Sherbrooke et Magog parmi les moins gourmandes

Le fardeau fiscal des propriétaires de résidences unifamiliales... (IMACOM, René Marquis)

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Le fardeau fiscal des propriétaires de résidences unifamiliales de Sherbrooke et Magog a augmenté moins rapidement que dans des villes de taille comparable au cours des cinq dernières années.

IMACOM, René Marquis

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<p>Luc Larochelle</p>
Luc Larochelle
La Tribune

Le Centre sur la productivité et la prospérité de HEC Montréal a publié cette semaine l'édition 2015 de son Palmarès des municipalités du Québec en se référant essentiellement à la croissance des dépenses municipales dans les villes et villages de la province.

Poursuivons l'exercice sous un autre angle, en examinant la vitesse avec laquelle l'argent sort de nos poches.

L'un est lié à l'autre, mais ce n'est pas nécessairement parce qu'une ville dépense moins ou mieux (selon les critères de cette étude comparative) au cours d'une période donnée, qu'elle ménage pour autant ses contribuables.

Par exemple, Trois-Rivières est classée première dans le Palmarès 2015 parmi les dix plus grandes villes de la province alors que Sherbrooke occupe le troisième rang. Entre 2010 et 2014, la charge fiscale moyenne a augmenté de 11 pour cent à Sherbrooke et de 18 pour cent à Trois-Rivières. À Saguenay, la croissance a été de 12 pour cent.

Sur une plus longue période, soit depuis la fusion municipale de 2002, la charge fiscale moyenne a bondi de 46 pour cent à Sherbrooke, de 51 pour cent à Saguenay et de 71 pour cent à Trois-Rivières.

Ces pourcentages ne reflètent qu'un volet de la taxation. Les montants perçus auprès des propriétaires d'immeubles à logements, des commerces ou des industries en sont exclus.

La «charge fiscale moyenne» est toutefois calculée uniformément partout au Québec et est inscrite dans le Profil financier que les municipalités doivent produire annuellement. Correspondant à la facture d'une propriété unifamiliale moyenne (calculée en tenant compte de toutes les taxes applicables), elle représente l'effort de la masse des contribuables.

«C'est un indice de notre rigueur budgétaire. Ça ne fait pas toujours l'affaire à l'interne quand j'insiste pour garder l'IPC comme référence, mais nous sommes près de notre cible», se réjouit le maire de Sherbrooke, Bernard Sévigny.

Entre 2010 et 2014, l'Indice des prix à la consommation (IPC) a augmenté de 9,1 %.

Est-ce dire alors que le ton est alarmiste quand les élus se plaignent des salaires et des régimes de retraite des employés municipaux?

«Ça, c'est l'illusion d'optique! Une fois que vous avez ajouté 10,7 M$ dans le budget municipal pour renflouer les caisses de retraite, si vous maintenez la dépense, vous n'aurez pas nécessairement à aller chercher plus d'argent en taxes l'année suivante. Mais c'est de l'argent que vous n'avez pas pour des dépenses productives. Il faut que le rapport de force change», réitère le maire Sévigny.

Magog est une autre ville ayant contrôlé son appétit fiscal au cours des cinq dernières années.

«Nous bénéficions d'une bonne croissance, qui génère des revenus additionnels. Nous économisons 650 000 $ par année depuis que nous avons révisé notre politique de déneigement et nous ne dérogeons pas à notre politique de gestion de la dette», illustre la mairesse Vicky May Hamm.

À l'opposé, bien que Drummondville occupe la première place au Palmarès 2015 parmi les villes de 50 000 à 100 000 habitants, la charge fiscale moyenne de ses citoyens a augmenté de 15 pour cent depuis cinq ans.

«Nous avons investi dans l'amélioration des services, notamment avec l'Aqua complexe ou en ajoutant une nouvelle surface glacée. Pour nous, c'est la finalité qui compte. Notre taux de taxation demeure très concurrentiel, il reste l'un des plus bas au Québec. Je suis très confortable avec notre gestion», assume le maire Alexandre Cusson.

Lorsque La Tribune a publié ces mêmes comparables pour la période 2002 à 2009, on observait une croissance deux fois moins rapide du fardeau fiscal à Drummondville qu'à Sherbrooke.

Par ailleurs, après avoir progressé de 47 pour cent de 2002 à 2009, la charge fiscale moyenne a connu une croissance plus modérée à Granby entre 2010 et 2014. La hausse a été de 12 pour cent.

Il y a dix ans, l'écart favorable à Granby sur la charge fiscale moyenne était de 481 $ par rapport à Sherbrooke. Il n'est plus que de 171 $.

Selon Bernard Sévigny, les élus municipaux ne reçoivent pas le crédit de leurs efforts de gestion.

«Lorsque les citoyens m'interpellent à propos des taxes, ils ne font pas nécessairement la distinction entre le municipal et le scolaire. Quand nous nous efforçons de limiter la ponction supplémentaire à 3 M$ et que je vois la Commission scolaire venir en chercher plus de 14 M$ sur quelques années dans sensiblement le même champ foncier, ça m'écoeure! On essuie les critiques pour les autres.»

***

À quoi correspond la charge fiscale moyenne?

Elle représente la facture de taxes d'une résidence unifamiliale moyenne (incluant les condos) en tenant compte de toutes les sources de taxation (taxe foncière et taxes pour les services).

Note : L'indice des prix à la consommation a été de 9,1 % au cours de la période 2010-1014.

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