Kruger change la vocation de son usine

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Le premier ministre Phillipe Couillard a profité de l'occasion pour visiter l'usine de l'arrondissement de Brompton. On le voit en compagnie d'un employé et du député de Sherbrooke, Luc Fortin.

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Crédit photo : Spectre média : Jessica GarneauJournaliste : Cut Simon Roberge
Simon Roberge
La Tribune

(SHERBROOKE) L'ambiance était à la fête vendredi à l'usine Kruger de l'arrondissement de Brompton. La papetière réoriente complètement sa production en vue de maintenir les 248 emplois de son usine. Kruger laissera notamment tomber la production de papier journal pour se concentrer sur des produits de papier plus spécialisé.

Les investissements permettront également de préserver 328 emplois à l'usine Wayagamack de Trois Rivières.

« Ça me permet de me dire que dans 20 ans je vais être encore ici, lance Samuel Goyette qui est à l'emploi de l'usine depuis un peu plus d'un an. Ça me donne un sentiment de confiance envers l'entreprise. Tout le monde se demande comment tout ça va se développer dans les prochaines années. »

« Ça prit du temps, mais nous avons finalement eu une bonne nouvelle. C'est bon pour les jeunes. Tout le monde est heureux », explique Pierre Tessier qui prendra sa retraite dans moins de deux ans.

Une importante aide gouvernementale

Le déclin des ventes de journaux et de magazines en papier amène Kruger à se tourner vers des produits où la demande est croissante, mais non sans une aide gouvernementale considérable.

Kruger a ainsi annoncé, vendredi, en présence du premier ministre Philippe Couillard et de plusieurs membres de son cabinet, des investissements totalisant 107,5 millions $ pour diversifier la production de ses usines Wayagamack, à Trois-Rivières, et Sherbrooke.

La papetière regroupe ainsi les actifs des deux usines pour créer une nouvelle entité, Papiers de spécialité Kruger Holding S.E.C., dans laquelle Québec investit 44,6 millions $ et dont il devient actionnaire à 37,5 pour cent. Investissement Québec ajoute également des prêts et une garantie de prêt totalisant un peu moins de 60 millions $. La nouvelle entité comprend également la centrale de cogénération à la biomasse adjacente à l'usine de Brompton.

« C'est un exemple extraordinaire de transformation industrielle, souligne le premier ministre Philippe Couillard. L'avenir n'est pas rose pour le papier journal et c'est maintenant qu'il faut changer de produits. Kruger a pris la bonne décision. »

« Je ne pense pas qu'on va parler de problème de chômage en Estrie, poursuit-il. On va plutôt parler de pénurie de main-d'oeuvre qualifiée. »

Papiers de spécialité Kruger Holding S.E.C. investira au cours des trois prochaines années pour assurer la transition notamment concernant l'achat de nouveaux équipements de production et la modification des équipements existants.

Une transition sur trois ans

« La transformation de la production se fera sur une période de trois ans et nous allons démarrer la production de nos nouveaux produite de façon graduelle. On veut complètement sortir de l'industrie du papier journal d'ici trois ans », confirme François D'Amours, chef des opérations de la division papier-publications chez Kruger.

« Kruger, jadis, a été un gros producteur de papier journal et de papier pour publication, mais nous avons commencé un processus de diversification il y a plusieurs années. Par exemple, nous allons produire du papier d'emballage résistant à la graisse qui est notamment utilisé pour emballer les hamburgers dans les chaînes de restauration rapide. C'est un secteur qui est en pleine croissance. »

En plus de l'emballage alimentaire, l'usine amorcera la production de produits d'étiquetage et de papier couché pour impression numérique sur presses à jet d'encre, utilisé notamment pour les catalogues et circulaires à grand tirage personnalisés pour le publipostage ciblé.

« D'arrêter de produire du papier journal est une bonne nouvelle quand même pour l'industrie, a souligné pour sa part le président Joseph Kruger, chaudement applaudi à plusieurs reprises durant l'annonce. Les autres usines qui en produisent pourront ainsi rester ouvertes plus longtemps. »

La transformation aura des retombées périphériques puisqu'elle implique un approvisionnement annuel supplémentaire de 100 000 tonnes métriques de copeaux, ce qui aura un impact positif direct du côté des scieries. Le projet nécessitera aussi des investissements à la centrale de cogénération à la biomasse de Brompton, ainsi qu'à l'atelier de pâte thermomécanique de l'usine de Trois-Rivières, qui approvisionnera l'usine Wayagamack en matière première. Avec la Presse canadienne




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