Deux chèvres abattues sur une propriété résidentielle

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La Régie de police Memphrémagog enquête après avoir reçu une plainte relativement à l'abattage de deux chèvres sur une propriété résidentielle située dans le secteur Omerville à Magog.

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(Magog) La Régie de police Memphrémagog enquête après avoir reçu une plainte relativement à l'abattage de deux chèvres sur une propriété résidentielle située dans le secteur Omerville à Magog.

Selon les informations obtenues auprès de la Régie de police Memphrémagog, deux chèvres ont été abattues à des fins rituelles le 1er septembre dernier à Omerville. Des témoins ont rapporté que des bêlements stridents et inquiétants ont fusé lors de l'abattage des deux bêtes avec un couteau. « Je pensais qu'une personne avait un grave malaise », rapporte un des témoins.

Provenant de la région de Montréal, les individus qui ont procédé à l'abattage des deux chèvres avaient au préalable acheté les bêtes à un couple d'Omerville. Ils ont tué les animaux directement sur le terrain des vendeurs avec l'approbation de ces derniers. Ils sont repartis avec une troisième bête en vie.

Le 1er septembre dernier, les musulmans célébraient l'Aïd al-Adha, qui signifie Fête du sacrifice. Il s'agit d'une célébration importante pour plusieurs personnes de foi musulmane.

Ce serait la première fois que la Régie de police Memphrémagog est appelée à intervenir pour une situation semblable. « À ma connaissance, c'est une première à Magog », admet son directeur, Guy Roy.

De toute évidence, la Régie de police Memphrémagog traite le dossier avec la plus grande prudence, cela parce que l'abattage des deux animaux a un lien avec une fête religieuse. Les policiers ont néanmoins sollicité le soutien de la Société protectrice des animaux de l'Estrie, davantage familière avec la réglementation qui s'applique aux bêtes.

Si des accusations de cruauté animale sont envisageables dans ce dossier, il serait étonnant qu'on aille dans cette direction, ceci parce qu'il serait difficile de démontrer « l'intention coupable » des personnes impliquées. Certains règlements municipaux sont aussi à considérer dans l'évaluation du dossier.

Des directives

Sur le portail de Services Québec, on retrouve des informations concernant la fête que célébraient les musulmans le 1er septembre dernier. Le communiqué émis en lien avec cet événement souligne notamment que « toute personne qui ne respecte pas la Loi sur le bien-être et la sécurité de l'animal est passible d'une amende dont le montant varie de 250 $ à 125 000 $ pour une première infraction. »

Un document disponible sur le site internet du ministère de l'Agriculture, de l'Alimentation et des Pêcheries du Québec (MAPAQ) fait par ailleurs état de la marche à suivre pour éviter de faire souffrir inutilement une bête.

« Il faut abattre l'animal au moyen d'un sectionnement rapide des jugulaires et des carotides en un seul coup de couteau, le but étant qu'il perde immédiatement connaissance. La compétence de la personne qui effectue l'abattage ne doit pas exposer l'animal à des souffrances inutiles », mentionne-t-on sur le site du MAPAQ.

Le Ministère suggère par surcroît d'immobiliser la bête « sans lui causer de souffrance, à l'aide d'un dispositif qui l'empêche de faire tout mouvement, et ce, dans le but de procéder à la saignée adéquatement ».

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Sans condamner directement les deux individus impliqués dans le cas survenu à Magog, le président de l'Association culturelle islamique de l'Estrie, Mohamed Golli, soutient qu'il est important que tous respectent la loi.

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Des « débutants » impliqués dans cet acte?

Sans condamner directement les deux individus impliqués dans le cas survenu à Magog, le président de l'Association culturelle islamique de l'Estrie, Mohamed Golli, soutient qu'il est important que tous respectent la loi.

« Il faut laisser les autorités faire leur travail et enquêter, s'il y a de la cruauté dans les méthodes d'abattage. Le respect des lois, c'est important. Des gens ont parfois besoin d'avoir une leçon. Je pense qu'une approche de tolérance zéro est nécessaire », affirme M. Golli.

D'après le président de l'Association culturelle islamique de l'Estrie, les animaux ne devraient pas crier lorsqu'on les abat pour l'Aïd al-Adha. « Le cas à Magog implique sûrement des débutants. On fait plus attention que ça quand on est conscient de tous les impacts possibles », affirme-t-il.

Bien qu'il s'effectue habituellement dans des conditions plus acceptables, l'abattage « clandestin » d'animaux à l'occasion de l'Aïd al-Adha serait relativement répandu au Québec. Cette pratique est problématique non seulement parce qu'elle contrevient à la réglementation en vigueur, mais aussi « en raison des problèmes de salubrité qu'elle entraîne », note Mohamed Golli.

Espérant donc une amélioration des pratiques, M. Golli plaide pour qu'il devienne plus facile pour les musulmans d'avoir accès aux abattoirs certifiés.

« Des abattoirs avec une certification halal devraient avoir des plages horaires spécialement pour les gens qui souhaitent faire abattre leur animal. Ça ferait diminuer l'abattage clandestin. D'ailleurs, en Ontario, l'accès aux abattoirs est plus facile pour la communauté et ça simplifie vraiment les choses. »

Notons en terminant que les personnes qui « sacrifient » un animal lors de l'Aïd al-Adha conservent normalement le tiers de la viande obtenue pour leur famille. Le reste est offert aux amis ainsi qu'à des gens dans le besoin.




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