Tant de vies brisées...

L'abbé Daniel Pichette avait été condamné à 21... (Archives, La Tribune)

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L'abbé Daniel Pichette avait été condamné à 21 mois de réclusion en 2007 pour des abus sexuels sur huit victimes entre 1951 et 1976 au centre Val-du-Lac et au camp Chez grand-maman.

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(SHERBROOKE) CHRONIQUE /  «Une vie, ça ne se rachète pas... »

Tel était le titre de l'article tiré d'une phrase lancée par l'une des victimes de l'abbé Daniel Pichette à la sortie du tribunal en janvier 2007 à Sherbrooke.

Comme Richard Bouffard, qui écoule sa retraite à l'archevêché de Sherbrooke depuis sa libération en 2006, l'abbé Pichette avait été condamné à une peine de prison en 2007. Pour les abus sexuels sur huit victimes entre 1951 et 1976 au centre Val-du-Lac et au camp Chez grand-maman, Pichette avait été condamné à 21 mois de réclusion.

Lorsque l'on revient sur ces tristes événements, mes pensées se tournent invariablement vers les victimes de ces prêtres pédophiles.

Dans le cas de Daniel Pichette, plusieurs avaient défilé devant le juge lors des observations sur la peine pour décrire les sévices subis alors qu'elles étaient encore que des enfants.

L'un des hommes abusés par Pichette avait sombré dans la drogue. Il avait caché ces abus subis dans les années 70 pendant plus de 30 ans, alors qu'il a suivi une thérapie. Incapable de stabilité dans sa vie, il avait vécu deux séparations.

« Il n'y a pas une journée qui passe sans que j'y pense », avait témoigné la victime de Daniel Pichette, qui une décennie plus tard, doit encore guérir cette blessure du passé.

Une femme victime de Pichette trouvait extrêmement douloureux de devoir taire un secret. Pendant que Pichette était adulé par son entourage, son adolescence est devenue « silence et solitude ». « Il avait pris le contrôle de ma vie, de mon esprit, de mon âme. Je me sentais coupable », avait témoigné cette femme.

Oubli, honte, culpabilité, peur, séjour en psychiatrie, dépression, automutilation, idées suicidaires, vie gâchée, ces victimes ont été libérées lorsqu'elles ont été crues, mais rien ne pouvait racheter les années volées par le prêtre pédophile.

« Si ce monsieur n'est pas capable de me regarder dans les yeux sans les baisser, moi, maintenant, je le suis », avait témoigné une autre victime.

Ces victimes se sont tenues debout, malgré une vie hypothéquée en raison des crimes sexuels de Daniel Pichette.

Le juge Michel Beauchemin, maintenant à la retraite, avait souligné le courage des victimes d'avoir dénoncé leur agresseur en imposant la peine à la suite d'une suggestion commune des avocats au dossier.

Les victimes qui demandaient chacune 100 000 $ dans une poursuite civile en dommages et intérêts pour les gestes à caractères sexuels qu'elles ont subis avaient réglé hors cour.

L'une des victimes de Richard Bouffard était aussi venue s'exprimer du lourd silence qu'elle a dû porter toute sa vie en raison des agissements déviants de celui qui est aujourd'hui hébergé à l'archevêché de Sherbrooke.

Les peines se purgent, la réhabilitation s'effectue, mais même si le lourd silence a été brisé par les victimes, ce sont elles qui demeurent avec les cicatrices de ces gestes inacceptables commis par des hommes d'église que tous respectaient.

Le mérite de les avoir dénoncés est d'autant plus grand et souhaitons que ceux qui portent encore ce lourd secret puissent trouver la force d'aller chercher de l'aide et de briser ce cycle de la violence sexuelle.

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