Le refus d'engager le combat (maintenant)

J'étais en vacances lorsque la Ville de Sherbrooke a dévoilé, il y (Archives, La Tribune)

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<p>Luc Larochelle</p>
Luc Larochelle
La Tribune

J'étais en vacances lorsque la Ville de Sherbrooke a dévoilé, il y a dix jours, les termes de l'entente acceptée par les 110 employés d'HydroSherbrooke. J'y reviens aujourd'hui en soulevant la question suivante : combien de contribuables sherbrookois ont obtenu une hausse salariale de 2 pour cent l'an dernier et ont la garantie d'une telle bonification pour la période 2015-2018?

« Je suis pleinement conscient que si on faisait un décompte, ce serait une minorité de nos citoyens », admet tout de go le maire Bernard Sévigny.

Sur cinq ans, le personnel du réseau municipal d'électricité bénéficiera d'une hausse minimale de 10 pour cent avec une clause d'indexation supplémentaire de 0,5 pour cent à compter de l'an prochain pour couvrir (si nécessaire) l'inflation.

Ces gains ont été obtenus sans la moindre protestation. Les policiers, les pompiers, les autres syndiqués ainsi que les cadres peuvent minimalement les prendre pour acquis puisque la Ville a toujours appliqué le principe d'équité. Elle a accepté de verser 2 pour cent rétroactivement aux travailleurs d'Hydro-Sherbrooke pour 2014 - bien que l'inflation n'ait été que de 1,47 pour cent - en se référant justement aux hausses qui avaient été consenties aux autres employés.

Une approche plutôt généreuse quand on sait que le gouvernement Couillard n'offre que 3 pour cent sur cinq ans aux employés de l'État québécois.

Les élus sherbrookois n'entendaient-ils pas serrer la vis pour mettre frein à la croissance effrénée des salaires dorés payés dans le monde municipal ?

« Ça viendra, lorsque nous serons outillés pour le faire », rétorque M. Sévigny.

L'urgence doit une fois de plus attendre !

Le même paradoxe que pour les caisses de retraite alors que les remises en question seront vraisemblablement repoussées à l'an prochain. Chaque dollar de plus payé en salaire augmente pourtant la charge pour garantir les rentes promises.

« Le ministre Pierre Moreau est allé plus loin que tous ses prédécesseurs dans son engagement à nous aider pour équilibrer le rapport de force dans les négociations avec nos employés, mais c'est un travail de longue haleine. On n'amende pas le Code du travail en deux semaines », fait valoir le maire.

D'ici là, il paraît qu'il n'y a rien d'autre à faire que de suivre la parade.

« La norme avec laquelle nous sommes pris, ce sont les augmentations consenties dans les autres villes du Québec et ça tourne autour de 2,5 pour cent. Nous sommes donc un peu plus bas. On ne veut pas, à Sherbrooke, aller à la guerre pour l'ensemble du monde municipal en offrant moins. On ne gagnerait rien d'une grève générale de nos syndicats sur une longue période parce qu'on déciderait, passez-moi l'expression, d'aller au

bat pour les autres. Le contexte sera différent la prochaine fois », croit le maire.

En supposant que les amendements au Code du travail viendront plus vite que tard, n'aurait-il pas été plus avantageux pour la Ville de conclure une entente de courte durée ?

« Il y a déjà 18 mois qui sont écoulés, il reste trois ans et demi. C'est à peu près le temps que le gouvernement du Québec mettra pour mieux nous outiller. On n'est donc pas en décalage par rapport aux changements qui nous permettront de négocier autrement », répond à ce sujet Bernard Sévigny.

L'administration municipale avait été prévoyante, elle nous a taxés en 2015 pour couvrir des hausses de 2 pour cent pour tous ses employés. Encore faudra-t-il que les autres groupes s'en contentent.

Selon les prévisions budgétaires, de 101,7 M$ qu'elle était l'an dernier, la masse salariale sera de 103 M$ en 2015. La croissance réelle ne serait donc que de 1,3 pour cent.

« Vous vous souvenez que nous nous sommes fixés l'objectif d'abolir 100 postes. Dans le rapport d'étape que nous livrerons lundi, vous verrez que nous sommes en avance sur l'échéancier. On contrôle la masse salariale avec le nombre de postes plutôt qu'avec les salaires », se réjouit le maire.

Ça calme un peu l'irritation et ça ménage un brin nos portefeuilles, mais à quand le jour où un employé municipal sera payé au salaire du peuple plutôt qu'à celui des rois ?

Ce n'est pas de l'envie ou de la jalousie. C'est juste d'appliquer à tout le monde le principe d'équité auquel les salariés municipaux tiennent tant en se comparant les uns aux autres, dans leur cercle d'enfants gâtés.

Le cercle vicieux qui égorge le payeur de taxes.

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