Ne pas disparaître, It's OK.

Depuis quelques années à Sherbrooke, mais aussi à... (Spectre Média, Frédéric Côté)

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Depuis quelques années à Sherbrooke, mais aussi à Montréal, ou à New York au passage, Valérie Whissell partage ce qu'elle appelle sa « vibe IT's OK » à coup de street art, de stencil, d'autocollants magnétiques, de t-shirt et de chandails. De rencontres et conférences aussi.

Spectre Média, Frédéric Côté

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(Sherbrooke) CHRONIQUE / Il y a différentes façons de disparaître. Valérie Whissell pourrait en parler longtemps, c'est une créative de fond en comble, dans le plus lumineux aujourd'hui, mais il fut une époque pas si lointaine où elle faisait dans le nettement plus sombre.

Tout de suite, on peut penser à tout ce qu'on peut infliger à notre âme et notre corps quand on les déteste, qu'on ne s'aime pas trop en vérité et qu'on refuse de s'accepter comme on est.

Dans ce même élan, parce qu'à un moment donné on dirait qu'il n'y a que de la maudite grande noirceur partout, on arrive trop souvent, vous vous en doutez, à cette envie d'en finir, de couper le dernier fil qui nous retient à ce qui reste de vie.

Mais de ces façons de disparaître, qu'elle connaît pourtant bien pour les avoir faites siennes il y a quelques années, Valérie Whissell parle peu aujourd'hui.

Pas par pudeur, ni même par déni, mais tout simplement, semble-t-il, parce que la Sherbrookoise de 28 ans préfère tracer le lien entre la source du mal qui la rongeait, le cul-de-sac dans lequel elle s'est retrouvée et son incroyable sortie de secours.

« Je voulais tellement fitter dans le moule, être comme tout le monde et vivre dans la conformité d'une bonne job, un mari, des enfants, une maison et un chien que je refoulais tout ce que j'étais vraiment et profondément », répète-t-elle en riant et en levant les yeux au ciel.

Elle lève ainsi les yeux qu'elle a longtemps gardés fermés, et elle rit autant qu'elle peut avoir pleuré sur son homosexualité et sa créativité trop longtemps refoulées.

À un moment très précis, il y a environ cinq ans, elle a dû choisir : c'était la mort, ou la vie. Plus d'entre-deux. Le bac, le 9 à 5, l'hétérosexualité, les étiquettes, terminé. Il fallait assumer tout ce qu'elle était, vivre à plein, et à sa façon.

Et vous savez quoi? It's OK.

Au départ, ce It's OK, elle se l'inscrivait à l'encre sur l'avant-bras pour se rappeler qu'elle pouvait - non qu'elle allait - s'en sortir. Elle se l'est finalement fait tatouer de façon permanente sur le poignet, mais ce l'est surtout approprié sous toutes ses formes.

Depuis quelques années à Sherbrooke, mais aussi à Montréal, ou à New York au passage, elle partage ce qu'elle appelle sa « vibe IT's OK » à coup de street art, de stencil, d'autocollants magnétiques, de t-shirt et de chandails. De rencontres et conférences aussi.

En fait, je devrais dire surtout de rencontres et de conférences. Parce que par le biais de son projet It's Ok, Valérie Whissell veut avant tout aller à la rencontre de l'autre pour l'écouter et partager, pour lui dire que c'est Ok d'être ce qu'il est, sans égard aux attentes de la société ou aux étiquettes multiples.

Et c'est ce même message central qu'elle va propager outre-mer au cours des prochaines semaines au gré d'un périple sans itinéraire fixe qui la mènera en Belgique, en Allemagne et en France, où elle rencontrera entre autres les jeunes du Refuge, une maison pour jeunes LGBT vivant dans l'itinérance.

« Je rêve de répandre la vibe It's Ok partout dans le monde, parce que le monde en a vraiment besoin. Et c'est ce que je vais faire », annonce Valérie Whissell, qui compte lancer son entreprise en économie sociale à son retour.

D'ici là, vous pouvez suivre son projet sur www.itsokproject.com ou via Facebook, souscrire à la campagne de financement du projet en Europe en faisant un don sur Indiegogo.com et-ou assister à la conférence qu'elle offrira jeudi pour Elixir, l'organisme de prévention des dépendances chez les femmes.

Parce qu'il y a aussi mille façons de ne pas disparaître.

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