Une année de consolidation

La Ville de Sherbrooke engrangera en 2015 une... (IMACOM, Julien Chamberland)

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La Ville de Sherbrooke engrangera en 2015 une manne de nouveaux revenus. Taxé cette année comme un terrain vacant de 589 000 $, le complexe VÜ (au centre) aura notamment une valeur imposable de cinq à dix fois plus élevée une fois complété. Le Grand Hôtel Times fera également tomber 872 000 $ de plus dans les coffres municipaux l'an prochain.

IMACOM, Julien Chamberland

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<p>Luc Larochelle</p>
Luc Larochelle
La Tribune

La Ville de Sherbrooke produira son bilan des mises en chantier des douze derniers mois seulement au retour des vacances des fêtes. Les suivis mensuels effectués par la Société canadienne d'hypothèques et de logement (SCHL) ont cependant envoyé durant toute l'année les signaux d'un autre repli, tendance qui devrait se prolonger au cours des deux prochaines années.

L'indice de développement ne se mesure cependant pas qu'en se référant à la valeur des permis délivrés ou au nombre de projets lancés. La rentabilité municipale dépend aussi du type de projets.

Les 400 nouvelles portes en construction de chaque côté du pont Jacques-Cartier représenteront une manne particulièrement payante pour la Ville. Comme ce fut le cas d'ailleurs de la Cité du Parc, qui a meublé le site de l'ancien Canadian Tire. Ce complexe institutionnel et commercial est aujourd'hui taxé par la Ville sur une valeur de 47 M$.

Le site d'implantation du VÜ Sherbrooke n'était qu'un lot vacant en début d'année. Les taxes municipales 2014 ont été calculées sur une valeur de 589 000 $. Les promoteurs (le Groupe Maurice) ayant annoncé des investissements d'une cinquantaine de millions, la valeur taxable sera multipliée par cinq ou par dix une fois les 300 unités complétées.

Dans ce même secteur, le parc de 173 logements des deux tours des Jardins Hauterive, dont la construction remonte à 1977, a une valeur de 11,5 M$ au registre foncier de Sherbrooke.

Même constat au sud de la rivière Magog, où le promoteur sherbrookois Robert Côté érige un autre immeuble locatif sur l'un de ses terrains de la rue du Pacifique. Taxée cette année sur 549 000 $, cette propriété deviendra également beaucoup plus payante pour la Ville. Les édifices voisins ont une valeur taxable de presque 6 M$.

Ces deux projets représenteront à eux seuls (à l'unité) environ 40 pour cent des mises en chantier de la dernière année à Sherbrooke. Les deux ont été lancés sans coûteux investissements municipaux au préalable.

«C'est une année de consolidation. Nous récoltons les fruits de notre politique d'optimisation de l'espace. Nous ajoutons à la richesse foncière avec très peu d'impacts sur les coûts d'exploitation et d'immobilisation de la Ville. Tout cela part de notre planification visant l'équilibre entre la revitalisation, la requalification de certains milieux ainsi que l'expansion contrôlée de la ceinture résidentielle», se réjouit Danielle Gilbert, directrice du Service de la planification et du développement urbain.

Mme Gilbert cite comme autre exemple la Grande Place de l'Est, un développement résidentiel de quelques centaines de portes prenant forme le long de la rue King Est, en face de la Boulangerie Georges. Selon elle, le positionnement du pôle commercial suprarégional de l'est, à l'intersection de la rue Brûlotte et de la 12e Avenue, est venu clarifier beaucoup de choses dans cette partie de la ville.

«En précisant ses orientations, la Ville a mis fin aux tergiversations et a fourni des balises claires aux promoteurs. Là aussi, nous sommes dans un secteur où les services municipaux sont déjà assurés», note-t-elle.

Cette même logique urbaine et financière s'applique au Quartier du Ménestrel, un développement immobilier de 600 unités, voisin de l'école internationale du Phare et du parc Belvédère, aux portes d'un secteur densément peuplé de l'arrondissement du Mont-Bellevue.

La Ville entend rester fidèle à son plan de match pour ouvrir une nouvelle zone résidentielle au centre-ville, en réalignant le boulevard et le pont des Grandes-Fourches vers l'axe de la rue Wellington. Dans ce cas par contre, des investissements publics de l'ordre d'une trentaine de millions sont requis. La contribution municipale serait environ du tiers.

Le retour sur les investissements municipaux structurants est lent, mais la Ville finit par se rapprocher de son profit. Qu'on pense à la Cité des rivières.

La Ville a accordé des avantages fiscaux pour attirer un hôtel à l'intersection King et Belvédère. Le crédit de taxes applicable au bâtiment du Grand Hôtel Times a été de 1 101 600 $ par année depuis son ouverture en 2010. Cette année, il chute à 229 800 $.

C'est donc dire que la Ville commence à toucher des recettes fiscales récurrentes non négligeables pour amortir ses déboursés du passé. Ou pour investir dans un toit à la place Nikitotek.

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