Coup de coeur pour l'Estonie

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La Nouvelle, Jonathan Custeau

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J'aime San Francisco. J'ai été charmé par sa topographie essoufflante, ses tramways d'un autre temps, son rythme de vie qui frôle la zénitude, sa baie, son soleil presque permanent, son brouillard et son pont rouge vif. Bref, j'aime tout de San Francisco.

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Idem pour Lisbonne au Portugal qui, en plusieurs points, rappelle San Francisco. Disons que ça donne un petit préjugé favorable. Reste que pour décompresser, je ne vois pas quels endroits pourraient être mieux.

N'empêche, il y a un pays un peu comme ici qui m'a séduit. Les parallèles sont tels que j'ai été assailli de flashbacks lors d'une promenade au parc écoforestier de Johnville récemment.

Sa tourbière sentait un peu l'Estonie. Ses promenades de bois m'ont ramené au parc national Lahemaa, dans le nord de ce pays balte, un parfait havre de paix. Avant de m'y aventurer, je ne connaissais pas grand-chose de l'Estonie, petit pays voisin de la Russie et de la Finlande, baigné par la mer Baltique au nord-est du continent européen.

Mon premier contact avec la capitale Tallinn a pourtant été mi-figue, mi-raisin. Au terminus aux allures un brin communistes, les employés avaient laissé le sourire au vestiaire. Leur parler en anglais relevait probablement de la pire insulte de la journée. On se sort de là pour parcourir une ville un brin métropolitaine, mais à taille humaine. C'est un peu comme Montréal, sans les gratte-ciel (quoique), avec quatre fois moins de monde.

L'autre premier contact, de qualité celui-là, est survenu avec le couple d'Anglais qui possédait l'auberge de jeunesse où je logerais. Je les ai tout de suite détestés comme on déteste les gens dont on est un peu jaloux. Bref, je les ai aimés.

Ils avaient quitté leur pays d'origine pour s'incruster dans une Estonie qu'ils adoraient. Ils avaient loué un grand appartement, avaient obtenu toutes les permissions nécessaires pour y tenir une auberge de jeunesse et avaient converti deux chambres en dortoirs. Ils accueillaient donc les touristes directement chez eux. Cette semaine-là, j'étais un de leurs premiers clients.

J'ai rapidement compris ce qui les avait attirés. La vieille ville, petite et charmante, réservée aux piétons, est parsemée de parcs, de ruelles en pierre qui recèlent de secrets plus ou moins bien gardés. La plupart des Estoniens sont sympathiques, drôles aussi, et tous ont accordé leurs violons pour nier que leur parlement est rose. « Il est saumon! » insisteront ils avec ardeur. Gare à ceux qui diront le contraire.

Aux frontières de la vieille ville bat le coeur du secteur branché, animé surtout en journée, où les anciennes manufactures côtoient l'architecture moderne et l'art contemporain. On y trouve même des gens qui dansent sur une terrasse aménagée en pleine rue.

Avantage de l'été, j'ai été charmé également par le « presque » soleil de minuit qu'offre cette latitude nordique. Quand le soleil commence à pâlir et qu'on se dit qu'il doit bien être le temps de s'arrêter pour le souper, la montre indique parfois 23 h. En juin et juillet, le ciel est rarement complètement noir. Et bien sûr, il y a le parc Lahemaa, où la nature et les maisons coquettes de petits villages se côtoient.

On imagine que tout le pays promet des découvertes comme celle-là à ceux qui s'aventureront en voiture dans ses routes peu achalandées. Les touristes allemands l'ont bien compris et envahissent le pays avec leurs motorisés. Le parc national offre une bonne dose de silence entre son système d'aqueduc abandonné et un village de pêcheurs auquel on accède en passant devant une vieille maison traditionnelle.

Une base navale soviétique, désertée si ce n'est de quelques adolescents qui s'amusent à y plonger, vaut aussi la peine d'être explorée. Et bien sûr, la tourbière de Viru vaut à elle seule le détour avec ses tours d'observation et sa promenade de bois.

Y'a quelque chose, en Estonie, qui rappelle franchement le Québec. Je comprends ce couple d'Anglais de s'y être incrusté. Suivez mes aventures au www.montourduglobe.com

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