Nous sommes Sherbrooke!

La fibre identitaire qui se manifeste dans une... (Courtoisie)

Agrandir

La fibre identitaire qui se manifeste dans une ambiance festive lors des événements sportifs doit être cultivée tous les jours. En renforçant le sentiment d'appartenance, les étudiants seront plus Sherbrookois et les Sherbrookois, plus engagés dans la vie universitaire.

Courtoisie

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
<p>Luc Larochelle</p>
Luc Larochelle
La Tribune

«Prendre légèrement les choses sérieuses et sérieusement les choses légères n'est pas une maxime de débauché, c'est une perle de sagesse.»

J'aime à me rappeler ce bijou de feu Doris Lussier (le Père Gédéon) parce qu'il relativise les choses sans les repousser. Il apaise la rage avec le rire tout en donnant des airs de sévérité à la désinvolture.

Une idée de pitre comme ça, j'écris cette chronique avec mon chandail du Vert & Or sur le dos. Je me suis également pointé pour une entrevue hier dans le bureau du vice-recteur Martin Buteau vêtu de cette façon pour signifier au grand argentier de l'Université : je suis des vôtres.

Les frasques étudiantes n'étaient pas l'objet de notre rencontre, qui portait plutôt sur la caisse de retraite. J'y reviendrai dans une prochaine chronique, car il est intéressant de savoir que c'est «en anticipant les turbulences» que l'Université s'est retrouvée avec un taux de capitalisation de 119 pour cent pour garantir les rentes de son personnel.

Les turbulences étudiantes, elles, les gère-t-on au jour le jour?

Ça nous prend un Tailgate Party, quelques hot-dogs avec une bière à la main, pour se parler de la chose sérieusement dans un cadre détendu. Comme un vrai partisan ne socialise pas avant les matchs sans son chandail, j'ai le mien. En présumant que vous n'attendrez pas que la Coupe du maire soit à l'enjeu, le 1er novembre, pour vous en procurer un.

S'habiller en vert ou en mauve, c'est choisir son camp lors d'un face à face entre le Vert & Or et les Gaiters. S'afficher pour l'une ou l'autre des équipes sportives de nos universités, c'est en même temps manifester son sentiment d'appartenance à Sherbrooke.

On ne cultive pas suffisamment cette fibre identitaire en dehors des événements sportifs. Sur la colline universitaire comme dans la communauté.

J'ai jeté un oeil cette semaine sur la facture des droits de scolarité de ma fille qui fréquente l'UdeS : 29,67 $ pour le transport en commun; 14 $ en don obligatoire à la Fondation; 15,25 $ comme cotisation à l'Association étudiante + 4 $ pour la radio du campus. Parfait.

Mettons qu'on ajouterait 20 $ pour la première session afin que chacune et chacun reçoive un chandail de l'institution avec l'inscription «SHERBROOKE».

Tu participes aux 5 à 7, t'enfiles ton chandail. Tu lèves ton verre, tu es des nôtres. Tu prolonges la fête en ville, t'oublie pas que ton chandail te suit, t'identifie et ta gang de chums te rappelle que tu dois l'honorer où que tu sois.

Tu vis ta vie étudiante à fond, comme un match de football palpitant dont l'issue se décide sur le dernier jeu. En reconnaissant les rôles dévolus à chacun : les policiers sont les arbitres, les chauffeurs d'autobus les chaîneurs le long des lignes de côté. T'as du fun sans bon sens, tout en préoccupant de ne pas devenir le détestable qui passait son temps à t'éclabousser de bière dans les gradins à la rencontre précédente. Y'avait beau avoir de l'ambiance dans le stade, à la longue, ça devenait gossant, pas vrai?

La Ville ne serait plus la seule à voir une escouade verte. L'Université aurait aussi la sienne. Les étudiants-citoyens de Sherbrooke auraient le réflexe de relever le bac roulant qui est renversé au lieu de frapper à coups de pied pour basculer ceux qui sont debout. Les verts du campus prendraient les gens du quartier universitaire par surprise un bon matin en leur offrant une heure de bénévolat.

Voyant cela, nos microbrasseries, elles aussi symboles de Sherbrooke, nous inviteraient à faire un toast à la solidarité et au respect dans des boques avec les logos de nos universités. Les couleurs de nos deux campus seraient affichées partout. Il n'y a pas un endroit où l'on mettrait les pieds à Sherbrooke sans savoir que c'est le territoire des verts et des mauves.

Sherbrooke, c'est cette vie universitaire. C'est son image, son identité, sa vitalité. Nous sommes Sherbrooke!

Sortez les chandails, on fait le party. Conscients par contre de ce que nous refusons de propager comme image dans tout le pays si la turbulence étudiante venait à prendre des proportions démesurées.

Ce n'est pas que l'affaire de la police, de la Ville et de l'Université. C'est aussi la nôtre.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer