L'automne dans Lanaudière

Il suffit de vaincre un tantinet ses appréhensions... (La Tribune, Jonathan Custeau)

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Il suffit de vaincre un tantinet ses appréhensions pour réussir les parcours d'Arbraska de Rawdon.

La Tribune, Jonathan Custeau

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CHRONIQUE / J'ai un peu honte. Un peu honte de dire que je ne connais pas mon Québec comme je le devrais. Un peu honte de passer une dizaine d'heures dans un voyage en avion quand je pourrais m'évader derrière le volant de ma voiture sans me soucier du taux de change. Mais en même temps, souvent, j'ai envie de m'éloigner pour pouvoir vraiment tout débrancher.

À la Sucrerie du Domaine, à Chertsey, le... (Jonathan Custeau, La Tribune) - image 1.0

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À la Sucrerie du Domaine, à Chertsey, le repas carnivore est servi sur un immense brancard.

Jonathan Custeau, La Tribune

Pour débrancher sans se ruiner, pendant la saison des couleurs, y'a toujours Lanaudière. Où? C'est un peu ce que je me disais avant d'y débarquer avec mon gros lot d'ignorance le week-end dernier. Ignorance parce que de Rawdon et de sa région, à part l'orthographe du nom et la présence des chutes, je ne connaissais rien. Demandez-moi ce que vous voulez sur Chefchaouen au Maroc, mais Rawdon? Ben c'est ça. Rouge de honte! Rouge de honte comme les feuilles qui seront tellement éclatantes un peu partout au Québec dans les prochains jours, si seulement la météo nous permet d'en profiter.

Je défendrai toujours la qualité du spectacle de mes montagnes des Cantons-de-l'Est quand les couleurs d'automne se pointent, mais j'avoue que dans le facile, facile, on trouve le Mont-Sourire de Saint-Donat. Un kilomètre de marche, et paf, le panorama intense que nous offre le belvédère. On emmène les enfants, on emmène pitou, et on se gâte dans les couleurs. Un kilomètre et on aperçoit le lac Ouareau et les monts Ouareau et Kaaïkop.

Pour être un peu plus intense, et pour être certain de bien sentir ses abdos le lendemain matin, on ira plus probablement directement dans les arbres, à Arbraska : une autre affaire que je n'essaie que lorsque je m'éloigne de la maison. Arbraska, ce sont des parcours d'aventure dans les arbres, avec des fils suspendus et des tyroliennes.

Vertige et poule mouillée obligent, je m'étais dit que je commencerais par le parcours facile. J'aurais pu dire que j'étais mal chaussé, que j'avais une crampe au mollet, que j'étais allergique à la forêt, mais quand faut y aller, faut y aller. Tant pis pour les trajets faciles, on nous pousse vers le niveau intermédiaire d'emblée. Les faciles sont pour les enfants.

Y'a rien comme se retrouver sur une plateforme à une dizaine de mètres dans les airs, après avoir franchi un pont de corde, pour se demander ce qu'on fait là. Y'a rien comme l'orgueil pour nous forcer à finir le parcours et à clamer haut et fort que c'était facile. Y'a rien comme l'essayer pour avoir envie de recommencer. Amenez-en des obstacles difficiles à franchir.

La vraie de vraie surprise, typique, saisissante et digne de n'importe quelle expérience de voyage à l'étranger, est venue de la Sucrerie du Domaine, située à Chertsey. Cette cabane à sucre gastronomique redéfinit le mot original. À l'automne, loin de la saison des sucres, elle offre des soupers carnivores les samedis de septembre à novembre.

On apporte le vin, on s'assoit et on se laisse servir. Entre chaque ration, on se donne un peu plus d'espace à la ceinture.

Je n'avais honnêtement jamais vu autant de nourriture. Entre les quatre entrées, le repas principal sous la forme d'un festin servi sur un brancard, et les trois desserts, il y a toute l'attention portée aux détails. Tantôt, une rondelle de tronc d'arbre agit comme couvert. On y sert un potage de potiron dans une courge, avec des fromages maison. Tantôt, le dessert de meringues placées en forme de champignons sur un tronc de bouleau crée une ludique illusion.

Le repas carnivore porte particulièrement bien son nom quand le brancard de viandes à partager est déposé sur la table : rôti de boeuf, boudin blanc, joues de porc, bacon maison et os à la moelle ne sont que quelques exemples des mets servis. Surtout, la tourtière AVC a un nom tout désigné. À mon passage, elle était couverte de bison effiloché. Après tout ça, on n'a plus jamais faim.

J'ai mangé de l'alpaga au Pérou, du crocodile au Cambodge et de la méduse au Vietnam, mais je n'avais jamais vu une table dressée comme celle qu'on nous a offerte à Chertsey.

Suivez mes aventures au www.jonathancusteau.com

Notre journaliste était l'invité de Tourisme Lanaudière.

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