Un hiver chez Bonhomme

L'Hôtel de glace de Québec, avec son bar... (La Nouvelle, Jonathan Custeau)

Agrandir

L'Hôtel de glace de Québec, avec son bar de glace et ses sculptures sur neige, a tout ce qu'il faut pour étonner le visiteur étranger au froid québécois.

La Nouvelle, Jonathan Custeau

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

Le Dalaï-lama, dans ses 18 règles de vie, recommande de visiter de nouveaux endroits le plus souvent possible. C'est un peu, consciemment ou non, ce qui guide le choix de chaque nouvelle destination. J'aimerais revoir Berlin, mais il y a tellement de villes et de pays où je ne suis jamais allé... Quand j'hésite, je choisis un pays où je ne me suis pas encore planté les pieds.

Découvrir de nouveaux endroits, c'est surtout possible à deux coups de volant de la maison. Comme le cordonnier mal chaussé, le voyageur connaît souvent plus les stations de métro de New York ou de Londres que le nom des rues à trois kilomètres de sa maison. Pire, même après m'être autoproclamé tourdumondiste, je dois avouer n'être jamais allé plus loin au Canada que London en Ontario.

J'ai donc profité d'un week-end de visite d'amis étrangers pour mettre en pratique le commandement du Dalaï-lama en m'offrant une visite à l'Hôtel de glace pendant le Carnaval de Québec.

Jouer les touristes chez soi a ce petit je-ne-sais-quoi de très différent. On peut interagir facilement avec les gens qui nous entourent, le climat ne nous surprend pas et les traditions sont tellement profondément ancrées que rien ne nous étonne vraiment.

L'idée de l'Hôtel de glace, à la base, paraît plus que naturelle pour le Québécois moyen. On en construit un tous les ans. Il n'en reste pas moins que de s'y présenter pour la première fois demeure impressionnant. Et on double l'étonnement en regardant les yeux de ceux venus d'ailleurs, qui voient quelque chose d'étonnant partout où leur regard se pose.

Il y a bien sûr la température bien froide de l'intérieur qui saisit ceux qui ne connaissent pas l'hiver québécois. Y dormir semble complètement fou pour eux. J'ai souri devant l'empressement qu'ils ont mis à se rendre au bar pour commander de quoi boire... dans un verre de glace.

Avec le même empressement, ils se sont élancés vers le foyer intérieur pour se réchauffer. Ils ont été déçus de constater qu'il ne dégageait aucune chaleur, évidemment.

Autant sommes-nous captivés par les mariages sur la plage ou les processions musicales qui surviennent après une union en Asie, autant mes visiteurs ont porté une attention particulière au couple qui venait de s'unir dans la chapelle de glace. À sa sortie, le marié, vêtu seulement de son veston, ne semblait pas grelotter. Pourtant, il y a longtemps que nos pieds s'étaient transformés en blocs de glace. Mes visiteurs nous trouvaient de plus en plus fous.

L'autre tradition incontournable, celle de la tire sur la neige, à une dizaine d'enjambées de l'hôtel, permet de renouer tôt en saison avec une de nos habitudes les plus folkloriques. Mes invités attendaient ce moment avec impatience et goûtaient à ce produit de l'érable pour la première fois. À -30 degrés, c'était froid même pour moi. Comme les Chinois qui rient à me voir manger avec des baguettes, j'ai ri à observer mes amis se gommer la moitié du visage avec leur petit bâton de bois.

Bien sûr, il y avait les nouveaux réverbères et leurs abat-jours sur la rue Cartier et les sculptures de neige devant l'Assemblée nationale aussi, mais la principale attraction, outre l'hôtel, demeure le fameux défilé du carnaval.

Pendant que je retrouvais mes airs d'enfant, heureux de découvrir les chars allégoriques tout en dansant pour me réchauffer, mes deux amis n'ont pu s'empêcher de demander pourquoi notre festival ne se tient pas en été. Sous nos tuques et nos tempêtes, on oublie parfois que nos hivers sont typiques de notre coin de la planète.

Il reste que même s'ils étaient entièrement congelés, mes amis étrangers ont tenu à attendre la fin de la procession pour saluer Bonhomme et le voir danser.

Encore piqués par le froid, ils ont coché une expérience sur leur bucket list sans promettre de la renouveler.

Suivez mes aventures au www.montourduglobe.com

Partager

À lire aussi

  • Éloge de la flexibilité

    Le Bourlingueur

    Éloge de la flexibilité

    Tout réserver avant de partir en voyage? Pas mon genre. Plus maintenant! Je mentirais si je disais que je n'ai pas été de ceux qui, avant même... »

  • Les montagnes Jaunes, coûte que coûte

    Le Bourlingueur

    Les montagnes Jaunes, coûte que coûte

    Quand on veut, on peut! Des beaux mots puissants qui ont tendance à encourager les horaires chargés réglés au quart de tour. C'est précisément parce... »

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer