À 24 ça va toujours mieux

À notre rythme, nous avons pu explorer Squeaky... (La Tribune, Jonathan Custeau)

Agrandir

À notre rythme, nous avons pu explorer Squeaky Beach et les environs.

La Tribune, Jonathan Custeau

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

(Sherbrooke) Vous avez deux ou trois heures pour que j'expose tout ce qui, à première vue, ne m'intéresse pas dans les voyages de groupe? Pour que je rouspète toutes mes idées préconçues également?

Département des nuances bonjour. La plupart du temps, je fuis les activités de grand groupe en voyage. L'idée d'être captif avec des dizaines d'autres individus qui voudront voir la même chose que moi en même temps que moi ne m'attire pas. Leur présence peut parfois être rassurante, mais elle a aussi tendance à crever ma bulle.

Un groupe, pour moi, c'est la garantie que ceux de devant entameront une conversation avec le guide, pendant que tous les autres à l'arrière suivront sans vraiment savoir ce qu'ils sont en train de voir. C'est aussi une poignée d'étrangers qui délègueront un des leurs pour leur traduire tout ce qui se passe, ce qui produira une trame sonore que je n'avais pas espérée.

Bref, je préfère découvrir à ma façon, à mon rythme, selon mes goûts plutôt que de me sentir pressé par le temps. Si je m'attarde, personne n'attend après moi et vice versa.

Nuances que je disais? C'est qu'il y a quand même quelques occasions pour me faire mentir. Les groupes, je les tolère pour des visites d'une heure ou deux, souvent pour des tours de ville à pied, parce qu'on y rencontre deux ou trois individus dignes d'une longue poignée de main. C'est aussi parce que dans ces occasions, ça ne me dérange pas particulièrement de ne pas savoir où je m'en vais.

J'ai aussi été agréablement surpris en m'enrôlant dans un bus rempli de touristes en Australie. Entre Melbourne et Sydney, les deux villes les plus connues du pays des kangourous, la distance à parcourir est énorme. En train ou en autobus, on perdra un temps fou si on décide de la franchir en un seul voyage.

On m'avait plutôt recommandé de le faire en trois jours sous la forme d'un « tour guidé ». J'ai pilé sur mon orgueil, sur mes préjugés aussi, et j'ai suivi le conseil. Le départ serait donné vers 6 h du matin.

Notre voyage de groupe nous a menés au... (La Tribune, Jonathan Custeau) - image 2.0

Agrandir

Notre voyage de groupe nous a menés au parlement de Canberra, en Australie.

La Tribune, Jonathan Custeau

Complicité

À l'auberge de jeunesse, où le minibus s'arrêterait, nous n'avons été qu'une poignée à nous lever aux aurores. Dès lors, une complicité s'est établie entre ceux qui s'apprêtaient à sortir de l'établissement sur la pointe des pieds. Tous avaient envisagé le même voyage.

Nous nous sommes entassés dans un minibus. Les 24 d'entre nous. Nous venions de partout. Du Canada, bien sûr, du Royaume-Uni, du Brésil, du Danemark et de la France entre autres. Nous étions âgés entre 17 et 65 ans.

Ce qu'il y avait de bien, c'est qu'on ne visitait rien en particulier. Notre principale activité était de franchir la route entre notre point de départ et notre destination. On agrémentait tout ça d'arrêts planifiés, sans pression, sans overdose d'information.

Alors que nous apprenions à nous connaître dans le bus, à changer de siège à l'occasion pour découvrir de nouvelles personnalités, nous nous sommes arrêtés à Squeaky Beach. Le plan : suivre un sentier jusqu'à un parc où notre dîner serait servi. À notre rythme, nous avons exploré, en petits groupes, sans pression. Que dire du pique-nique : une belle occasion pour fraterniser.

En fin de journée, c'est à Ninety Mile Beach que nous avons fait halte pour jouer au frisbee en regardant se coucher le soleil. On ne saurait faire mieux. Et notre guide, qui était également notre chauffeur, servait parfaitement d'animateur.

Le lendemain, on nous laissait le temps voulu pour parcourir le mont Kosciuszko, le sommet le plus élevé d'Australie. Le temps libre, qui nous permettait de nous diviser en sous-groupes, était idéal.

Au final, nous avons aussi visité le parlement de Canberra avant d'aboutir à Sydney et d'aller chacun notre chemin, non sans une traditionnelle photo de groupe. Finalement, je me suis plu.

Nous nous étions tous embarqués dans cette aventure à titre d'inconnus. Nous avions tous nos plans pour notre passage dans la grande ville. Mais plusieurs d'entre nous ont fini par nous retrouver pour prolonger l'expérience de groupe.

Comme quoi, à 24, parfois, le temps passe plus vite. Au diable les idées préconçues.

Suivez mes aventures au www.jonathancusteau.com

Partager

À lire aussi

  • Un thé avec Kotoo

    Le Bourlingueur

    Un thé avec Kotoo

    CHRONIQUE / Toutes les histoires commencent un peu de la même façon. «Hi, where are you from?» D'où viens-tu? Et là, ils veulent pratiquer... »

  • L'escale gratuite au Qatar

    Le Bourlingueur

    L'escale gratuite au Qatar

    La question revient souvent. «Où iras-tu pour ton prochain voyage?» La réponse un peu clichée: «J'ai envie d'aller partout!» Mais il y a de ces pays... »

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer