Une autre trouée sur Wellington

Le guichet de Service Canada quittera la rue... (Imacom, René Marquis)

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Le guichet de Service Canada quittera la rue Wellington Nord en juin et sera relocalsé dans l'édifice de la Place de la Cité sur la rue Marquette. Trois étages de bureaux se libéreront dans le bas du centre-ville. La rationalisation au sein de l'appareil fédéral a mené au fil des ans à une importante baisse d'effectifs.

Imacom, René Marquis

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<p>Luc Larochelle</p>
Luc Larochelle
La Tribune

Les structures gouvernementales rapetissent et les besoins d'espaces à bureaux aussi. Le guichet fédéral de Service Canada, pour ce qu'il en reste à Sherbrooke, changera d'adresse en juin.

Ottawa n'a pas renouvelé son contrat de location dans l'édifice du 124 de la rue Wellington Nord. Le gouvernement fédéral regroupera ses effectifs sur le plateau Marquette, au 50 Place de la Cité.

À peine une vingtaine de fonctionnaires fédéraux occupent actuellement les bureaux de la rue Wellington, qui ont déjà compté jusqu'à 150 employés.

«Voilà l'effet pervers de la centralisation et des regroupements de services dans des villes représentées par un député conservateur», ironise un porte-parole de l'Alliance de la fonction publique du Canada, Patrick Leblanc.

Le représentant syndical réfère au choix de Thetford Mines, dans la circonscription du ministre Christian Paradis, pour l'établissement de l'un des centres de l'assurance-emploi. La presque totalité des services aux chômeurs offerts dans le passé à Sherbrooke est maintenant rendue à distance.

Les réaménagements qui se produiront au cours des prochains mois s'appuient sur une logique budgétaire puisque le fédéral regroupera ses effectifs dans un immeuble lui appartenant, à l'intérieur duquel la réduction de personnel dans d'autres ministères a eu pour effets de libérer de l'espace.

Le contrat initial de location pour répondre aux besoins de Service Canada prévoyait l'occupation de trois étages sur Wellington Nord.

«On voyait les effectifs diminuer mais on gardait quand même espoir que les opérations soient maintenues. Pour nous, c'est un choc puisque 21 000 pieds carrés de bureaux, tu ne loues pas ça à n'importe qui», réagit Alain Dion, copropriétaire de l'immeuble logeant actuellement le guichet fédéral.

«Au moins, ce n'est qu'un déplacement de personnel et il se produira à l'intérieur du périmètre du centre-ville», atténue pour sa part le président du comité exécutif, Serge Paquin, qui est aussi le représentant du secteur.

Reste que les services fédéraux ayant pignon sur la rue Wellington ont souventes fois servi d'exemple pour démontrer le potentiel institutionnel du secteur ainsi que la possibilité de concilier les besoins des usagers et l'offre de stationnement.

Rien n'annonce la relocalisation à court terme des bureaux de Développement économique du Canada, situés un peu plus au nord sur Wellington.

«Le bail de location est valide jusqu'au printemps 2020 et nous n'avons aucune indication d'un possible déménagement» précise du moins le directeur régional de la société immobilière Olymbec, Robert Drouin.

La direction régionale du ministère québécois de l'Immigration, de la Diversité et de l'Inclusion, qui était logée dans le même immeuble appartenant à Olymbec, a fermé ses portes en décembre. Les bureaux n'ont toutefois pas encore été vidés.

«Les promoteurs du centre-ville réussissent à attirer du monde mais ils peinent à les retenir», ajoute M. Drouin.

Le directeur général de Commerce Sherbrooke, Gilles Marcoux, encaisse le coup sans défaitisme.

«Faut pas s'attendre à ce que des coupes gouvernementales soient sans répercussions dans une capitale régionale. À court terme, ce n'est assurément pas une bonne nouvelle. Par contre, nos ancrages sont beaucoup plus solides qu'ils l'étaient dans le passé. Je suis en lien avec une entreprise privée à la recherche d'une superficie de bureaux comparable à celle qui va se libérer.

«J'ai également eu vent que la nouvelle corporation régionale qui s'occupera de la santé avait commencé à sonder le terrain. De même, il serait toujours de l'intention du gouvernement Couillard d'ouvrir des super-cliniques médicales. Les besoins changent, mais ils ne sont pas moins grands», croit M. Marcoux.

Le conseil municipal de Sherbrooke a décidé, il y a quelques années, de restreindre au centre-ville l'implantation de bureaux de moyenne et de grande superficie.

«C'est une orientation connue, qui sert de cadre de référence pour toutes les organisations ayant des projets à l'étude et notre meilleure police d'assurance est de ne pas en déroger. Il ne faut pas voir dans les conséquences immédiates d'une réorganisation gouvernementale une quelconque désaffection du centre-ville.

«Dans quelques années, vous conviendrez probablement avec moi que la transition qui s'opère aujourd'hui a créé des opportunités. À nous de les saisir», affirme avec conviction Gilles Marcoux.

Peut-être. Souhaitons-le.

Mais pour le moment, on recule du pas que l'on croyait avoir franchi il y a dix ans.

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