Jardiner, c'est bon pour la santé

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Maude Gagné, éducatrice spécialisée, et Mario Parenteau, chef des soins et services à l'unité des troubles psychotiques à l'Hôtel-Dieu, se trouvent dans le jardin extérieur de l'Hôtel-Dieu où les patients travaillent fort pour pouvoir déguster et dévorer leurs légumes à la fin de la saison.

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(Sherbrooke) Le jardinage est bon pour la santé. Si bon en fait, qu'il est devenu de plus en plus courant dans les milieux de soins et d'hébergement au CIUSSS de l'Estrie-CHUS pour ses multiples bienfaits. C'est notamment le cas des patients de l'unité des troubles psychotiques du département de santé mentale à l'Hôtel-Dieu qui, depuis 2014, peuvent jardiner et cuisiner le fruit de leur labeur pour agrémenter leurs journées et travailler certains objectifs thérapeutiques.

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Le jardin du Centre de réadaptation Estrie sert à de multiples objectifs thérapeutiques.

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Le jardin thérapeutique du Centre de réadaptation de l'Estrie est utilisé à toutes les sauces, pendant trois saisons. Et l'hiver, on rentre à l'intérieur pour y arroser certaines plantes, partir les semis ou peinturer des nichoirs... entre autres! raconte Martine Daigle, ergothérapeute au CRE.

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« Le jardin a un impact au quotidien pour les patients. Ça leur permet de s'engager dans un projet à long terme. Les patients qui sont là quelques semaines peuvent s'occuper des semis, récolter ou faire des recettes. Ceux qui sont là plusieurs mois peuvent participer à toutes les étapes », cite Mario Parenteau, chef des soins et services à l'unité des troubles psychotiques à l'Hôtel-Dieu du CIUSSS de l'Estrie-CHUS.

Avec les fines herbes qui poussent en serre dans l'un des plus hauts étages du pavillon Émile-Noël de l'Hôtel-Dieu, les résidents font chaque année du pesto qui agrémente certains des plats servis dans leur cabaret. « Il y a un impact sur l'estime des patients quand ils donnent aux autres quelque chose qu'ils ont fait eux-mêmes. Quand ils se font dire merci, ça leur donne le sourire », se réjouit Mario Parenteau.

Le contact avec le jardin et la nourriture est si positif que Mario Parenteau organise maintenant une épluchette de maïs pour toutes les clientèles hospitalisées de l'hôpital, qui viennent se délecter gratuitement grâce au IGA Couture. Pendant l'activité, oubliez les titres d'emploi. Les médecins, gestionnaires, infirmières et éducateurs spécialisés se mêlent aux patients et bavardent de tout et de rien dans la plus grande simplicité.

« On a un jeune qui était hospitalisé pendant la dernière épluchette de blé d'Inde et il a téléphoné cette année pour savoir quand elle aurait lieu parce qu'il voulait venir. C'est une activité super conviviale et ça stimule le réseau social, qui n'est pas toujours facile quand on a des problèmes de santé mentale », illustre Mario Parenteau.

Réadaptation physique 

La clientèle en réadaptation physique a aussi droit à ses jardins pour travailler ses différents objectifs thérapeutiques. Ça fait même une bonne dizaine d'années que le Centre de réadaptation Estrie (CRE) a réussi à mettre en place son jardin multifonctionnel : on y a créé un parcours de marche avec différentes diffultés, un jardin des sens avec différentes odeurs et textures, on y a monté des bacs de potagers surélevés pour les gens qui sont en fauteuil roulant, on y retrouve des légumes de toutes sortes, des fines herbes et bien sûr quelques annuelles pour ensoleiller le tout.

« Pour nous, le jardin est un centre de thérapie, mais à l'extérieur. Il est maintenant accessible à toute notre clientèle, peu importe l'objectif thérapeutique derrière. Juste de sortir dehors pour travailler ses objectifs thérapeutiques, ça fait souvent du bien », souligne Martine Daigle, ergothérapeute au CRE du CIUSSS de l'Estrie-CHUS et membre du comité des jardins thérapeutiques depuis une dizaine d'années.

Prenons un exemple. « Si un physiothérapeute souhaite améliorer la motricité de la main de son patient, il pourra lui proposer d'utiliser le sécateur pour tailler des plantes ou encore de cueillir des légumes », dit Mme Daigle.

Les travailleurs sociaux et les psychologues du CRE vont aussi utiliser le jardin tout simplement parce qu'il s'agit d'un endroit calme et paisible, plus invitant à la confidence qu'un bureau dans un demi-sous-sol.

Le comité veille à créer des listes de tâches à faire et les thérapeutes s'y réfèrent quand vient le temps de trouver des exercices pour leurs patients. Parce que tout l'entretien est fait par les usagers! « Certains thérapeuthes vont nous dire : je vois qu'il y a des carottes à planter, mais je ne sais pas comment faire ça. Les membres du comité sommes là en soutien pour leur montrer afin que les activités soient les plus accessibles possibles à tous les usagers », souligne Martine Daigle.

Et l'hiver, tout ne s'arrête pas dès que les nuits plongent sous zéro. « Nous essayons d'offrir toute une panoplie d'activités en lien avec le jardin. L'hiver passé, on avait un projet de nichoirs. Des usagers les ont peinturés. Ensuite, au printemps, ils les ont installés! »

Des bonnes idées germent continuellement au sein d'un tel jardin qui sert à tellement de bonnes causes de réadaptation physique. L'hiver prochain par exemple, on créera un projet de tricot : des usagers tricoteront pour embellir certaines structures du jardin. Encore de quoi faire travailler des mains handicapées ou blessées!

D'autres lieux où on retrouve des jardins thérapeutiques...

CHSLD d'Youville

CHSLD Argyll

CHSLD Saint-Vincent

CHSLD Saint-Joseph

Jardin collectif Santé à l'hôpital de Granby




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