Parole donnée, moustache incluse

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Le ministre des Transports Robert Poëti, accompagné des députés Karine Vallières et Luc Fortin.

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<p>Luc Larochelle</p>
Luc Larochelle
La Tribune

J'ai failli m'étouffer en entendant le ministre des Transports, Robert Poëti, exprimer sa fierté de nous donner accès à trois kilomètres supplémentaires de l'autoroute 410 dont le prolongement, a-t-il dit, «chemine à grands pas».

Plutôt à pas de tortue!

Vous signaler, monsieur le ministre, que nous ne sommes qu'à mi-chemin de la distance qui devait être franchie avant les Jeux du Canada de l'été 2013 et que votre collègue Pierre Moreau, ancien titulaire de la charge, nous avait laissés plutôt pantois. Nous n'avions appris qu'après l'élection de septembre 2012 que les fonds nécessaires pour se rendre à Lennoxville n'avaient pas été réservés. Cette surprise avait quelque peu ralenti notre enthousiasme.

J'ai emprunté vendredi le nouveau segment, du chemin de Sainte-Catherine jusqu'à la rue Belvédère. La ride n'est vraiment pas longue. Juste le temps d'arriver sur le haut de la côte du chemin Dunant, qu'on nous prévient du rétrécissement des voies.

Ce n'est qu'un autre tout petit pas, mais il sera utile. Cette ligne droite évitera bien des ralentissements et bien des coups de volant sur l'ancien parcours en cotillon séparant l'Université de Sherbrooke et la Ferme Beaulieu, secteur de transit vers Waterville ou les autres municipalités de la MRC de Coaticook. La suite ne tardera pas - l'appel d'offres sera bientôt lancé pour les quelques kilomètres - pour rallier le carrefour giratoire en place depuis trois ans, au croisement des routes 108 et 143 à l'entrée de Lennoxville.

«Les fonds sont là pour compléter ce premier tronçon d'ici la fin de 2015», a assuré M. Poëti.

Sûr, sûr, sûr?

Allez-vous jusqu'à prendre l'engagement de rendre votre moustache de Movember permanente si jamais les crédits budgétaires ne suivent pas, ai-je demandé par précaution au ministre.

«J'ai porté la moustache durant 20 ans dans une vie antérieure et je n'ai pas l'intention de le refaire», a-t-il répondu.

Cette fois, c'est du solide, la promesse est accrochée aux lèvres supérieures du ministre qui a contracté l'engagement. Les échéanciers sont moins précis pour le prolongement autoroutier jusqu'à la ferme expérimentale, mais là encore, le ministre a exprimé de fermes intentions.

J'en déduis que, de bon aloi, l'ami Poëti nous autorisera à placarder la ville avec sa photo et à s'offrir une séance collective de graffitis si jamais la 410 ne nous mène pas jusqu'aux portes du commerce de L'Ami Denis d'ici la fin de 2015. Comme les députés Fortin, Reid et Vallières ont été témoins du deal, je fournis les crayons et les inviterai si nécessaire à la séance de coloriage pendant la parade du père Noël de l'an prochain.

Nos représentants ne nous laissent plus tellement le choix d'exiger davantage de garanties. Avec toutes les promesses électorales oubliées, leur cote de crédibilité est comme la cote de crédit de la province, elle doit être placée sous surveillance. Faut resserrer les règles de remboursement de leurs «dettes».

J'ai d'ailleurs chargé le député de Sherbrooke, Luc Fortin, de remettre au ministre Martin Coiteux copie d'une lettre d'opinion qu'il a signée en octobre 2012 à titre de professeur des Hautes Études Commerciales (HEC) de Montréal.

Intitulé Une aberration fiscale, le propos se voulait une analyse pointue de l'impact de la modulation de la contribution santé en fonction des revenus des particuliers. L'actuel président du Conseil du trésor relevait alors les incongruités d'une mesure ne pouvant, à son avis, «que nuire à la compétitivité fiscale du Québec».

La nouvelle grille tarifaire pour les garderies, elle, est sans risque? Elle trouve sa pleine justification dans la défense des intérêts des moin biens nantis? Un peu paradoxal, quand même.

C'est l'argument que le député Fortin véhicule aussi : «notre gouvernement protège 107 000 familles contre des hausses de tarifs qui auraient été plus élevées avec l'indexation universelle qu'envisageait le gouvernement péquiste», soutient-il.

Le printemps dernier, durant la campagne électorale, le discours de Philippe Couillard sur les CPE était plus proche de celui de Pauline Marois que de la réforme actuelle, ai-je dû lui rappeler.

Il est articulé et habile, notre jeune député provincial. Mais il devra apprendre à se méfier des contradictions car, un bon matin, il va se réveiller avec un catalogue de photos... et une moustache.

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