Chopez Sherbrooke!

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Nos leaders de demain
Nos leaders de demain

Ils ont fondé leur entreprise. Ils sont créateurs d'emplois et ils participent à la richesse collective. Découvrez ces leaders de demain, qui sont à la tête de 20 entreprises des régions de la Capitale-Nationale et de la Chaudière-Appalaches. »

<p>Steve Bergeron</p>
Steve Bergeron
La Tribune

Vous rappelez-vous, en 2012, la petite controverse qui avait éclaté sur la prononciation de «Sherbrooke», souhaitée à l'anglaise par certains et à la française par d'autres (notamment à l'hôtel de ville)?

Eh bien notre cité se retrouve à nouveau dans un petit tourbillon, à cause de la campagne Shoppez Sherbrooke. Cet événement spécial a été mis sur pied pour mettre en valeur une douzaine de boutiques du centre-ville. Mais certains citoyens ne prisent guère l'utilisation du mot shoppez.

Il y a une décennie, personne ici n'utilisait l'anglicisme shopping, largement répandu en France depuis longtemps. Le mot magasinage restait le plus employé. Mais de plus en plus de gens se sont mis à faire du shopping ici aussi. Même La boutique TVA est devenue Shopping TVA.

Pourtant, shopping est toujours proscrit par l'Office québécois de la langue française. Quant au verbe shopper pour magasiner, c'est une invention. Il n'existe ni ici ni ailleurs.

À quoi ont donc pensé les concepteurs de cette campagne? Ils ont d'abord voulu faire une allitération, en faisant se succéder deux fois le son ch. Et comme le p et le b sont des consonnes très proches, le résultat est très sonore.

Ils ont aussi fait éclater la norme, non seulement en créant un verbe nouveau, mais en modifiant sa syntaxe. En français, on ne magasine jamais un lieu mais dans un lieu. Logiquement, on ne peut donc shopper Sherbrooke.

Ce n'est pas la première fois que la publicité détourne les règles de français. C'est même une pratique assez courante, justement pour frapper les esprits. Exemple : «En cas de pépin, pensez Nettoyage Martin», au lieu de «pensez à».

Le recours à l'anglais n'est pas une première non plus. Rappelez-vous le slogan de la ville de Lyon en France (Only Lyon)... Avec l'omniprésence de l'anglais mondialement et la multiplication des médias, plusieurs se tournent vers la langue de Shakespeare pour créer des jeux de mots inédits.

De quel côté pencher donc? Si ce n'était que de moi, j'aurais remué ciel et terre pour trouver un slogan qui éviterait l'anglicisme. J'ignore si j'aurais pu trouver mieux.

Mais maintenant, la balle est dans le camp du public. Si l'événement est un succès, nous saurons que la population n'a pas vraiment eu cure du débat. Sinon, il faudra peut-être retourner à la table de travail en 2017.

Perles de la semaine

En ce jour de dernier match de la saison du Canadien, oublions les déboires de l'équipe grâce aux citations du Sportnographe, qui visent toujours dans le mille, elles...

«C'est l'année prochaine que cette liste-là va être fournise...»

«Vient un temps où il faut que t'assimules.»

«Il garde les buts d'une façon vraiment constance.»

«Il était comme un p'tit cocker qui disait : je suis désolé, j'ai manqué d'indiscipline.»

«Poser la question, peut-être c'est y répondre: on sait pas, peut-être que oui, peut-être que non.»

Questions ou commentaires? Steve.bergeron@latribune.qc.ca.

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