Pour un flirt à Jaipur

Quand Jaipur célèbre le Festival des cerfs-volants, les... (La Tribune, Jonathan Custeau)

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Quand Jaipur célèbre le Festival des cerfs-volants, les enfants parcourent les rues les mains remplies de losanges de papier.

La Tribune, Jonathan Custeau

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(Sherbrooke) À mon arrivée à Jaipur en Inde, un jeune chauffeur de tuk-tuk m'attendait à la gare. Il guettait les touristes qui s'échappaient du convoi et ne tardait pas à identifier celui qu'il était venu chercher. Il n'y avait quand même pas beaucoup d'étrangers dans la foule. Il marchait d'un pas décidé, avait toute l'énergie de la jeunesse, et n'a pas hésité à m'aider à transporter mes bagages.

J'ignore l'âge de ce jeune chauffeur, mais je présume qu'il avait moins de 20 ans. Dès mon arrivée, il s'est assuré que le courant passait. Il blaguait et m'offrait d'être mon chauffeur n'importe quand pendant mon séjour en ville. Par-dessus tout, il m'invitait à me joindre à lui pour le festival des cerfs-volants, le lendemain.

En me déposant à mon hôtel, il m'a laissé son numéro de téléphone en me disant qu'il pourrait venir me chercher pour faire voler des cerfs-volants chez lui.

J'ai donc atterri dans le secteur résidentiel de Jaipur, en dehors de sa vieille ville et de son mur rose, en dehors du secteur commercial. Les maisons de béton et de briques s'empilaient les unes sur les autres. Les rues étaient bondées d'enfants qui couraient pour récupérer des cerfs-volants abandonnés. Et sur les toits, les adultes faisaient voler des losanges de papier en espérant vaincre leurs voisins en faisant s'écraser leur jouet.

Sur ces toits, il y avait quelques touristes malhabiles, dont moi, qui démontraient un plus grand talent à boire le thé qu'on nous apportait sans cesse qu'à faire flotter quoi que ce soit en défiant la gravité.

Mon jeune chauffeur nous regardait avec fierté, s'amusait de nous voir prendre part aux célébrations de la population locale. Quand nos cerfs-volants ne piquaient pas du nez d'emblée, il applaudissait.

En soirée, après une envolée de lanternes, j'ai jugé qu'il était temps de rentrer.

À l'extérieur de la vieille ville de Jaipur,... (La Tribune, Jonathan Custeau) - image 2.0

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À l'extérieur de la vieille ville de Jaipur, dans les quartiers résidentiels, les maisons de béton et de briques s'empilent les unes sur les autres.

La Tribune, Jonathan Custeau

Flirt malhabile

Mon jeune ami s'est fait un plaisir de me raccompagner. Sur la route, il a aperçu deux Occidentales, probablement Américaines, qui marchaient seules. D'une subtilité inexistante, le chauffeur décide qu'il lui faut leur parler. Épisode de flirt malhabile.

Le problème, c'est qu'il fait noir. Qu'on a entendu que quelques jours plus tôt, une touriste danoise a été violée dans un parc de New Delhi. Que partout dans le monde, les femmes voyageant en solo ou en duo se font dire d'être extrêmement prudentes.

Comprenez bien : le jeune homme n'avait rien de menaçant. Mais les deux voyageuses faisaient preuve d'une prudence raisonnable.

« Je m'arrête et c'est toi qui parles », qu'il me dit le jeune Indien. « Si c'est moi, ça ne fonctionnera pas. »

Sauf que je n'avais pas l'intention de marcher dans son plan. Le tuk-tuk a ralenti et a commencé à suivre les deux jeunes femmes, qui continuaient de marcher d'un bon pas.

Le chauffeur les a invitées à monter, tentant de les rassurer en pointant le Blanc assis à l'arrière comme argument.

Elles m'ont jeté un oeil, le temps que je leur mentionne que j'étais désolé. Ça les a un peu rassurées que je n'insiste pas. Mon nouvel ami indien se montrait exaspéré que je ne collabore pas. Il ne comprenait pas que c'était perdu d'avance.

Devant le peu de succès de son entreprise, il a remis les gaz et a fait demi-tour pour aller mettre de l'essence. Voilà qui entachait sa faible crédibilité, alors que son argument massue était : nous allons au même endroit que vous.

Une fois le plein réalisé, le jeune homme trop enthousiaste a rattrapé les deux étrangères, qui n'en croyaient pas son insistance. Une bière? Un thé? Toujours la même réponse : non!

En fait, pour être polies, les demoiselles ont opté pour la méthode douce : peut-être demain. Un non subtil que j'ai dû expliquer à notre homme, qui a finalement abandonné, non sans me reprocher mon manque de coopération.

« Elles étaient sur le point d'accepter », qu'il disait. L'amour est aveugle, qu'on dit.

Efficacité du flirt : zéro!

Suivez mes aventures au www.jonathancusteau.com

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