L'aéroport par le sud, pourquoi pas?

Des équipes s'affairent aux derniers préparatifs avant l'ouverture... (IMACOM, Maxime Picard)

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Des équipes s'affairent aux derniers préparatifs avant l'ouverture prochaine du nouveau tronçon autoroutier de la 410 entre le chemin Sainte-Catherine et la rue Belvédère. En considérant différents aspects, une fois rendue à la ferme expérimentale de Lennoxville, la voie de contournement sud pourrait s'avérer l'axe pratique pour aller éventuellement rejoindre l'aéroport.

IMACOM, Maxime Picard

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<p>Luc Larochelle</p>
Luc Larochelle
La Tribune

Les deux carrefours giratoires de la rue Belvédère, qui donneront d'ici peu accès à l'autoroute 410, sont ouverts dans l'axe nord-sud pour circuler entre Sherbrooke et Waterville, en longeant le Verger Gosselin.

Pendant ce temps, des sous-traitants effectuent un blitz de pavage, installent des glissières de sécurité et des panneaux de circulation, derniers préparatifs avant l'ouverture du nouveau tronçon autoroutier de 3 km entre le chemin de Sainte-Catherine et la sortie Belvédère.

C'est pour bientôt, assure-t-on à Transports Québec. Ce n'est pas encore fixé dans le temps autrement qu'avec la réponse «d'ici la fin 2014».

Les compressions budgétaires ont ralenti le rythme du prolongement de la 410. Comme on le sait, le «peut-être» ayant précédé les Jeux du Canada de l'été 2013 est devenu «une mise en service fin 2015» pour rejoindre le centre-ville de Lennoxville et le ministère des Transports ne fournit même plus d'échéancier pour atteindre la ferme expérimentale.

Ne rêvons donc pas en couleurs pour la construction de voies rapides en direction de l'aéroport...

Le pragmatisme ne doit cependant pas être une barrière à la prospective. Avez-vous déjà songé qu'il serait aussi pratique et possiblement moins coûteux d'envisager un lien autoroutier par le sud plutôt que par le nord pour se rendre jusqu'à l'aéroport se trouvant aux portes d'East Angus?

Celui-ci se trouvant dans l'axe de l'autoroute 610, en ligne droite, la voie de contournement du nord représente évidemment le chemin le plus court. Mais pas nécessairement le moins compliqué.

Une autoroute ne pourrait remplacer la route 112, qui a de plus en plus l'allure d'un boulevard urbain avec les îlots résidentiels poussant de chaque côté sur le territoire d'Ascot Corner, dans la nouvelle banlieue sherbrookoise. Ça prendrait de nouvelles emprises.

Le secteur de la rue des Boisés est l'un des nouveaux quartiers refuges attrayants, qui prendront rapidement de l'expansion et bloqueront le «corridor d'extension» de la 610. Les maisons poussent aussi le long du chemin Biron. Gardez à l'esprit qu'il a fallu prévoir une courbe au boulevard Lionel-Groulx, dans le nord de Sherbrooke, justement parce que le développement l'a précédé.

Un prolongement de la 610 nous plongerait par ailleurs après seulement quelques kilomètres dans le creux naturel de la rivière Saint-François. Pour comprendre ce que cette topographie implique, allez voir le chantier de dynamitage pharaonique qui prépare l'arrivée de la 410 à Lennoxville en composant avec une semblable dénivellation.

Imaginez ensuite la structure qui devra être construite au-dessus de la voie cyclable, de la rivière Massawappi et de la rue Winder pour atterrir derrière les allées du Vieux Club de Golf Lennoxville. Avec l'équivalent de ce que coûtera cette structure, vous en roulez de l'asphalte sur du plat! Or, il en faudrait une semblable à la hauteur d'Ascot Corner en prolongeant la 610.

On parle pour parler, une fois rendus à la ferme expérimentale, il manquera quoi pour rejoindre l'aéroport? La rivière Saint-François ne représentera plus un obstacle à franchir, la zone urbaine d'Ascot Corner sera de biais, y'aura devant nous un secteur rural moins densément peuplé.

«Je n'avais jamais envisagé cela mais c'est une hypothèse intéressante qui mériterait sûrement d'être approfondie», réagit Réjean Hébert, qui s'était déclaré très favorable à un lien autoroutier vers l'aéroport du temps où il était ministre responsable de l'Estrie.

«Même si ça pouvait représenter quelques kilomètres de plus en distance, je pense que la facture totale serait moindre. Ce serait l'option la plus logique en considérant aussi les facteurs sociaux et environnementaux. Je ne comprends d'ailleurs pas que les plans actuels fassent déboucher l'autoroute 410 sur la route 108 avant la ferme expérimentale. Ce serait plus prévoyant d'amener les voies rapides jusqu'au chemin Spring», croit le président de l'arrondissement de Lennoxville, David Price, qui est aussi membre de la Corporation de développement de l'aéroport.

Les deux universités sherbrookoises sont identifiées parmi les utilisateurs potentiels d'un service aérien régulier. Pour leur personnel et leurs visiteurs, la route du sud serait plus courte que celle du nord. Du parc industriel ou des grands hôtels, la première serait aussi pratique que l'autre.

Why not peanut?

Il n'y a jamais eu de plans au ministère des Transports pour aller rejoindre l'aéroport, ni par la 610 ni par la 410. La page est blanche.

«Comme ce n'est pas demain la veille, on a du temps pour y penser. Personnellement, je ne crois pas que le prolongement de l'autoroute soit une ultime nécessité. On peut très bien composer avec le réseau routier actuel. Il est quant à moi plus urgent que la région se dote d'une zone aéro-industrielle avec le service commercial», estime le consultant Pierre Harvey, mandaté par la Ville de Sherbrooke pour piloter le dossier de l'aéroport.

Y'a pas juste l'aéroport : faut s'aligner avec l'autoroute du Maine qui entrera un jour au Québec par Woburn...

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