CSAM, ouvre-toi!

Ne m'envoyez pas de courriel pour me signaler qu'il y a une erreur dans le... (IMACOM, Maxime Picard)

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IMACOM, Maxime Picard

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<p>Luc Larochelle</p>
Luc Larochelle
La Tribune

Ne m'envoyez pas de courriel pour me signaler qu'il y a une erreur dans le titre. Je l'aurais écrit autrement si j'avais voulu emprunter la formule magique d'Ali Baba.

Le maire Bernard Sévigny serait par ailleurs le premier à utiliser le «Sésame, ouvre-toi», s'il savait qu'il existe quelque part un butin caché dans lequel il pourrait puiser pour épargner ses contribuables. À quelques semaines de l'adoption du budget 2015, M. Sévigny doit plutôt s'en remettre à sa CSAM à lui, sa Commission sherbrookoise sur les activités municipales, pour absorber les secousses budgétaires de Québec.

M. Sévigny a créé la CSAM au cours de son premier mandat pour «questionner la base des pratiques de l'administration sherbrookoise, à la recherche d'économies et pour dégager une marge de manoeuvre». C'était pour lui une façon habile et prudente de se donner du temps pour initier des changements en profondeur sans trop bousculer.

Quatre ans et six chantiers plus tard, où sont les résultats?

Le maire a maintenant l'obligation d'accrocher des chiffres à ses prétentions. La première ligne qu'il faudra examiner lors de la présentation du prochain budget est celle des économies qui seront associées à la réforme de la gouvernance que M. Sévigny a récemment décrite comme la plus grande avancée de la dernière année.

Le maire a vendu cette réorganisation en annonçant une réduction de coûts de 1,3 M$ dans l'appareil municipal et de 650 000 $ au niveau de la représentation politique. Les économies qui découleront de la réduction du nombre d'élus à l'hôtel de ville, qui passera de 19 à 14, ne demeureront qu'un voeu jusqu'à l'élection de 2017. Par contre, le volet administratif de la réforme peut être initié dès maintenant.

En ce sens, le lac-à-l'épaule de la fin de semaine s'avérera le premier test du maire. Au terme de cette session de travail sur le budget, il sera particulièrement intéressant d'entendre les commentaires de Nicole Bergeron et Chantal L'Espérance ainsi que leur collègue David Price, qui ont tous trois voté contre la réforme de la gouvernance en mettant en doute les économies escomptées.

D'autre part, l'administration Sévigny a imputé l'an dernier les trois quarts de la majoration de taxes de 3,3 pour cent à une décision provinciale. Souvenez-vous, le maire s'était même donné la peine d'écrire une lettre qui avait été jointe au compte de taxes pour blâmer Québec d'avoir réduit le remboursement de TVQ auquel la Ville avait droit.

Même si le gouvernement Couillard vient d'amputer ses contributions d'un autre 4,8 M$, ça manquerait d'originalité d'essayer de nous vendre la même salade. Le maire risquerait même de passer pour un incapable aux yeux de ses commettants.

D'autant que le ministre des Affaires municipales, Pierre Moreau, est allé au-devant des coups en affirmant que les surplus budgétaires de la Ville de Sherbrooke dépassent largement ce manque à gagner. Le maire se ferait également mettre sur le nez que presque la moitié de cette somme est absorbée par l'allègement de 2,2 M$ que la Ville a obtenu avec l'étalement sur cinq ans (au lieu de trois) de la mise en application de la nouvelle grille tarifaire qui grugera à terme le tiers des profits d'Hydro-Sherbrooke.

Les libéraux n'avaient pas le pouvoir de renverser la décision rendue par la Régie de l'énergie du Québec, mais leurs pressions auprès d'Hydro-Québec auraient mené à cette extension que l'administration municipale a accueillie avec soulagement. Le maire Sévigny doit donc doser ses critiques envers le gouvernement provincial.

Plusieurs conseillers indépendants ont fixé leur seuil de tolérance avant que ne s'engagent les débats sur leur budget. En annonçant qu'ils ne cautionneront qu'une hausse de taxes se situant dans la fourchette de l'inflation, ils repoussent l'approche de justification de l'an dernier. En même temps, ils marquent leur terrain.

Il est toujours tentant pour des élus de presser le citron en début de mandat afin de pouvoir lever le pied durant les deux dernières années pour laisser bonne impression lors du rendez-vous électoral. Du temps où le maire de Sherbrooke menait sa barque et chaque conseiller individuellement la sienne, tous les intérêts politiques étaient convergents.

La donne a changé et les indépendants ne peuvent ignorer les gains réalisés par le maire et par son parti à la suite de l'élection de 2013. S'ils se montrent trop conciliants avec le chef du Renouveau sherbrookois, celui-ci se trouvera en bonne position pour leur enlever leur siège en 2017.

Déjà qu'il y en aura cinq de moins qui seront disponibles...

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