Quand la forêt chante

Dans l'expérience iForest du Wild Center de Tupper... (La Tribune, Jonathan Custeau)

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Dans l'expérience iForest du Wild Center de Tupper Lake, 24 haut-parleurs sont essaimés le long d'un sentier pour offrir une expérience musicale immersive.

La Tribune, Jonathan Custeau

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(Tupper Lake) CHRONIQUE / Entendez-vous le chant de la forêt quand vous vous aventurez en nature? Le bruissement des feuilles secouées par le vent et le craquement des troncs qui se balancent s'entremêlent au chant des oiseaux.

Le Wild Center de Tupper Lake, dans l'État... (La Tribune, Jonathan Custeau) - image 1.0

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Le Wild Center de Tupper Lake, dans l'État de New York, est un centre d'interprétation de la nature qui plaira surtout aux enfants.

La Tribune, Jonathan Custeau

Au Wild Center de Tupper Lake, dans les Adirondacks, on propose pour la première fois cette année une forêt qui chante avec des voix humaines. Pour vrai. Le projet iForest, du compositeur anglais Pete M. Wyre, campe, grâce à la technologie, une chorale de 72 voix le long d'un sentier en nature.

La proposition est audacieuse, voire risquée. En milieu naturel, la musique produite par l'homme peut facilement se transformer en bruit. L'effet recherché, le wow, risque d'être rapidement rejeté par le visiteur.On peut penser à la grotte Saint-Michel, à Gibraltar, où des projections lumineuses accompagnées de succès musicaux contemporains viennent détourner l'attention de la splendeur naturelle de l'endroit. Une grande déception!

À l'opposé, Foresta Lumina, à Coaticook, réussit à créer une ambiance magique et enveloppante. Les ampoules, les haut-parleurs, les projecteurs sont camouflés et intégrés au parcours, si bien qu'on oublie qu'ils ont été ajoutés pour créer un univers imaginaire.

Au iForest, on suggère une balade musicale inspirée de la vie sauvage des Adirondacks. Pete M. Wyer ne connaissait rien de la région quand il a été invité pour la première fois dans les Blue Mountains. Il a eu envie de créer une expérience immersive, où la musique nous entoure, nous enveloppe, dans un espace ouvert, grand comme une forêt.

Il s'est inspiré des Mohawks, qui occupaient autrefois la région, et de leurs traditions pour composer

I Walk Towards Myself, espérant permettre aux visiteurs de se connecter à eux-mêmes et, par le fait même, de se connecter à la nature dont ils font partie.

La pièce, interprétée par la chorale The Crossing, est chantée en langue mohawk et diffusée dans 24 haut-parleurs essaimés le long d'un sentier. Chacun diffuse sa propre partition. Selon l'endroit où on se trouve, si on choisit de s'arrêter, de marcher plus vite, et en fonction de la température, du moment de la journée, l'ambiance sera différente. L'objectif est donc de faire de chaque visite une visite unique.

On peut entendre le chant, doux et atmosphérique, dès qu'on approche de la forêt, en traversant le petit plan d'eau situé devant le Wild Center. Pour vraiment apprécier, il est suggéré d'emprunter les sentiers quand ils ne sont pas trop achalandés, pour ne pas briser l'atmosphère. Un bon chasse-moustique évitera aussi une distraction fort désagréable : celle des milliers maringouins qui pourraient prendre le visiteur d'assaut.

Le pari d'intégrer la musique au milieu naturel est réussi. La forêt n'est pas transformée en Disney World pour en faire une attraction tape-à-l'oeil. Mais puisque la comparaison s'impose, il s'agit d'une expérience moins complète, plus métaphorique que Foresta Lumina. À Tupper Lake, pas de légende, pas de magie illustrée. Donc pas de lumières ou d'éléments visuels. Tout se passe à l'intérieur de soi.

Des bancs ont été installés pour nous permettre de nous arrêter, de réfléchir, de nous imbiber. Il est vrai, toutefois, qu'on peut apercevoir les haut-parleurs et que la boucle est un peu courte. On souhaiterait s'enfoncer plus profondément dans la forêt pour que l'immersion soit plus complète.

Si l'installation artistique connaît du succès, elle pourrait revenir l'an prochain, être bonifiée même. En attendant, on peut la visiter jusqu'au 9 octobre.

Et puisqu'on ne roulera pas jusqu'aux forêts de l'État de New York pour une expérience d'une trentaine de minutes, on peut aussi profiter de l'occasion pour visiter le Wild Center lui-même, qui s'adresse surtout aux familles. On peut y voir des animaux, pour la plupart recueillis alors qu'ils étaient blessés, comme une loutre ou un minuscule faucon. On y explique aussi toutes sortes de phénomènes naturels.

Des passerelles en bois forment aussi la Wild Walk, où on peut s'aventurer dans un tronc d'arbre géant, un énorme nid offrant une vue sur la région, ou une gigantesque toile d'araignée. Encore une fois, l'activité plaira surtout aux enfants. Le prix d'entrée du Wild Center inclut la promenade en nature et l'expérience iForest.

Les adultes y trouveront peut-être plus leur compte dans les courtes expéditions en canot avec une guide-interprète, qui expliquera le fonctionnement d'une tourbière et saura trouver les plantes carnivores vivant le long de la rivière Raquette. Avec un peu de chance, vous verrez un cerf, un original, ou comme moi, un aigle à tête blanche.

Suivez mes aventures au www.jonathancusteau.com

Le journaliste était l'invité du Conseil régional du tourisme des Adirondacks, du Wild Center de Tupper Lake et de Finn Partners.




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