Éloge de la flexibilité

Être flexible, c'est aboutir à Mykonos, en Grèce,... (Photo La Nouvelle, Jonathan Custeau)

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Être flexible, c'est aboutir à Mykonos, en Grèce, découvrir ses moulins à vent, ses plages et ses centaines d'églises, alors qu'on planifiait de s'envoler vers la Lituanie.

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Tout réserver avant de partir en voyage? Pas mon genre. Plus maintenant! Je mentirais si je disais que je n'ai pas été de ceux qui, avant même d'avoir bouclé mes valises, prévoyaient de réserver chaque train, chaque autobus, chaque chambre d'hôtel. Fini ce temps-là. Trop de stress.

Suffit d'avoir son bel itinéraire réglé au quart de tour pour que tout soit chamboulé à la dernière minute parce que le train choisi est en retard ou parce que finalement, on voudrait bien rester à Lyon un soir de plus, mais que l'hôtel est déjà réservé à Paris.

Bien sûr, il faut apprendre à se faire confiance, sans quoi on se rongera les ongles jusqu'à la première phalange. Mais avec un soupçon de débrouillardise, on s'adapte à tout, et on fait même des découvertes insoupçonnées.

Plus je voyage, plus j'ai tendance à remanier mon horaire en cours de route. C'est devenu une habitude, tellement que je change aussi de destination à quelques semaines d'avis. Pendant que d'autres ont déjà leurs billets en main pour ce voyage en Autriche, en juin 2018, moi, je viens de troquer la Colombie, que je devais visiter, pour le Sri Lanka. Départ dans à peine plus d'un mois.

Autre exemple : en suivant le courant, j'étais arrivé par mégarde à Melbourne, en Australie, quelques jours avant le Grand Prix de Formule 1. Jusqu'au jour des essais libres, on pouvait toujours trouver un lit quelque part, mais mon auberge, située juste en face de la piste de course, affichait complet par la suite.

L'imprévu m'a permis de faire la connaissance de deux inconnus avec qui j'ai ratissé l'une des plus belles routes panoramiques du monde pendant quatre jours. Nous sommes partis, avec une voiture louée, dans un roadtrip bien sûr improvisé.

Il est vrai que la flexibilité s'impose un peu d'elle-même quand on s'envole pour plusieurs mois. La tâche de planifier chaque jour avant le départ, sans tenir compte de la température, des virus qui pourraient nous ralentir ou des rencontres exceptionnelles qu'on réalisera, relève de la pure utopie.

Quand il m'est venu l'idée un peu saugrenue de partir de la Jordanie pour atteindre la Lituanie, j'ai rapidement réalisé qu'il en coûterait beaucoup moins cher si j'effectuais une escale dans une grande ville européenne. Les trajets passant par Rome, Paris et Athènes offraient des économies considérables. Tant pis pour les vols directs.

Quelques minutes avant de me poser dans la capitale grecque, j'ignorais encore comment j'occuperais les jours qui s'annonçaient. Après tout, c'était la Lituanie que je voulais voir. J'ai choisi de me laisser porter par le vent. Entre le Parthénon et l'île de Mykonos, j'ai rencontré un de ceux que je considère encore aujourd'hui comme un de mes meilleurs amis. Tout à coup, je ne voulais plus quitter ce pays où je ne devais même pas passer.

Être flexible, c'est aussi évaluer les risques, admettre qu'on s'est trompé et faire preuve de résilience le moment venu. C'est accepter que l'avion qui a décollé avec deux heures de retard ne nous permettra pas d'attraper le vol suivant comme prévu. C'est attendre avec impatience les autobus qui doivent cueillir les passagers d'un train immobilisé en raison de l'état du chemin de fer. C'est admettre qu'on s'est fait arnaquer et éviter de gâcher le reste du voyage pour autant.

Être flexible, c'est penser rapidement quand on réalise qu'on vient de mettre le pied dans un piège grand comme ça. On se doute bien qu'un arnaqueur, dans un temple chinois par exemple, n'acceptera pas de nous laisser partir sans une contribution en échange d'une soi-disant bénédiction que nous n'avions pas demandée. Pense vite! Laisse-le croire que tu es fauché.

Être flexible, c'est rester calme en tentant de convaincre un policier vietnamien que le permis de conduire qu'on a soudainement retrouvé dans nos bagages est bel et bien le document qu'on prétendait ne pas avoir deux minutes auparavant.

Être flexible, c'est accepter de prêter de l'argent à des inconnus qui se sont montrés trop lunatiques pour en emporter au moment de payer le visa qui leur permettra de quitter l'aéroport. C'est leur offrir de nous accompagner jusqu'à l'hôtel, où ils pourront peut-être aussi s'offrir une chambre.

Être flexible, c'est se laisser surprendre, se laisser émerveiller, lâcher prise en faisant le plein d'histoires qu'on se plaira à raconter. Parce que ce sont toujours les imprévus qu'on retiendra le plus. Maintenant, quand je m'envole, j'ai hâte aux imprévus bien plus qu'aux activités que j'avais planifiées...Suivez mes aventures au www.montourduglobe.com

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