nous amenaient à croire que nous avions réglé les problèmes. J'ai été surpris que les propriétaires m'informent du contraire au début du mois d'octobre. Leur décision de quitter les lieux m'étonne également, car aucun des experts consultés n'a signalé de danger », soutient le président de l'entreprise, David Gosselin.

Dans l'intervalle, sur le terrain voisin, une autre entreprise sherbrookoise, Construction Longer, a lancé à la demande du propriétaire First Capital les travaux de décontamination et de préparation de terrain du Carrefour Belvédère. Les anciens bâtiments de ce site avaient préalablement été démolis.

La profondeur de l'excavation a nécessité des remparts d'acier (appelés palplanches), dont l'installation aurait provoqué des vibrations.

« First Capital n'a pas connaissance des raisons pour lesquelles les voisins ont vidé leur édifice. En aucun temps n'a-t-elle été mise en demeure de suspendre les travaux. Notre chantier a été entamé et se déroule selon les règles de l'art et les normes applicables », fait valoir le directeur des affaires juridiques de l'entreprise, Me Robert Crépin.

« Pour nous, il est évident que le problème existait bien avant », répond à ce sujet Ricky Lewis.

Une rencontre a lieu hier entre les représentants de Gératek et ceux de la FTQ.

« Le déménagement visait à sécuriser nos opérations ainsi que celles de nos locataires. Comme l'immeuble ne peut être occupé pendant les travaux devant commencer en décembre, il était préférable de déménager maintenant au lieu d'attendre l'hiver. Personne n'est content de cela. Nous cherchons avec l'entrepreneur une solution durable afin de régler le problème une fois pour toutes et pouvoir rentrer chez nous », poursuit le porte-parole syndical.

Le Fonds de solidarité de la FTQ n'a pas d'intérêts financiers dans cet immeuble, il n'est que locataire. Sa prochaine campagne de souscription se fera à partir des bureaux dans lesquels il vient d'emménager, sur la rue Radisson.

Selon l'avis de déménagement que la Fraternité inter-provinciale des ouvriers en électricité a émis sur son blogue la mesure temporaire découlant « d'un problème structural majeur » pourrait durer un an.

Pour les syndicats propriétaires, cela signifie donc que des coûts de loyer s'ajouteront aux paiements hypothécaires sur le bâtiment vacant.

« Il nous est impossible de chiffrer les déboursés supplémentaires pour le moment. Nous composons avec la situation en essayant de faire les meilleurs choix », conclut le permanent régional de la FTQ.

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