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Le budget du Centre hospitalier universitaire de Sherbrooke accapare 40 pour cent de l'enveloppe estrienne en santé.

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<p>Luc Larochelle</p>
Luc Larochelle
La Tribune

Le réseau estrien de la santé doit composer cette année avec 30 M$ en moins. La direction du CIUSSS de l'Estrie-CHUS a expliqué au début du mois les moyens qu'elle entend prendre pour faire face à ces compressions budgétaires sans compromettre la qualité des services.

La pression ne sera pas la même partout, montre la ventilation budgétaire pour chacune des 14 installations fusionnées (voir tableau). Les CSSS des Sources, de Memphrémagog, La Pommeraie, le CSSS-IUGS de même que le Centre jeunesse de l'Estrie disposent pratiquement du même budget que l'an dernier.

À l'opposé, les CSSS du Val-Saint-François et de la MRC-de-Coaticook de même que le Centre de réadaptation de l'Estrie subissent une baisse de financement de l'ordre de 5 pour cent, qui est donc trois fois supérieure à l'amputation régionale. De quoi, à première vue, chatouiller des susceptibilités locales.

Cette répartition des fonds n'est pas aléatoire ou discriminatoire, explique-t-on à la haute direction de la nouvelle entité régionale. L'argent a été distribué sur la base des critères nationaux.

Québec exige notamment des centres intégrés qu'ils ramènent les dépenses administratives à un maximum de 5,5 pour cent de leur budget d'opération. Cette proportion était de 9,6 pour cent l'an dernier aux CSSS desservant les populations du Val-Saint-François et de Coaticook. Le Centre de réadaptation de l'Estrie était dans la même fourchette.

Il y aurait donc un potentiel de délestage administratif plus grand dans ces établissements qu'au CSSS Haute-Yamaska ou au CSSS-IUGS, par exemple, où la cible provinciale était déjà atteinte. Le ratio du premier était l'an dernier à 5,3 pour cent, celui du second à 6 pour cent.

Signalons que les dépenses administratives du CHUS, qui accapare près de 40 pour cent de l'enveloppe estrienne en santé, représentaient 7,1 pour cent de son budget avant le regroupement imposé par le gouvernement Couillard.

La plupart des CSSS avaient une équipe composée d'un directeur général et d'adjoints aux finances et aux ressources humaines. Les salaires payés d'un établissement à l'autre étant semblables, les coûts administratifs des plus petites organisations représentaient une plus grande part de leur budget.

La nouvelle structure régionale a été épurée. Comme on le sait, 90 des 212 cadres du réseau ont quitté à la suite de l'abolition de leur poste. Ces départs ne sont toutefois pas nécessairement survenus dans les établissements où les déboursés administratifs étaient les plus élevés.

Cela sera pris en considération.

«Nous avons l'intention d'ajuster favorablement le budget des installations où il y en a eu moins de départs, et de renforcer la cible d'optimisation administrative où plus de cadres ont choisi de quitter», assure le directeur des ressources financières du CIUSSS de l'Estrie - CHUS, Pierre-Albert Coubat.

Autrement dit, pas question d'exiger d'un établissement qu'il respecte coûte que coûte les orientations budgétaires de départ, jusqu'à devoir remettre en question certains services directs aux patients, parce que la rationalisation administrative ne peut se concrétiser sur son territoire au cours de la première année.

Au total, Québec versera 16,5 M$ de moins que l'an dernier à la région pour dispenser les soins de santé. Le CIUSSS de l'Estrie-CHUS doit absorber à même cette enveloppe réduite des dépenses supplémentaires de 14 M$ découlant d'une bonification salariale accordée aux employés de l'État pour suivre l'indice des prix à la consommation. C'est la combinaison de ces deux facteurs qui causent le manque à gagner de 30 M$ qui devra être compensé par un plan d'optimisation.

Les chiffres ventilés annoncent à leur tour des passages obligés. Reste à voir la vitesse avec laquelle ces virages seront négociés d'un milieu à l'autre.

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