Le souci des «réponses structurées»

La réaction des électeurs au «sujet très sensible... (Imacom, Frédéric Côté)

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La réaction des électeurs au «sujet très sensible du niqab» est l'un des sujets ayant été soulevés hier lors de la réunion hebdomadaire de l'équipe de Pierre-Luc Dusseault, que l'on aperçoit en haut à gauche sur la photo. Bien que la position de son parti soit critiquée, le député de Sherbrooke ne craint pas que cette controverse devienne un facteur décisif de la campagne.

Imacom, Frédéric Côté

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<p>Luc Larochelle</p>
Luc Larochelle
La Tribune

Vendredi 9 heures. Le député Pierre-Luc Dusseault est attablé avec neuf de ses collaborateurs, dont quatre membres de son personnel politique, pour la réunion hebdomadaire de son comité électoral.

Détendu, le jeune député sortant de Sherbrooke exprime sa satisfaction face à l'engagement de ses troupes.

«Les choses vont bien, dans l'équipe comme sur le terrain. Il faut que notre pointage soit solide puisque c'est le nerf de la guerre», résume-t-il.

La victoire ne tient-elle pas davantage à l'ascendant du chef?

Difficile pour M. Dusseault de prétendre le contraire puisque c'est sans stratèges, sans pointeurs et avec bien peu d'argent qu'il a renversé la machine bloquiste de Serge Cardin lors de la dernière élection fédérale.

«C'est vrai, et les chefs auront encore cette année une grande influence. Nous travaillons sur les choses dont nous avons le contrôle. Là-dessus, nous ne voulons rien laisser au hasard», répond-il au terme de la réunion.

Pierre-Luc Dusseault et sa conjointe Joanie géraient tout lors de la campagne de 2011 : le calendrier des sorties, les demandes médiatiques, la préparation des débats et les discussions sur les médias sociaux. Cette année, c'est différent.

«Le niqab est un sujet très sensible sur Facebook. C'est épineux comme question. Nous nous assurons de fournir une réponse structurée», relève comme soubresaut des derniers jours le responsable des médias sociaux, Louis-Philippe Duhaime.

La «réponse structurée» du NPD est la suivante : «L'étape d'identification devant un juge est effectuée sans voile. Il n'est donc pas possible de tromper les autorités sur les questions de sécurité. C'est seulement lors de la cérémonie d'assermentation qu'une femme peut avoir le visage caché. J'ai moi-même répondu à un certain nombre d'appels et, une fois informés de la manière dont les choses se passent, les gens comprennent mieux notre position», prétend M. Dusseault.

Ce dernier ne craint pas que cette controverse devienne un facteur décisif pouvant jouer en sa défaveur.

«La réaction est la même que lorsque le jugement initial a été rendu, ce n'est donc pas un élément de surprise. Personnellement, je suis surpris de voir des femmes qui acceptent de porter le niqab, mais je suis partisan de la liberté. Je ne pense pas qu'un électeur se rendra aux urnes en n'ayant que cet élément en tête».

Durant le tour de table, la responsable des communications, Colette Bernier, annonce le début de la période intensive des débats et prévient que le premier, lundi, à l'Université de Sherbrooke, s'annonce «costaud». Le député Dusseault pourrait notamment avoir l'écologiste Daniel Green (Parti vert) et l'astronaute Marc Garneau (Parti libéral du Canada) comme adversaires pour débattre d'enjeux scientifiques.

«Je ne suis pas un spécialiste en sciences et je ne prétends pas l'être dans les autres domaines. Par contre, ça ne m'intimide pas. Nous avons reçu les questions à l'avance et je vais me préparer en fin de semaine afin de pouvoir fournir les meilleures réponses possible», affirme le politicien de 24 ans.

Pierre-Luc Dusseault a recruté un certain nombre de ses stratèges parmi les diplômés de l'UdeS.

«C'est une offre de stage qui m'a amené dans l'entourage de M. Dusseault. Natif de Gatineau, je le connaissais peu. Ayant par contre apprécié travailler avec lui, j'ai accepté la proposition de me joindre à son équipe de campagne», confie Harun Jasarévic, qui s'est vu confier l'équipe des pointeurs.

«Nous n'avions aucun historique. Harun est parti de rien pour identifier nos secteurs les plus forts. Il y est parvenu en croisant les données du nombre de votes obtenus par M. Dusseault et le taux de participation. Nos efforts sont très bien ciblés», soutient le directeur de campagne Pierre Tardif.

Ce dernier a agi comme général de la campagne du libéral Luc Fortin dans Sherbrooke lors de la dernière élection provinciale.

«J'avais pas mal moins de monde autour de moi pour aider Luc qu'il y en a pour appuyer Pierre-Luc. C'est normal, M. Fortin s'était décidé tardivement alors que notre équipe pour la présente campagne est en place depuis déjà plusieurs mois», compare M. Tardif.

Le mot «prudence» n'a pas été prononcé en ma présence. Je suis néanmoins persuadé que cette consigne circule au NPD à travers les autres «documents structurés».

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