La semaine en or au Japon

Il m'a fallu être créatif pour pouvoir visiter... (Photo La Nouvelle, Jonathan Custeau)

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Il m'a fallu être créatif pour pouvoir visiter Kyoto même s'il ne restait plus un seul lit pour les touristes dans toute la ville.

Photo La Nouvelle, Jonathan Custeau

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Jusqu'à aujourd'hui, les choses ont toujours fini par s'arranger quand un pépin est survenu en voyage. Il faut parfois être créatif et flexible, mais on trouve toujours une solution qui, au bout du compte, paraît plus intéressante que l'idée initiale. Et des fois, on dirait que l'histoire se répète.

J'avais déjà eu la surprise d'arriver à Melbourne en Australie dans la semaine du Grand Prix de Formule 1. Les hôtels pleins, les changements de plans, j'avais expérimenté.

Le sentiment de déjà-vu s'est pointé à Pékin, en Chine, deux jours avant mon départ pour le Japon. C'était la fin du mois d'avril. Profitant d'une pluie torrentielle qui m'avait convaincu de prendre une journée de repos, j'avais entrepris de me documenter sur le Japon.

Mon coeur s'est mis à palpiter quand j'ai eu l'excellente idée de vérifier les événements majeurs auxquels je pourrais prendre part. La semaine en or, aussi connue sous le nom de Golden Week, survient fin avril, début mai. À première vue, un événement tout japonais, moi, ça me disait bien. Où est-ce qu'on signe?

Le diable est dans les détails, dit-on. La semaine en or, ce n'est rien d'autre que l'accumulation de quatre jours fériés sur une période de sept jours ouvrables. La plupart des Japonais profitent de l'occasion pour visiter leur famille ou pour devenir touristes chez eux et explorer d'autres parties du pays. Les services de transport sont bondés, les hôtels sont pleins, les prix grimpent de manière vertigineuse et les attractions touristiques sont particulièrement courues. Quelle veine!

Comptant sur mon karma qui m'en devait bien une à cause de mes péripéties en Australie, j'ai commencé à planifier mon séjour. Tout se passait bien jusqu'à organiser mon temps à Kyoto, ville aux 1000 temples, assurément incontournable.

Quel que soit le parcours que j'imaginais, je me retrouvais toujours sans toit pour deux nuits consécutives. Plus rien à Kyoto. Plus rien à Nara non plus, à une quarantaine de minutes de train.

J'ai donc tendu des perches sur le site Couchsurfing, où les gens proposent d'accueillir des voyageurs chez eux tout à fait gratuitement. J'ai envoyé des dizaines de messages. Les quelques Japonais qui m'ont répondu m'ont tous expliqué qu'ils m'auraient accueilli avec joie, mais qu'ils profiteront de la semaine en or pour sortir de la ville.

Ça tombait sous le sens, mais il fallait bien essayer.

M'est donc venue l'idée de m'expatrier à Osaka et de réaliser jour après jour les allers-retours vers Kyoto. En train rapide, il fallait compter un peu plus de 30 minutes entre les deux villes. C'est fou comme la solution qui semblait farfelue d'emblée prenait tout à coup de la valeur.

Mes recherches d'hébergement à Osaka me donnaient deux options. Enfin un toit! Il y avait l'hôtel de capsules, typiquement japonais, qui me paraissait un peu cher pour vivre le folklore du pays. Il y avait aussi une toute petite auberge mal répertoriée, mal notée par les utilisateurs, dans un quartier où il n'y a rien à voir.

J'ai tergiversé un brin avant d'opter pour l'auberge. La toute petite maison, nichée au creux des gratte-ciel, donnait l'impression d'être abandonnée. Le seul dortoir était aménagé à l'étage, une espèce de grenier au milieu duquel trônaient trois assemblages de lits superposés. On aurait dit un dortoir de camp de vacances.

Au final, j'y ai rencontré des amis géniaux, j'ai découvert un restaurant de sushi réputé d'Osaka à deux coins de rue et j'ai pris le train matin et soir pour Kyoto. Le train me déposait à la gare centrale, là où la plupart des autobus transitent pour les coins les plus isolés de la ville. C'était probablement plus utile, en fin de compte, que si j'avais dormi directement à Kyoto.

Suivez mes aventures au www.montourduglobe.com

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