Le 4 juillet aux États-Unis

J'ai poussé le rêve américain jusqu'au bout en... (La Tribune, Jonathan Custeau)

Agrandir

J'ai poussé le rêve américain jusqu'au bout en me rendant voir la grande dame de Liberty Island. Partout dans le ciel, plus que les autres jours, des hélicoptères traçaient de grands cercles.

La Tribune, Jonathan Custeau

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

(Sherbrooke) Quatre, trois, deux, un... Bonne année! Les confettis partout sur Times Square, la foule compacte qui s'agite, bruyante, et les rock stars qui prennent d'assaut la grande scène. Le Nouvel An mythique, c'est celui des feux d'artifice au-dessus de l'Opéra de Sydney, en Australie, alors que nous comptons encore un an de retard ici, et celui des Américains dans la Grosse Pomme.

En dressant la liste des événements magiques auxquels les voyageurs pourraient assister, se souhaiter la bonne année sous une pluie d'artifice figure certainement auprès du festival de Woodstock, du Burning Man, des Jeux olympiques et de la Fête des couleurs, la Holi, en Inde. Les yeux du monde entier sont tournés vers les métropoles qui accueillent l'avenir en rassemblant des millions de personnes en une seule et même célébration.

En revenant de ma première escapade à l'étranger, ma liberté nouvelle, trouvée quelque part entre deux trains en retard, se montrait toujours prête à s'émanciper. Soyons fous. Rêvons. Times Square le 31 décembre, il n'y avait que ça de vrai.

C'est quand on se projette dans la réalité que ça devient moins tentant. Se noyer dans une vague énorme d'inconnus par une température glaciale, même si c'est la fin de l'année, ça me disait moins. C'était sans compter qu'il fallait certainement se présenter des heures à l'avance et attendre longtemps avant que les célébrations commencent. Et soyons honnêtes, les chances de voir autre chose que la nuque de la personne devant nous sont plutôt minces.

L'ambiance vous direz? Oui, il y a l'ambiance...

J'ai donc opté pour un plan B: le 4 juillet aux États-Unis. Considérant la fierté avec laquelle ils entonnent Star Spangled Banner et God Bless America, les Américains ont sans doute la festivité encore plus joyeuse pour célébrer leur indépendance. C'est ce que je croyais.

New York n'était pourtant pas parée de décorations particulières ce 4 juillet-là. J'imaginais une ferveur, un chauvinisme inégalé, des gens qui parcouraient les rues avec des trompettes, quelque chose... Presque niet.

J'ai poussé le rêve américain jusqu'au bout en me rendant voir la grande dame de Liberty Island. Partout dans le ciel, plus que les autres jours, des hélicoptères traçaient de grands cercles. On aurait cru la ville en état de siège. L'envie de célébrer était modérée par la sécurité omniprésente. Quand la paranoïa plane, ça tue un peu le plaisir et la spontanéité.

En début de soirée, les foules ont envahi les rives de la East River, au-dessus de laquelle le magasin Macy's lance une multitude de fusées colorées pendant une trentaine de minutes. Ces feux d'artifice sont reconnus comme étant spectaculaires. L'autoroute riveraine est d'ailleurs fermée entre la 10e et la 42e Rue environ.

S'il n'avait pas plu 30 minutes avant le début du spectacle, nul doute que les pétards m'auraient tiré un ou deux «wow». Le nuage de fumée qui languissait sur la East River n'a malheureusement pas produit cet effet.

Le défilé avec des personnages de dessins animés... (La Tribune, Jonathan Custeau) - image 2.0

Agrandir

Le défilé avec des personnages de dessins animés gonflables, à Washington D.C., n'était pas aussi spectaculaire que je l'aurais espéré pour célébrer le 4 juillet.

La Tribune, Jonathan Custeau

Un seul bloc

Ce sont plutôt les huit millions de fêtards qui prenaient les rues et le métro d'assaut, à l'issue de la représentation, qui m'ont laissé un souvenir impérissable. Si tous étaient arrivés à une heure distincte pour observer les feux d'artifice, la foule se déplaçait en un seul bloc une fois la dernière pièce pyrotechnique explosée.

Jamais n'ai-je compris le danger des mouvements de foule autant que ce soir-là. Arrivant à peine à toucher le sol, compacté entre un inconnu et un autre inconnu, j'avançais un peu malgré moi vers le métro. Liberté de mouvement: zéro. Vulnérabilité totale.

Au bout du parcours, n'entrait pas dans le métro qui voulait. Des agents de sécurité fouillaient les sacs, analysaient leur contenu et restaient vigilants à la recherche d'explosifs. Alors qu'une amie transportait un énorme sac à main qui aurait pu dissimuler tout le stade Olympique, c'est à moi qu'on a demandé de montrer patte blanche... Allô la confiance. Avoir les cheveux foncés et porter la barbe un 4 juillet, on dirait que ça soulève des doutes.

Parce qu'il faut toujours donner une deuxième chance, j'ai renouvelé l'expérience deux ans plus tard. Washington D.C. me paraissait l'endroit idéal pour effacer ma première impression du 4 juillet américain.

Les tireurs d'élite sur le toit de la Maison-Blanche, le défilé avec des personnages de dessins animés gonflables et les feux d'artifice observés à partir du Jefferson Memorial ne m'ont pas rallié davantage. Je pense que j'aurais préféré que des gens parcourent les rues en soufflant dans des trompettes, comme au Carnaval de Québec...

Peut-être devrais-je revenir à l'idée du Nouvel An à New York...

Suivez mes aventures au www.jonathancusteau.com

Partager

À lire aussi

  • Voyager avant Facebook

    Le Bourlingueur

    Voyager avant Facebook

    La technologie change assurément les façons de voyager. Il n'y a qu'à penser au GPS, qui nous sort du pétrin sans que nous ayons plus besoin de... »

  • Un arrêt au cimetière

    Le Bourlingueur

    Un arrêt au cimetière

    Les parcs grouillent de vie, entre les lacs et plateaux de verdure où les couples s'arrêtent pour un pique-nique. J'aime bien m'y poser, partout dans... »

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer