Visiter un township

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Les townships sont à l'Afrique du Sud ce que les favelas sont au Brésil.

La Nouvelle, Jonathan Custeau

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Les enfants ont ce petit quelque chose de magique. Tout les amuse. Un rien les fait sourire. Et ils sont souvent ceux qui, ne se méfiant pas de la différence, font tomber les barrières.

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Les enseignes des commerces ne sont souvent qu'un bout de cartons dans le township de Knysna.

La Nouvelle, Jonathan Custeau

En Afrique du Sud, dans la petite ville de bord de mer nommée Knysna, ils sont sans aucun doute le point fort d'une visite dans un township. Les townships sont à l'Afrique du Sud ce que les favelas sont au Brésil. Il s'agit de bidonvilles où les populations noires sont entassées dans des maisons de fortune.Comme pour les favelas, il n'est pas recommandé de s'aventurer dans les townships en solo. Pour des raisons de sécurité, il est préférable d'embaucher un guide.

Bien sûr, on brandira à nouveau le spectre de l'éthique pour se demander s'il est acceptable de visiter les quartiers les plus pauvres, nos appareils photo accrochés à notre cou. On se demande avec raison comment peuvent se sentir les résidants qui nous voient défiler comme si on se trouvait au Village québécois d'antan.

J'ai plutôt envie de voir la résilience, la capacité de vivre avec peu de moyens. J'ai envie de voir que le bonheur c'est plein d'affaires, que la richesse est bien relative et dépend de l'angle avec lequel on la regarde. Criez au cliché. Moi, à ces gens-là, j'ai envie de dire de ne pas prendre exemple sur nous et de bâtir un monde comme ils l'imaginent.

Les habitants des townships, même s'ils ont parfois les moyens de vivre dans des quartiers plus cossus, décident souvent de rester parmi les leurs. On les voit souvent grimper jusqu'à l'autoroute, où ils tendent le pouce aux automobilistes en espérant qu'on le fera monter pour les mener au travail. L'autostop a beau être interdit, les habitants des townships sont nombreux à attendre sur l'accotement.

À Knysna, j'avais choisi un guide qui remettait une partie de ses gains aux habitants du township. Pendant notre visite, il s'arrêtait même dans une école pour livrer quelques cadeaux aux enfants.

Dans le village lui-même, les poules et les chiens se promenaient en liberté sur de petits chemins de terre. Les maisons, petites, consistaient souvent en quatre bouts de tôle surmontés d'un toit. Les toilettes ne sont que des trous, au fond du jardin, qu'on enterre quand ils sont pleins... Les commerces n'ont pour seule enseigne qu'un bout de carton sur lequel sont inscrites les heures d'ouverture.

Et à travers tout ça, les tout-petits s'amusent pieds nus dans les rues. Leurs vêtements sont couverts de poussière et tout le monde s'en fout. En voyant cette bande de Blancs approcher, ils tendent les bras pour essayer nos lunettes de soleil. Ils rient éperdument quand les montures leur glissent des oreilles parce que les lunettes sont beaucoup trop grandes.

Les enfants, ils tendent les bras pour qu'on les lève de terre et qu'on les transporte un peu plus loin. La peur de l'étranger, ils ne connaissent pas. Il faut dire qu'on les a habitués à une distribution de bonbons quand vient le moment de partir.

Et à travers tout ce beau monde, à Knysna à tout le moins, vit la communauté rastafari, où on nous avoue offrir de la marijuana aux enfants en très bas âge. Là aussi, on nous met rapidement en contact avec les gamins dans une garderie et une maternelle où on espère nous soutirer quelques sous.

À chacun son interprétation, mais pour moi, visiter les townships n'est en aucun cas un moyen de se désensibiliser de la pauvreté. Pour moi, c'est un moyen de plus d'aller à la rencontre de l'autre.

Suivez mes aventures au www.montourduglobe.com

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