Ruades à l'hôtel de ville

Pour être au-dessus de tout soupçon, un élu sherbrookois doit déclarer par... (Archives, La Tribune)

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<p>Luc Larochelle</p>
Luc Larochelle
La Tribune

Pour être au-dessus de tout soupçon, un élu sherbrookois doit déclarer par écrit « tout don, marque d'hospitalité ou avantage » de plus de 75 $. C'est une prescription du code d'éthique.

On a appris cette semaine que, dans un échange de bons procédés, de coûteux équipements achetés pour la Place Nikitotek sont mis à la disponibilité du producteur du spectacle De Willie à Dolly, si l'une de ses équipes en a besoin ailleurs. Façon de compenser, nous dit-on, pour l'usage d'équipements appartenant au promoteur privé que l'organisation sherbrookoise n'a pas à louer.

Si je réserve le Centre de foires pour un salon en me montrant particulièrement accommodant envers les gestionnaires, pourrais-je emprunter des tables et des chaises le jour où j'organiserai un bal en blanc?

Le deal concernant les équipements de la Place Nikitotek ne procure d'avantages individuels à personne. N'empêche, Destination Sherbrooke gère des biens publics et toute utilisation du bien public doit être balisée avec des règles préalablement établies et connues des contribuables.

C'est d'ailleurs ce que les deux parties s'apprêtent à faire dans l'entente de dix ans qui sera soumise pour approbation au conseil municipal, en vertu de laquelle la Ville doit récupérer sa mise de fonds estimée à 850 000 $ pour couvrir l'amphithéâtre extérieur d'un toit.

Il aurait dû en être ainsi dès le départ. La meilleure protection contre l'acharnement dont se plaignent parfois des administrateurs et des gestionnaires de Destination Sherbrooke serait d'avoir un peu plus d'instinct!

Le spectacle, le toit, l'idée même d'investir autant d'argent dans ce projet, la Place Nikitotek est la Cité des Rivières de Bernard Sévigny. Ce dernier doutait d'ailleurs du temps où il critiquait lui-même les priorités de son prédécesseur Jean Perrault.

Aujourd'hui engagé dans le même crédo du « crois ou meurs », le maire Sévigny doit composer avec les tiraillements en espérant que le temps finira par lui donner raison. Si le spectacle devient un succès de foule, il remportera son pari. Si les résultats demeurent en deçà des attentes, ça pourrait être son talon d'Achille.

La dualité politique se révèle une fois de plus à travers la ruade d'élus mécontents du processus décisionnel à l'hôtel de ville. Les griefs exprimés par les conseillers Jean-François Rouleau, Pierre Tardif, Hélène Dauphinais et Annie Godbout portent notamment sur ce dossier.

Certaines critiques sont fondées, d'autres moins. Il est étonnant par exemple d'entendre des élus se plaindre d'avoir appris dans les médias que la place Nikitotek allait déménager en 2017. Le réaménagement projeté dans le secteur des Grandes-Fourches rend cette relocalisation tellement évidente.

Que le conseil municipal n'ait pas encore été informé d'une intention à l'étape de la planification n'est pas un manque de considération. C'est le cheminement usuel des dossiers municipaux. Quand arrivera une recommandation, les élus pourront questionner le choix du nouveau site autant que les coûts inhérents à ce déménagement.

Des blâmes sont adressés au maire Bernard Sévigny pour manque de transparence et partisannerie en se référant également à la gestion de Destination Sherbrooke. Ce comité est présidé par Rémi Demers, l'un des dix conseillers municipaux indépendants.

M. Demers a perdu toute considération pour ses collègues non alignés et ne serait plus qu'une marionnette du maire? Est-ce aussi le cas pour la conseillère Chantal L'Espérance qui, sans appartenir au Renouveau sherbrookois, siège à l'exécutif, au comité de retraite ainsi qu'à celui d'Hydro-Sherbrooke?

Peu importe qui était maire, qu'il y ait eu un parti politique dans le décor ou pas, j'ai rarement entendu des élus municipaux affectés à des comités névralgiques se plaindre. Chaque fois que de telles frustrations ont été exprimées, elle venait d'élus d'arrière-ban n'ayant que très peu de responsabilités.

C'était le cas pour M. Sévigny avant de devenir maire. Ce dernier a jugé que son affirmation passerait par un parti politique et c'est ce qui l'a conduit aux commandes de l'hôtel de ville. Les Sherbrookois ont augmenté la représentativité de son parti à la dernière élection et cela, à l'intérieur du cadre démocratique.

N'en déplaise aux élus municipaux ne voyant aucun avantage à l'affiliation politique, la dynamique locale est celle-là. Celles et ceux qui la jugent insupportable n'ont qu'à trouver une façon efficace d'y faire contrepoids.

En politique, ce n'est pas tout de lever la main pour parler. Faut réussir à influencer et cela passe très souvent par la capacité à organiser les choses autrement.

Aux insatisfaits d'identifier la bonne formule pour donner du poids à leurs voix.

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