Redonner aux enfants l'enfance que la guerre leur a volée

Micheline Youssef... (Spectre Média, Frédéric Côté)

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Micheline Youssef

Spectre Média, Frédéric Côté

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(SHERBROOKE) Rescapée de la guerre en Syrie, Micheline Youssef souhaite redonner aux enfants l'enfance que la guerre leur a volée. Arrivée en 2016 à Sherbrooke après avoir quitté Damas, la jeune femme a créé la poupée Shaam, qu'elle souhaite distribuer aux enfants réfugiés d'ici, mais aussi à ceux qui connaissent encore les horreurs de la guerre au pays de Bachar el-Assad.

« Je ne peux pas oublier les images des enfants qui ont perdu leurs parents. » Pour concrétiser ce projet, elle a lancé une campagne de sociofinancement sur la plateforme La Ruche, afin d'amasser 10 000 $.

Micheline Youssef, qui travaillait dans une banque en Syrie, a vécu la guerre pendant cinq ans, avant de quitter son pays pour s'installer au Québec avec ses parents et sa soeur. Elle n'a plus de proche là-bas.

« Moi, j'ai été chanceuse, j'étais dans ma maison, je travaillais, mais les conditions de vie étaient très difficiles... J'ai été chanceuse de quitter et de venir ici. Je me suis demandé ce que je pouvais faire pour les enfants. » 

« Les images qui restent sont très difficiles. Des cris partout, des gens qui ont peur tout le temps... Il y a une image qui est toujours dans ma tête : les enfants qui sont dans la rue avec leurs parents et quelque chose est arrivé... La mère est décédée et l'enfant pense que sa mère est endormie, alors il essaie de réveiller sa mère. Il pense qu'elle va se réveiller et qu'elle sera là de nouveau... Ça, c'est une image qui est très difficile, que je ne peux pas oublier. Je ne peux pas oublier les gens qui sont stressés tout le temps. Il y a des enfants qui étaient toujours dans les rues, qui sont décédés en raison du froid, parce qu'il n'y a plus de maison... »

Micheline Youssef, qui est retournée aux études aux HEC, a donc donné vie à Shaam et lui a aussi inventé une histoire, une trame de fond qui pourrait bien s'apparenter aux petites victimes de la guerre. Elle souhaite donner des poupées aux petits réfugiés en collaboration avec le Service d'aide aux Néo-Canadiens (SANC).

« Je veux aussi en donner aux écoles comme moyens pédagogiques, afin d'encourager le dialogue interculturel. »

Pour orchestrer la distribution des poupées en Syrie, l'initiatrice du projet est en contact avec un organisme syrien offrant du soutien psychologique aux enfants.

« J'ai décidé de faire quelque chose... Les enfants aiment beaucoup les poupées et partager avec elles (...) C'est l'amie très proche. Elle soulage la peine », dit-elle en soulignant que les enfants pourront s'y confier et obtenir du réconfort.

« Shaam est la voix de tous les enfants, elle est la porte-parole... Les enfants ne peuvent plus supporter la guerre dans le monde. 

Je veux envoyer un message au monde entier, qu'on a assez de guerre, de morts, de gens qui souffrent... »

La campagne est en cours jusqu'au 25 septembre. Mme Youssef a dévoilé son projet, mardi, dans les bureaux de la Fédération des communautés culturelles de l'Estrie (FCCE). Edwin Moreno, ex-président, a rappelé que si l'objectif de 10000 $ n'est pas atteint à ce moment, l'argent est retourné aux contributeurs. Jusqu'ici, la responsable a atteint un peu plus du tiers de son objectif.




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