Mon french est magnificient aussi

Malheureusement, plusieurs ignorent même qu'au Québec, la langue... (Collaboration spéciale, David Goudreault)

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Malheureusement, plusieurs ignorent même qu'au Québec, la langue officielle est le français et que tout un peuple se bat pour la conserver vivante.

Collaboration spéciale, David Goudreault

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« La première chose que doit conquérir un peuple, c'est sa langue. » - Raôul Duguay

J'adore les Anglais, leur langue, leur littérature et leur sens de la communauté. Ils portent une histoire fascinante et déterminante sur tous les continents, dans tous les pays qu'ils ont conquis ou visités. Des États-Unis à l'Australie en passant par l'Inde, on sent l'imprégnation de leurs moeurs. Leur culture est forte... Mais la nôtre aussi! Et n'en déplaise aux colonisés contents et autres apôtres du multiculturalisme à la sauce canadienne, ce n'est pas la même.

Notre culture, comme absolument toutes les cultures du monde, résulte de rencontres, d'échanges et de métissages. La nôtre se tresse autour des apports français, d'abord. Puis anglais, irlandais, italiens, polonais. Désormais, de plus en plus chinois, africains, arabes. Et tout au long de notre histoire, notre rapport aux Premières Nations, parfois noble, souvent honteux, a influencé notre construction identitaire. Au Québec, au-delà de nos modes de vie, nos légendes, notre attachement au territoire, le langage nous construit et nous unit. Cette langue, c'est le français d'Amérique du Nord, avec ses particularités, ses singularités, ses néologismes, ses mots oubliés sur le vieux continent, mais toujours d'actualité pour nous. Avec ses québécismes et ses emprunts aux langues autochtones aussi.

René Lévesque trouvait humiliante l'obligation de légiférer pour faire respecter la langue de la majorité. Mais la loi 63 de 1969 et la loi 22 de 1974 ne suffisaient plus à protéger le fait français au Québec. Même si le français possédait le statut de langue officielle, des enjeux linguistiques au niveau de l'affichage public et de l'éducation des enfants, surtout, ont mené à l'adoption de la loi 101, en avril 1977. Déjà quarante ans. En quarantaine, maintenant, le français, ou en grande forme?

En janvier dernier, Statistiques Canada, un organisme qu'on ne peut qualifier de chantre de l'indépendance, a publié un rapport exhaustif révélant la baisse catastrophique de la proportion de Québécois de langue maternelle française, de 79,9 % en 2011, ce pourcentage sera réduit entre 60 et 72 % en 2036... Calmez-vous l'Ayatollah de la bonne conscience! Ce que je tiens à souligner ici n'a rien à voir avec un Québec de souche, homogène et refermé sur lui-même. La langue, voilà l'enjeu qui me préoccupe : le langage, l'outil de communication, la possibilité de rencontrer l'autre. Et surtout, rangez vos fouets de vertueux effarouchés, je n'ai rien contre l'immigration non plus, mes enfants métissés en sont la preuve. J'aimerais ouvrir grandes les portes du Québec à toutes les communautés qui veulent protéger leur culture, mais aussi intégrer la nôtre. Et cette culture passe par une langue commune.

Parmi les problèmes récurrents pour faciliter l'intégration des immigrants à la majorité francophone, on note le sous-financement chronique des programmes de francisation. Notre devoir est d'aller vers les immigrants, par tous les moyens, pour faciliter l'apprentissage de la langue et, surtout, insuffler l'amour de celle-ci. Il ne s'agit nullement d'imposer un totalitarisme linguistique, mais plutôt d'aider des humains à s'épanouir dans le nouveau pays qu'ils ont choisi; malheureusement, plusieurs ignorent même qu'au Québec, la langue officielle est le français et que tout un peuple se bat pour la conserver vivante.

Depuis quatre décennies, les tribunaux, ultimement la Cour suprême, ont réduit les pouvoirs de la loi 101, certaines dispositions, surtout en matière d'éducation méritent d'être revues et discutées : étendre le français obligatoire jusqu'au collégial, renforcer les critères de la langue d'affichage, inclure les PME dans les règlements sur la langue de travail, la liste est longue et le temps passe.

La loi 101 doit dépasser l'ultranationalisme brandi par les purs et durs de l'indépendance, tout comme le multiculturalisme étouffant si cher à M. Trudeau et consorts. Trop souvent, leur dialogue de sourds débouche sur des accusations où les mots racisme, intolérance et xénophobie occultent la réalité : le Québec reste un endroit accueillant. Malheureusement, il aura fallu un drame épouvantable à Québec pour réaliser à quel point les Québécois, individuellement et collectivement, sont ouverts aux religions, cultures et coutumes venues d'ailleurs.

La défense du français doit devenir l'affaire de tous, fédéralistes comme indépendantistes, de gauche comme de droite. Par les voies légales, artistiques, communautaires; par tous les moyens à notre disposition, agissons! Comment peut-on se vanter de protéger les particularités culturelles des nouveaux arrivants si on ne protège pas notre propre langue, notre unicité. Dans ce pays, nous sommes à part, à part entière. Et être soi permet de rencontrer l'autre.




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