Palabres des îles

Ce qui est beau aux îles de la... (La Tribune, Jonathan Custeau)

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Ce qui est beau aux îles de la Madeleine, c'est ce sentiment de bout du monde.

La Tribune, Jonathan Custeau

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(Sherbrooke) La route est longue jusqu'aux îles de la Madeleine. Une vingtaine d'heures, quand on arrondit, pour peu qu'on soit parti de quelque part vers Montréal ou Sherbrooke. Une vingtaine d'heures qui, en mai, promettent de traverser quatre saisons dans la même fin de semaine.

L'archipel du golfe du Saint-Laurent traîne sa réputation : il y vente à écorner les boeufs, ou à faire voler les homards, c'est selon, mais on en revient assurément enchanté. Vérification faite, les rumeurs s'avèrent.

Ce qui frappe, au-delà des petites maisons colorées et du calme qui transpire déjà de Cap-aux-Meules à la sortie du traversier, ce sont les Madelinots. Que ce soient des Aucoin, des Arseneau ou des Lapierre, ils ont tout à raconter. Tout! Ils ont tous au fond d'eux-mêmes un Fred Pellerin qui sommeille et qui ne demande qu'à être réveillé.

Les Madelinots, ils sourient. Et pourtant, avec le sable qui virevolte çà et là, ils auraient toutes les raisons de garder les lèvres bien serrées. Mais ils ont le bonheur tatoué entre les deux yeux. Sont de même.

Avec un petit bol d'air salin dans les bronches, on se déride aussi, pas le choix. Et on écoute les palabres que tout un chacun veut bien nous raconter. Reste à savoir si elles ont été enjolivées un petit iota ou un gros chouïa. À Cap-aux-Meules, justement, Réjean livre sans répit le récit de ses chasses au loup marin. Il raconte comment il saute d'une glace à l'autre pour éviter de sombrer dans les eaux glaciales de l'hiver.

Réjean, c'est celui qui explique pourquoi les îles comptent plus long de plages que de côtes... Parce que certaines plages sont recto verso!

Si ça ne suffit pas, on débarque au Fumoir d'Antan, où Ben à Ben propose d'organiser une épluchette de hareng. Ben à Ben, parce qu'aux îles, on est tous le quelqu'un de quelqu'un d'autre. Quand tout le monde partage un même nom de famille, on se reconnaît en précisant le nom de notre père. Ben à Ben, c'est celui qui jure que son fumoir compte 175 500 poissons à la fois...

Des personnages ces Madelinots? Attrapez-en un au hasard et il trouvera certainement une histoire pour vous captiver. En roulant jusqu'au bout du bout de Grande-Entrée, sur le quai, un homme vous racontera comment il reste là pour faire la conversation pendant que les autres sont partis pêcher le homard. « Vous direz à votre famille de venir me voir », qu'il lance.

Vous n'êtes toujours pas convaincus? Débarquez au restaurant Chez Armand un peu avant l'ouverture officielle parce que votre estomac crie famine et excusez-vous gros comme le bras. « C'est pas grave. Ce ne sont pas dix minutes qui feront la différence », vous rassurera la serveuse.

Et ça, c'est parce que le temps, aux îles, il n'est pas compté à la minute près. Le stress ne parvient pas à grimper les falaises de terre rouge qui composent les îles et restent à l'extérieur. Là-bas, personne ne regardera sa montre en tapant du pied si vous vous pointez trois minutes après l'heure convenue.

La joie de vivre, elle vient peut-être de la couleur vive des jolies maisons ou de la tonne d'artistes qu'on trouve au mètre carré. Ils sont multitalentueux à rendre jaloux. Leur créativité fait rougir.

Et ils sont tissés serré. Serré, serré, serré, comme la pince d'un homard qui refuse de s'ouvrir. Ça, c'est beau à voir. Pas le homard, mais le sens de la communauté tellement caractéristique.

Ce qui est beau à voir, aussi, c'est la tranquillité des plages qu'on parcourt sans se faire importuner. C'est le sentiment de bout du monde, quelque part vers Pointe-aux-Loups ou en chemin vers Havre-Aubert. C'est cette assurance qu'on saura décrocher à prendre le temps, point.

Les îles de la Madeleine, c'est taper du pied au son de la musique country. Les îles de la Madeleine, ce sont les bateaux de pêcheurs et les caisses de homards, les dunes et les phares. Les îles de la Madeleine, c'est savoir en arrivant qu'on voudra assurément y retourner.

Ce voyage a été rendu possible grâce à la collaboration de l'Agence de location Hertz des îles et le parc de Gros-Cap.

Suivez mes aventures au www.jonathancusteau.com

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